Le tribunal correctionnel de Nice a rendu son verdict dans l'affaire des insultes à caractère antisémite et homophobe proférées sur la Promenade des Anglais en juillet dernier. Un homme de 46 ans a été condamné à une amende de 600 euros avec sursis après la diffusion d'une vidéo devenue virale.
Les points clés
- Un homme de 46 ans a été condamné à 600 euros d'amende avec sursis.
- Les faits se sont déroulés le 25 juillet sur la Promenade des Anglais à Nice.
- L'accusé a reconnu avoir proféré des insultes, mais a plaidé la provocation.
- L'altercation a été partiellement filmée et la vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux.
Retour sur une soirée tendue sur la Promenade
Les faits remontent à la soirée du 25 juillet. En marge d'un rassemblement pro-palestinien sur la Promenade des Anglais, une altercation verbale a éclaté. Une vidéo d'une quinzaine de secondes, filmée par un témoin, a rapidement circulé en ligne, provoquant une vague d'indignation.
Sur ces images, on entend distinctement un homme lancer à un interlocuteur hors champ : « Cours, pédé, sale juif, sale race ». La violence des propos a immédiatement entraîné le dépôt de plusieurs plaintes, notamment de la part de la mairie de Nice, du Conseil Représentatif des Institutions juives de France (Crif) Sud-Est et de la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (Licra).
Un contexte de tensions
L'incident s'est produit au niveau de la plage Ruhl, un lieu emblématique et très fréquenté de Nice. Selon plusieurs témoignages recueillis durant l'enquête, l'altercation aurait commencé lorsqu'un joggeur passant à proximité du rassemblement aurait crié « Vive Israël », déclenchant des réactions hostiles.
L'enquête et l'identification du prévenu
Face à la viralité de la vidéo, les services de police ont rapidement ouvert une enquête pour identifier l'auteur des insultes. Le dénouement est venu d'une manière inattendue : un policier, qui n'était pas en charge du dossier, a reconnu l'homme sur les images. Il s'agissait de l'agent d'entretien de son propre immeuble.
Se sachant recherché par les autorités, le suspect, âgé de 46 ans, a pris la décision de se rendre de lui-même au commissariat quelques jours après les faits. Placé en garde à vue, il a été interrogé sur les circonstances de l'incident.
La défense plaide la provocation
Lors de son procès ce mardi 10 mars, le prévenu a maintenu la version qu'il avait livrée aux enquêteurs. Il a reconnu être l'auteur des propos enregistrés et a exprimé des regrets, mais a affirmé avoir réagi à une provocation. Selon lui, le joggeur lui aurait d'abord adressé des insultes racistes.
« Vous n’entendez pas ce qui est dit avant. Il n’y a que ma réponse qui a été filmée par une personne mal intentionnée », a-t-il déclaré à la barre.
Son avocat, Me Grégory Sambuchi, a insisté sur le caractère partiel de la vidéo, arguant qu'elle ne montrait pas l'intégralité de l'échange. « Il va recevoir « sale arabe » et il va malheureusement répliquer avec « sale juif » », a plaidé l'avocat, décrivant une provocation initiale.
Le grand absent du procès
L'un des éléments marquants de l'audience a été l'absence du joggeur, cible des insultes. N'ayant jamais été formellement identifié, il n'a pas pu livrer sa version des faits, laissant une zone d'ombre sur le déroulement exact de l'altercation. « Il y a un grand absent dans ce dossier : le joggeur », a souligné la défense.
Le verdict du tribunal
Du côté des parties civiles, Me David Rebibou, représentant le Crif Sud-Est, a qualifié les propos de « violents et d’un autre temps ». Pour le ministère public, la procureure de la République, Julie André, a estimé que la version du prévenu n'était pas suffisamment étayée.
« Rien ne vient corroborer vos propos ou votre ressenti », a-t-elle affirmé en s'adressant à l'accusé. Elle a requis une peine de 60 jours-amendes à 10 euros, soit une amende totale de 600 euros, rappelant que les faits étaient passibles d'une peine maximale d'un an de prison et 45 000 euros d'amende.
Après délibération, le tribunal, présidé par Christian Legay, a suivi en partie les réquisitions du parquet. Le quadragénaire a été reconnu coupable et condamné à une amende de 600 euros, assortie d'un sursis. Il devra également verser des dommages et intérêts aux parties civiles.





