Depuis le début de l'année 2026, les habitants de Nice et de la Côte d'Azur font face à des précipitations exceptionnelles, bouleversant le quotidien dans une région réputée pour son ensoleillement. Des records de pluie ont été battus, et le manque de soleil pèse sur le moral des Azuréens.
Ce phénomène météorologique inhabituel s'explique par une configuration atmosphérique particulière qui a dirigé un flux constant de perturbations vers le sud-est de la France, laissant peu de répit aux habitants.
Points Clés
- Des records historiques de précipitations ont été enregistrés à Nice et Antibes en janvier 2026.
- Un déficit d'ensoleillement de 30 à 40 % a été observé début février.
- Les experts pointent un courant océanique persistant et un affaiblissement de l'anticyclone des Açores.
- Les habitants expriment leur lassitude face à cette météo maussade et inhabituelle pour la région.
Une météo qui défie les clichés azuréens
Le début de l'année 2026 restera dans les mémoires des Niçois, mais pas pour les raisons habituelles. Au lieu du ciel bleu et du soleil d'hiver, la région a subi des semaines de pluie quasi ininterrompue. Cette situation a culminé fin janvier avec des épisodes pluvieux d'une intensité rare.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes. La ville d'Antibes a enregistré un cumul de 128,1 millimètres de pluie en seulement 24 heures, un record absolu pour un mois de janvier. Ces précipitations diluviennes ont provoqué d'importantes inondations dans plusieurs quartiers.
Nice n'a pas été épargnée, battant également son propre record journalier pour janvier avec 84 millimètres de pluie. Cet événement a été causé par un orage dit « stationnaire », qui a déversé d'énormes quantités d'eau sur une zone très localisée.
Le moral des habitants en berne
Habitués à plus de 300 jours de soleil par an, les Azuréens vivent mal cette météo capricieuse. Dans les rues et les cafés de Nice, la conversation tourne souvent autour du ciel gris. « Je vis ici depuis huit ans et je n'ai jamais vu autant de pluie à cette période de l'année », confie Victoria, croisée sous son parapluie.
« On n'a pas l'habitude de vivre sans le soleil, c'est pour ça que c'est dur », explique Marie, une résidente, avec un sourire résigné.
Ce sentiment est partagé par beaucoup. René, un habitué d'une terrasse du centre-ville, estime que « l'hiver est bien plus long je trouve cette année ». La lassitude est palpable, et le manque de lumière commence à peser sur le moral collectif.
Février sous la grisaille
Le mois de février a commencé sur la même lancée. Au 11 du mois, Nice avait déjà connu six jours de pluie. Les relevés météorologiques indiquent un déficit d'ensoleillement de 30 à 40 % par rapport aux normales saisonnières, confirmant l'impression générale d'un temps maussade et persistant.
L'explication scientifique derrière le mauvais temps
Pourquoi la Côte d'Azur, habituellement protégée, a-t-elle été si durement touchée ? Les météorologues expliquent ce phénomène par une configuration atmosphérique bien précise. Un puissant et tenace courant océanique a agi comme un rail, guidant les dépressions directement vers la Méditerranée et le sud-est de la France.
Guillaume Séchet, météorologue, précise que ce flux a entraîné une succession de fronts pluvieux, ne laissant que de très courtes périodes d'accalmie. Cette répétition a renforcé l'impression d'une pluie permanente.
Le bouclier protecteur affaibli
Normalement, la région est protégée par l'anticyclone des Açores, une vaste zone de haute pression qui bloque les perturbations. « L’anticyclone des Açores qui nous protège habituellement est positionné sur les Canaries et est beaucoup moins puissant que d’habitude », explique le spécialiste. Cet affaiblissement a ouvert un véritable couloir aux perturbations venues de l'Atlantique.
Cette situation n'est pas isolée et s'inscrit dans un contexte plus large qui a touché l'ensemble du territoire français. Sur les réseaux sociaux, les internautes n'ont pas manqué de comparer, avec humour, la Promenade des Anglais aux côtes bretonnes ou normandes, régions connues pour leur climat plus humide.
Un retour progressif du soleil, mais accompagné de vent
Après des semaines d'attente, une amélioration se profile enfin. Le soleil devrait faire son grand retour, coïncidant heureusement avec le lancement du célèbre Carnaval de Nice le 11 février. Cette nouvelle est accueillie avec soulagement par les habitants et les organisateurs de l'événement.
Cependant, ce retour du beau temps ne se fera pas sans quelques turbulences. Les services de Météo France ont émis une alerte pour des vents forts. Des bourrasques pouvant dépasser les 100 km/h sont attendues sur Nice et l'ensemble du département des Alpes-Maritimes.
Les Azuréens devront donc encore faire preuve d'un peu de patience avant de retrouver pleinement la douceur de vivre qui fait la renommée de leur région. En attendant, tous les regards sont tournés vers le ciel, dans l'espoir que le soleil s'installe durablement.





