Dans le cadre de la campagne pour les élections municipales à Nice, le candidat Éric Ciotti a dévoilé un programme détaillé axé sur les transports et la circulation. Son projet vise à réduire les embouteillages, à améliorer les infrastructures routières et à repenser l'offre de transports en commun, tout en affirmant une position qui refuse de "diaboliser la voiture".
Parmi les mesures phares, on retrouve la suppression du péage de Saint-Isidore, la création de milliers de places de stationnement et le retour de services populaires comme le carnet de 10 tickets de tram à 10 euros. L'objectif affiché est d'offrir plus de fluidité et de choix aux habitants de la métropole niçoise.
Les points clés du programme
- Suppression du péage de Saint-Isidore et interdiction des poids lourds aux heures de pointe.
- Création de 2 000 places de stationnement pour voitures et 3 000 pour deux-roues.
- Extension de la gratuité du stationnement en surface à 2 heures.
- Prolongation de la ligne 5 du tramway vers l'Ariane et retour du carnet de 10 tickets à 10 euros.
- Relance du service Vélobleu et développement de pistes cyclables sans supprimer de stationnement.
Une nouvelle vision pour les transports en commun
Le projet d'Éric Ciotti pour les transports collectifs s'articule autour de plusieurs axes majeurs, visant à compléter le maillage existant pour offrir une alternative crédible à la voiture individuelle. Il insiste sur le fait que ces développements ne doivent pas se faire au détriment des automobilistes.
Un RER pour la vallée du Var
Une des propositions les plus structurantes est la création d'une ligne de transport en site propre, comparable à un RER, en utilisant la ligne des Chemins de fer de Provence. Ce projet ambitieux a pour but de mieux desservir la plaine du Var, un pôle économique majeur.
Le plan prévoit d'améliorer la connexion de cette ligne avec la gare SNCF, d'augmenter la fréquence des passages et de la prolonger au-delà du Var pour atteindre la commune de Carros. Cette initiative pourrait désengorger significativement les axes routiers menant à cette zone d'activité.
Le tramway, entre priorités et concertation
Concernant le réseau de tramway, la priorité est clairement affichée : la prolongation de la ligne 5 jusqu'au quartier de l'Ariane. Le candidat qualifie ce projet de "promesse non tenue" depuis de nombreuses années, y voyant une nécessité pour mieux intégrer ce secteur à la ville.
Pour les autres extensions prévues, notamment la ligne 4 vers Cagnes-sur-Mer et la ligne 5 vers La Trinité, la position est plus nuancée. Éric Ciotti conditionne leur réalisation à l'accord des futurs maires de ces communes, prônant une approche basée sur le dialogue intercommunal plutôt que sur des décisions unilatérales.
Le retour de mesures populaires
Le programme inclut deux propositions qui parleront directement aux usagers quotidiens. D'une part, la gratuité des transports pour les plus de 65 ans. D'autre part, le retour du carnet de 10 trajets à 10 euros, une tarification avantageuse qui avait été supprimée. Sa réintroduction serait toutefois soumise à un audit financier de la régie Ligne d'Azur.
Lutter contre la congestion automobile
Avec un temps moyen de trois jours et demi par an passés dans les embouteillages par les Niçois, la fluidification du trafic est un enjeu central du programme. Plusieurs mesures concrètes sont envisagées pour décongestionner les points noirs de la ville.
"Améliorer la circulation est un enjeu essentiel. Les politiques de restrictions ne sont pas dans mon logiciel."
Le candidat propose de rouvrir le tunnel du Congrès aux véhicules pour faciliter l'accès à la promenade des Anglais. Pour des secteurs particulièrement saturés comme celui de la place Barla, il envisage le déploiement de systèmes de régulation des feux de circulation par intelligence artificielle.
Une meilleure connexion au tunnel Liautaud est également étudiée. Enfin, une étude sur la sécurisation de certains axes jugés dangereux, comme le boulevard de Cessole et la promenade des Anglais, sera lancée.
Moderniser les grandes infrastructures
Le programme s'attaque également aux grands axes et aux infrastructures autoroutières qui ceinturent la ville. L'objectif est de rationaliser les flux et de supprimer les goulets d'étranglement.
Améliorer les accès à l'autoroute A8
Bien que le nouveau tunnel de sortie ouest de la Voie Mathis soit considéré comme une avancée positive, le projet Ciotti estime qu'il a déplacé une partie du problème. Il préconise un raccordement direct à l'autoroute A8, sans feux de signalisation, pour éviter la formation de nouveaux bouchons.
Une autre mesure forte est la réouverture de l'entrée de l'A8 depuis la promenade des Anglais. De plus, pour le secteur de Carros, il est prévu de terminer le raccordement de la route métropolitaine 2202 bis à l'autoroute dans le sens Carros-Nice.
Le péage de Saint-Isidore en ligne de mire
La suppression de la barrière de péage de Saint-Isidore est un point clé du programme. La concession avec l'opérateur Vinci arrivant à échéance en 2032, le candidat souhaite renégocier le contrat pour obtenir la gratuité de ce tronçon, qui sert de contournement à la ville. En complément, il demande une interdiction de circulation des poids lourds sur ce secteur aux heures de pointe, de 7h à 9h et de 18h à 20h.
Stationnement et mobilités douces : un équilibre à trouver
Le dernier volet du programme aborde le stationnement et la place des mobilités douces, avec une volonté de concilier les besoins de tous les usagers sans opposer les modes de transport.
Augmenter l'offre de stationnement
Le plan est chiffré : 2 000 places de stationnement supplémentaires pour les voitures et une augmentation significative pour les deux-roues, passant de 5 000 à 8 000 places. Cette mesure vise à répondre à une demande forte des résidents et des visiteurs.
Pour le stationnement en surface, la durée de gratuité serait portée à deux heures, avec une tolérance de dix minutes, s'inspirant du modèle de la ville de Cannes. Concernant le projet de parking souterrain sous la place Wilson, le candidat se dit "plutôt favorable" mais émet des réserves sur sa faisabilité technique et son coût.
Un retour pour le Vélobleu
Le développement des pistes cyclables est encouragé, mais avec une condition claire : ne pas détruire de places de stationnement existantes. L'aménagement devra être pensé pour une cohabitation harmonieuse entre cyclistes, piétons et automobilistes.
Enfin, le programme annonce une relance des études pour remettre en service le Vélobleu, l'ancien système de vélos en libre-service, qui reste populaire dans la mémoire des Niçois.





