Un week-end festif a viré au cauchemar pour un groupe d'étudiants à Coaraze, près de Nice. Le propriétaire du gîte qu'ils louaient a été condamné à trois mois de prison avec sursis pour les avoir menacés avec une hache après avoir découvert d'importants dégâts matériels.
L'incident, qui s'est déroulé le 22 novembre 2025, a conduit le gérant de 45 ans devant le tribunal correctionnel de Nice pour violences avec usage d'une arme et menaces de mort.
Les points clés de l'affaire
- Un gérant de gîte à Coaraze a été condamné à 3 mois de prison avec sursis.
- Il a menacé un groupe d'une vingtaine d'étudiants avec une hache.
- L'homme a réagi violemment après avoir découvert des dégradations importantes suite à une fête.
- Le tribunal a reconnu des violences avec arme et des menaces de mort, tout en tenant compte du contexte.
Une fête qui dégénère en confrontation
Les faits se sont produits dans un domaine paisible de Coaraze, composé de quatre gîtes au cœur d'une oliveraie. Une vingtaine d'étudiants d'une école de commerce de Sophia Antipolis s'y étaient réunis pour un week-end d'intégration avant leurs stages.
Arrivés le vendredi 21 novembre, les jeunes ont organisé une fête qui s'est prolongée jusqu'au petit matin. Selon les témoignages, les derniers fêtards se sont couchés vers 6h30.
C'est à peine deux heures plus tard que le propriétaire des lieux, un homme de 45 ans, est arrivé sur place. Son intention était de préparer un feu dans la salle commune, mais il a rapidement fait face à une scène de chaos.
La découverte des dégradations
Devant les juges, le prévenu a décrit un spectacle qui l'a plongé dans une colère intense. Il a énuméré une longue liste de dégâts : tables renversées, chaises cassées, vomissures, urine, bouteilles brisées, un four endommagé et même un mur centenaire en pierres sèches abîmé.
« Il nous a dit qu’il avait mis toute sa vie dans ce gîte », a rapporté l'un des étudiants lors de son audition. Cet investissement personnel et financier semble avoir été le déclencheur d'une réaction totalement disproportionnée.
Le verdict du tribunal
Le gérant a été reconnu coupable et condamné à 3 mois de prison avec sursis. Il a également écopé d'une interdiction de détenir ou de porter une arme pendant une durée d'un an.
Une tournée de fureur armée d'une hache
Submergé par la rage, le quadragénaire s'est emparé d'une hache et a entrepris de réveiller brutalement les étudiants endormis. Il a fait le tour des différents gîtes, pénétrant dans les chambres pour expulser les occupants.
Les dépositions des jeunes, lues à l'audience par la présidente du tribunal Agnès Vadrot, décrivent des scènes de terreur. Plusieurs plaignants ont affirmé avoir vu le propriétaire arriver « hache à la main », proférant des insultes et des menaces graves.
« Je vais sortir le 12, je vais vous tuer », aurait-il crié, selon plusieurs témoignages concordants.
Les violences ne se seraient pas limitées aux mots. Un étudiant a déclaré avoir été frappé au ventre avec le manche de la hache, tandis que d'autres ont rapporté avoir reçu des coups de poing. L'un des récits les plus glaçants est celui d'un jeune homme qui affirme s'être réveillé avec la lame de la hache posée sur son cou.
Les certificats médicaux ont attesté de blessures légères, avec des incapacités totales de travail (ITT) allant de quelques heures à trois jours.
Le procès : entre remords et justification
Au tribunal, le prévenu, sans antécédents judiciaires, a tenté d'expliquer son geste sans pour autant le justifier. Il a reconnu avoir donné « quelques gifles » et avoir pu dire « un milliard de choses » sous le coup de la colère, mais a nié avoir parlé d'un fusil.
Face à la présidente qui l'interrogeait sur la proportionnalité de sa réaction, il a exprimé un profond regret.
« Je culpabilise énormément, je n’aurais jamais dû aller aussi loin », a-t-il déclaré à la barre. « C’est quelque chose qui ne se reproduira plus, vous ne me reverrez plus ici. »
Les arguments de la défense et des parties civiles
L'avocat de la défense, Me Gérard Ferrari, a plaidé que la colère de son client était une réaction à l'ampleur des dégradations, soulignant l'investissement personnel et financier de l'homme dans ce projet depuis 2021. Pour lui, « on tente de charger mon client pour faire oublier ce qui a déclenché cette colère ».
De son côté, Me Cédric Porteron, représentant les neuf étudiants constitués parties civiles, a mis en avant la dangerosité potentielle du prévenu. « Vous êtes soupe au lait, et donc dangereux. Avec une hache à la main, on aurait pu être ailleurs », a-t-il lancé, suggérant que le drame aurait pu être bien plus grave.
Une peine mesurée
Le ministère public avait requis une peine de cinq mois de prison avec sursis. Le tribunal a finalement prononcé une condamnation à trois mois avec sursis, accompagnée d'une interdiction de port d'arme pendant un an.
Cette décision semble prendre en compte à la fois la gravité des menaces et des violences commises, mais aussi le contexte de provocation lié aux importants dégâts matériels subis par le propriétaire. La question des dédommagements pour les étudiants sera examinée lors d'une audience ultérieure sur les intérêts civils.





