Un homme de 42 ans a été condamné par le tribunal de Grasse à une peine de trois ans de prison ferme pour avoir renversé une jeune femme de 18 ans et pris la fuite. Les faits se sont déroulés le 5 février sur le chemin des Capuçins, laissant la victime avec de graves blessures au visage.
Le prévenu, Adel Boukhris, a été maintenu en détention à l'issue de l'audience. Il devra également indemniser la jeune lycéenne pour le préjudice subi. L'homme, qui possède un casier judiciaire chargé, a maintenu tout au long du procès ne pas avoir vu la victime.
Les points clés de l'affaire
- Adel Boukhris, 42 ans, a été condamné à 3 ans de prison ferme pour blessures involontaires et délit de fuite.
- La victime, une lycéenne de 18 ans, a subi un traumatisme facial sévère et devra faire face à plusieurs années de chirurgie reconstructrice.
- Le conducteur, qui conduisait un véhicule en mauvais état, avait déjà 10 mentions à son casier judiciaire, notamment pour des délits routiers.
- Le procureur a qualifié le prévenu de "délinquant routier" et requis une peine de cinq ans de prison.
Le déroulement des faits
Le soir du 5 février, aux alentours de 18h30, une lycéenne de 18 ans descendait de son bus sur le chemin des Capuçins à Grasse. Alors qu'elle s'engageait sur un passage piéton, elle a été violemment percutée par une Citroën. Les conditions météorologiques étaient difficiles, avec une forte pluie et une faible luminosité.
Un témoin de la scène a décrit l'impact avec précision, expliquant que la jeune femme avait été projetée sur le capot du véhicule. Le conducteur ne s'est pas arrêté pour porter secours et a poursuivi sa route. Ce même témoin a cependant eu le réflexe de relever le numéro d'immatriculation, un élément qui s'est avéré crucial pour l'enquête.
Une arrestation rapide
Grâce à la plaque d'immatriculation, les forces de l'ordre ont rapidement identifié le propriétaire du véhicule. Adel Boukhris a été interpellé à son domicile à Antibes deux jours plus tard, le 7 février. Selon le procureur, l'homme aurait tenté de fuir à la vue des policiers, un comportement jugé "révélateur" par le ministère public.
Un véhicule dangereux
L'expertise du véhicule a révélé qu'il s'agissait d'une "véritable épave". La présidente du tribunal a souligné lors de l'audience que la voiture présentait de "très graves problèmes de freins", ce qui explique l'absence de traces de freinage sur les lieux de l'accident.
Un procès sous tension
L'audience au tribunal de Grasse a été marquée par l'émotion. La jeune victime, prénommée Nadia pour préserver son anonymat, était présente malgré ses blessures et le traumatisme. Elle a dû faire face à un prévenu qui n'a manifesté que peu de compassion à son égard.
Adel Boukhris a répété à plusieurs reprises ne pas avoir vu la jeune femme. "Je ne l'ai pas vue, j'ai pas vu cette fille, sinon je lui aurais roulé dessus", a-t-il déclaré, des propos qui ont provoqué l'effroi dans la salle d'audience.
"C’est un véritable danger sur la route, vous êtes un délinquant routier !"
– Le procureur de la République lors de son réquisitoire
La victime, en larmes, a écouté le récit de son calvaire. Selon les experts, la reconstruction de sa mâchoire et le remplacement des dents qu'elle a perdues dans le choc prendront plusieurs années. Un détail poignant a été rapporté : au sol après l'impact, elle a tenté de ramasser ses propres dents.
Un lourd passé judiciaire
Le profil d'Adel Boukhris a pesé lourd dans la décision du tribunal. Son casier judiciaire comporte 10 condamnations antérieures. Parmi celles-ci figurent plusieurs délits routiers, notamment des conduites sous l'emprise de l'alcool et de produits stupéfiants. Le procureur a regretté qu'en raison du délit de fuite, il soit impossible de savoir s'il était sous influence le soir de l'accident.
Une peine sévère mais en deçà des réquisitions
Face à la gravité des faits et au profil du prévenu, le procureur de la République avait requis la peine maximale de cinq ans de prison, assortie d'un maintien en détention. Il a insisté sur le danger que représente l'individu pour la société.
De son côté, l'avocate de la défense, Me Dalida Chabri, a plaidé le doute. "A-t-il eu vraiment conscience d’avoir percuté la victime ? L'a-t-il vue ? Rien ne permet de l'affirmer avec certitude", a-t-elle avancé.
Après délibération, le tribunal a finalement condamné Adel Boukhris à une peine de trois ans d'emprisonnement ferme. Son maintien en détention a été ordonné, et il devra verser des dommages et intérêts à la victime, dont le montant sera déterminé ultérieurement.





