Trente ans après leur séparation, le groupe de rock gothique niçois Corpus Delicti fait un retour remarqué sur la scène musicale. Avec un nouvel album intitulé "Liminal" et une tournée internationale, les pionniers du post-punk français prouvent que leur musique, loin d'être oubliée, a trouvé une nouvelle génération d'auditeurs à travers le monde.
Ce come-back, initialement non planifié, a été catalysé par une popularité renaissante sur les plateformes de streaming et la réédition de leurs albums des années 1990 par un label américain.
Points Clés
- Le groupe niçois Corpus Delicti, séparé en 1997, s'est reformé et a sorti un nouvel album, "Liminal".
- Leur popularité a connu une résurgence grâce au streaming, avec des titres écoutés des millions de fois.
- Une tournée internationale est en cours, avec des concerts acclamés notamment en Amérique latine.
- Le groupe se produira dans sa ville d'origine, à Nice, le 30 mai au Stockfish.
Une seconde vie née du numérique
Dans les années 1990, Corpus Delicti s'était imposé comme une référence de la scène rock gothique française, souvent comparé à des géants comme The Cure ou Joy Division. Leur premier album, Twilight, leur avait valu une reconnaissance bien au-delà des frontières. Pourtant, en 1997, le groupe se sépare.
"Comme presque tous les groupes, on s’était pris la tête", explique le chanteur Sébastien Pietrapiana. "Quand tu fais ça à 20 ans, tu as l’espoir d’en vivre... Si ça n’aboutit pas, ça peut créer des tensions." Chacun a suivi son propre chemin ; Sébastien est devenu professeur des écoles, tandis que le guitariste Franck Amendola est régisseur pour l’Opéra Nice Côte d’Azur.
Le retour de flamme a eu lieu plus de deux décennies plus tard. En 2019, le label américain Cleopatra Records a réédité leurs albums, ravivant l'intérêt pour leur musique. Simultanément, les plateformes de streaming ont permis à une nouvelle génération de découvrir leur son. Leur titre le plus populaire, "Saraband", cumule aujourd'hui plus de 1,5 million d'écoutes sur Spotify.
De la reformation aux scènes internationales
Ce regain d'intérêt a poussé les membres à rebrancher les guitares pour quelques concerts. L'accueil a dépassé toutes leurs attentes, notamment à l'étranger. Le groupe a été particulièrement surpris par la ferveur de son public en Amérique latine.
"Quand tu te retrouves devant 1 200 personnes à Mexico, dont certaines en pleurs, qui te disent que ta musique a changé leur vie, ça te fout des frissons", confie Franck Amendola.
Ces expériences intenses ont consolidé la reformation du groupe, qui inclut désormais Christophe Baudrion à la basse et Fabrice Gouré à la batterie, ce dernier remplaçant la batteuse d'origine, Roma, pour des raisons de santé. Face à l'enthousiasme du public, une question revenait sans cesse : à quand de nouvelles chansons ?
Un héritage musical préservé
Corpus Delicti s'est formé à Nice au début des années 90. Le groupe a rapidement développé un son unique, mélange de post-punk froid et d'énergie rock tribale, porté par la voix charismatique de son chanteur. Ils ont sorti trois albums entre 1993 et 1996 avant de se séparer.
"Liminal" : un nouvel album pour une nouvelle ère
L'idée de retourner en studio, absente au début de la reformation, est rapidement devenue une évidence. "Après quelques concerts, les gens nous demandaient souvent si on allait proposer de nouveaux titres", raconte Sébastien Pietrapiana. Le résultat est Liminal, un quatrième album de dix pistes sorti en novembre dernier.
Le défi était de taille : créer de la nouveauté sans trahir l'esprit originel. Le groupe voulait éviter de faire un simple pastiche de ce qu'il était il y a 30 ans. "Il faut être vrai, sincère. Sinon c’est pathétique", souligne Franck Amendola.
Pour cela, le groupe a analysé son propre son pour en extraire les éléments signature, tout en les intégrant dans une production moderne. Le résultat est un album qui conserve l'intensité rythmique caractéristique de Corpus Delicti, avec sa basse et sa batterie puissantes, tout en explorant des textures plus atmosphériques, presque cinématographiques.
La pochette de l'album Liminal est une œuvre de l'artiste plasticien et musicien Jean-Luc Verna. Ce dernier apparaît également dans le clip du titre "Room 36" et assurera la première partie du concert niçois du groupe.
"On nous dit que c’est du Corpus avec un son moderne. C’est exactement ce qu’on voulait", se réjouit Sébastien. L'album est une réinvention, pas une simple répétition, qui prouve la pertinence du groupe en 2024.
Retour aux sources avec un concert à Nice
Après avoir parcouru le monde, Corpus Delicti s'apprête à retrouver son public local. Le groupe sera sur la scène du Stockfish, à Nice, le 30 mai prochain. Ce concert s'annonce comme un événement pour les fans de la première heure comme pour ceux qui les ont découverts récemment.
Pour cette date spéciale, la soirée sera partagée avec d'autres artistes de la scène locale :
- I Apologize Redux : le duo new wave de Jean-Luc Verna et Gauthier Tassart.
- Code 150 : un tandem féminin de dark wave également originaire de Nice.
Ce retour sur leurs terres natales symbolise la boucle d'une histoire musicale hors du commun, celle d'un groupe qui a su renaître de ses cendres pour toucher un public mondial, trois décennies plus tard.





