Chaque soir de match à domicile, une tradition immuable s'empare de l'Allianz Riviera. Alors que le chronomètre atteint la 86e minute, le jeu passe au second plan. Les écrans géants s'illuminent, non pas pour un ralenti, mais pour afficher les noms des 86 victimes de l'attentat du 14 juillet 2016, formant un cœur lumineux. Un silence respectueux, suivi de chants puissants, unit alors des milliers de supporters dans un moment de souvenir et de résilience.
Mercredi soir, lors de la rencontre face à Lille, ce rituel a pris une dimension particulière. Loin d'interrompre l'élan des joueurs, il l'a transcendé, culminant par un but symbolique qui a scellé la victoire et offert un instant de grâce à tout un stade.
Points Clés
- À la 86e minute de chaque match à domicile, l'OGC Nice rend hommage aux 86 victimes de l'attentat de 2016.
- Les supporters, y compris ceux des équipes visiteuses, participent en allumant les lumières de leurs téléphones.
- Contrairement à un match précédent, le jeu s'est poursuivi, intensifiant l'émotion et les chants.
- Un but a été marqué par le Suédois Pontus Jansson juste après l'hommage, ajoutant une forte charge symbolique à l'événement.
Un rituel pour ne jamais oublier
Depuis le drame qui a frappé la Promenade des Anglais le 14 juillet 2016, la ville de Nice et son club de football, l'OGC Nice, ont fait du souvenir un devoir. La 86e minute de chaque match disputé à l'Allianz Riviera est devenue un moment sacré, un instant suspendu dans le temps.
Le chiffre n'est pas anodin. Il représente chacune des 86 vies perdues lors de cette soirée tragique. Lorsque l'horloge du stade affiche 86:00, une chorégraphie émouvante se met en place. Les deux écrans géants cessent de diffuser le match pour laisser apparaître un cœur formé par les prénoms et noms des victimes.
Le devoir de mémoire d'une ville
L'attentat du 14 juillet 2016 reste la cicatrice la plus profonde de l'histoire récente de Nice. L'hommage rendu par le club de football est l'une des nombreuses initiatives qui permettent à la communauté de se souvenir collectivement et de montrer sa résilience face à la tragédie. Ce rituel sportif est devenu un symbole puissant de l'unité de la ville.
Simultanément, des milliers de petites lumières scintillent dans les tribunes. Les supporters, qu'ils soient Niçois ou visiteurs, allument les flashs de leurs téléphones, créant une mer d'étoiles en l'honneur des disparus. Les chants, souvent l'hymne « Nissa la Bella », s'élèvent alors avec une ferveur renouvelée.
Une communion au-delà de la rivalité sportive
Ce mercredi soir, l'émotion était particulièrement palpable. Alors que le Gym menait d'un but face à une solide équipe de Lille, la 86e minute est arrivée. Comme à l'accoutumée, les écrans ont basculé et les lumières se sont allumées. Fait notable, le parcage visiteurs, où se trouvaient les supporters lillois, s'est immédiatement joint à l'hommage, illuminant leur section en signe de solidarité.
Cet élan d'unité a été d'autant plus fort que lors d'un match précédent contre Lyon, l'arbitre avait interrompu le jeu, brisant involontairement la dynamique de ce moment de recueillement. Cette fois, le jeu a continué. Les joueurs sur le terrain, conscients de l'importance de l'instant, ont semblé puiser une nouvelle énergie dans l'atmosphère électrique du stade.
Les chants des supporters niçois ont redoublé d'intensité, poussant leur équipe à défendre son avantage dans les dernières minutes cruciales de la partie. L'hommage n'a pas été une parenthèse, mais le catalyseur d'une fin de match vibrante.
Le but comme un symbole d'espoir
Alors que les milliers de lumières brillaient encore dans les tribunes, l'impensable s'est produit. L'OGC Nice a non seulement défendu son but, mais en a inscrit un second. Le défenseur suédois Pontus Jansson, d'une frappe puissante, a envoyé le ballon au fond des filets.
Ce but, son premier sous les couleurs niçoises, est survenu dans un décor presque irréel. Le stade, encore illuminé par les flashs du public, a explosé de joie. Le but n'était plus seulement un avantage sportif ; il est devenu un symbole. Un symbole de vie qui continue, d'espoir qui renaît au cœur même du souvenir.
« C'était un moment de grâce. Voir le ballon entrer dans le but alors que tout le stade était encore illuminé pour l'hommage, c'était plus que du football. C'était un message. »
Cette réalisation a transformé une tradition de deuil en une célébration de la résilience. Elle a rappelé que si le souvenir est essentiel, l'élan de la vie et la joie partagée sont le plus bel hommage que l'on puisse rendre.
Plus qu'un club, une communauté
L'initiative de l'OGC Nice démontre le rôle social et culturel que peut jouer un club de football au sein de sa communauté. Au-delà des résultats sportifs, il est un vecteur d'identité, de cohésion et de mémoire collective.
Ce rituel de la 86e minute, respecté par tous, joueurs, staffs et supporters, ancre le club au cœur de sa ville. Il offre un espace où la passion du sport et le devoir de mémoire se rejoignent pour créer des moments d'une rare intensité émotionnelle.
Mercredi soir, les supporters niçois ont quitté le stade avec le sentiment d'avoir vécu bien plus qu'une simple victoire. Ils ont participé à un acte de souvenir collectif, magnifié par un dénouement sportif qui restera, lui aussi, gravé dans les mémoires.





