Un habitant de Nice, Franck Burin, a déposé une plainte après une intervention policière survenue par erreur à son domicile le 22 janvier dernier. Réveillé en pleine nuit par une unité d'élite, il affirme avoir été violenté devant sa famille, qui reste profondément traumatisée par l'événement.
L'essentiel
- Une unité de police a fait irruption au mauvais domicile à Nice lors d'une opération matinale le 22 janvier.
- Le résident, Franck Burin, rapporte avoir été frappé, menotté et maintenu au sol nu devant sa compagne et ses enfants.
- L'intervention visait en réalité son locataire, habitant à proximité, qui a été rapidement mis hors de cause.
- Une plainte a été déposée auprès de la police et une saisine de l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été effectuée.
Un réveil brutal au petit matin
Pour Franck Burin et sa famille, la journée du 22 janvier a commencé de la manière la plus brutale qui soit. Vers 6 heures du matin, un bruit assourdissant a secoué leur maison située rue de la Villette, dans le quartier de la Madeleine à Nice. Une dizaine de policiers, cagoulés et lourdement armés, venaient de forcer leur portail et de défoncer leur porte d'entrée à l'aide d'un bélier.
Sorti du lit par le vacarme, M. Burin s'est retrouvé face à l'escouade. « J’ai pensé à un cambriolage. Ils ne se sont pas présentés », raconte-t-il. Nu et encore sous le choc du réveil, il assure n'avoir opposé aucune résistance. « Je suis resté parfaitement immobile », précise-t-il.
« Malgré le fait que je ne présentais aucune agressivité, l’un des hommes m’a porté un violent coup de bouclier au visage. Il m’a cassé l’arête nasale. »
Immédiatement après, il a été plaqué au sol et menotté, les mains dans le dos. Pendant de longues minutes, l'incertitude était totale pour la famille. « Je n’ai pas su s’ils étaient de la police ou des cambrioleurs », explique Franck Burin.
Une erreur d'identité aux lourdes conséquences
Alors qu'il était maintenu au sol, M. Burin a signalé à plusieurs reprises avoir des difficultés à respirer. Pendant ce temps, sa compagne et ses enfants étaient regroupés sans ménagement dans une chambre par d'autres agents. C'est seulement à ce moment que les policiers lui ont demandé son identité.
« J’ai obtempéré. Et là il y a eu un blanc », se souvient-il. La confusion était palpable. Les agents ont rapidement compris qu'ils n'étaient pas au bon endroit. L'opération visait en réalité le locataire de M. Burin, qui réside dans une habitation voisine. Ce dernier aurait d'ailleurs été interpellé puis relâché très rapidement, totalement mis hors de cause dans l'affaire de vol à main armée qui a motivé l'intervention.
Une attente interminable
Même après la reconnaissance de l'erreur, Franck Burin affirme être resté menotté au sol, nu et sous surveillance, pendant encore une quinzaine de minutes avant que les forces de l'ordre ne quittent les lieux, laissant la famille hébétée.
Selon son témoignage, aucune excuse n'a été présentée. La seule remarque qu'il aurait entendue de la part d'un policier fut : « Vous avez une assurance pour ça ? » Une question qu'il juge particulièrement déplacée au vu de la situation. Si son assurance a bien couvert les réparations des portes, il a dû s'acquitter d'une franchise.
Le traumatisme et les démarches judiciaires
Au-delà des dégâts matériels et des blessures physiques – une arête nasale cassée et des abrasions –, ce sont les séquelles psychologiques qui pèsent le plus lourdement sur la famille. « Je me réveille au moindre bruit, je suis très irritable », confie Franck Burin. Les enfants ont également été très marqués.
La petite amie de son fils, présente ce matin-là, souffre de crises d'angoisse et s'est vu prescrire une incapacité totale de travail (ITT) de cinq jours. « C’est moralement très compliqué », résume le père de famille.
Soutien et plaintes
Face à ce qu'il qualifie de « bavure », Franck Burin a entrepris plusieurs démarches. Il a adressé un courrier au procureur de la République de Nice pour demander l'ouverture d'une enquête pour violences volontaires et atteinte à la dignité. Il a également saisi l'Inspection générale de la police nationale (IGPN) et déposé plainte au commissariat de Nice Ouest. Contactée, la Direction interdépartementale de la police nationale a confirmé la prise en compte de sa plainte. Le parquet de Nice n'a pas encore communiqué sur ce dossier.
En parallèle, M. Burin a écrit au maire de Nice. Les services de la mairie l'ont rapidement recontacté pour lui proposer un soutien psychologique, une aide qu'il a jugée « très appréciable ». Aujourd'hui, il attend que la justice fasse toute la lumière sur cette intervention et espère, a minima, une reconnaissance de l'erreur et une réparation pour le préjudice subi.





