Le parquet de Sion a rendu publique une nouvelle vidéo montrant les circonstances exactes du départ de l'incendie qui a ravagé le bar Le Constellation à Crans-Montana durant la nuit du Nouvel An. Les images, datées du 23 février 2026, sont un élément clé dans l'enquête sur la tragédie qui a coûté la vie à 41 personnes et fait 115 blessés graves.
Ce document visuel confirme que le feu a été déclenché par les étincelles d'une bougie de type cierge magique entrant en contact avec la mousse insonorisante du plafond. La serveuse qui tenait la bouteille, Cyane Panine, fait partie des victimes.
Les points clés
- Une nouvelle vidéo montre le départ de l'incendie au bar Le Constellation.
- Le feu a été causé par des bougies festives touchant une mousse acoustique inflammable.
- Le bilan de la tragédie est de 41 morts et 115 blessés graves.
- La défense de la serveuse décédée soutient qu'elle suivait les instructions de sa direction.
- L'enquête se concentre sur la responsabilité des propriétaires de l'établissement.
Un geste festif aux conséquences tragiques
La vidéo, qui dure quelques secondes, capture l'ambiance festive qui régnait dans le bar quelques instants avant le drame. On y voit une employée, Cyane Panine, juchée sur les épaules d'un collègue, un casque de moto sur la tête. Elle tient dans chaque main une bouteille de champagne surmontée de bougies scintillantes, destinées à célébrer le passage à la nouvelle année.
Dans un mouvement anodin, elle lève légèrement un bras. Les étincelles d'une des bougies touchent alors la mousse acoustique recouvrant le plafond. L'embrasement est instantané et se propage à une vitesse alarmante. Sur les images, ni la serveuse ni les clients autour d'elle ne semblent réaliser immédiatement la gravité de la situation.
Ce simple geste, accompli dans un cadre festif, a été le point de départ d'un incendie d'une violence inouïe. La mousse, choisie pour ses propriétés insonorisantes, s'est révélée être un puissant combustible.
La propagation fulgurante des flammes
Les experts analysant la catastrophe soulignent que la nature des matériaux a joué un rôle déterminant dans la rapidité de la propagation. Une fois la première plaque de mousse enflammée, le feu s'est étendu aux panneaux voisins en quelques secondes.
Moins de deux minutes
Selon les reconstitutions et les témoignages, il aura fallu moins de deux minutes pour que l'ensemble de l'établissement soit entièrement la proie des flammes, piégeant des dizaines de personnes à l'intérieur.
Cette rapidité a laissé très peu de chances aux clients et au personnel de s'échapper. Les issues de secours, si elles existaient, sont rapidement devenues inaccessibles à cause de la fumée dense et de la panique. Le bilan humain est l'un des plus lourds de ces dernières années pour un incendie dans un lieu public.
La question des responsabilités
La diffusion de cette vidéo relance le débat sur les responsabilités. Si le geste de Cyane Panine est à l'origine directe de l'incendie, son avocate, Sophie Haenni, refuse que la jeune femme, décédée dans le drame, soit tenue pour seule responsable.
« C’est une victime comme toutes les autres, elle travaillait ce soir-là et elle a simplement obéi aux ordres de ses supérieurs », a déclaré Me Haenni peu après la diffusion des images.
Selon elle, la pratique d'amener des bouteilles avec des bougies scintillantes était non seulement courante, mais encouragée, voire imposée par les propriétaires du bar, le couple Moretti. L'avocate affirme détenir des témoignages confirmant que ce type de « show » était une consigne directe de la direction pour « mettre l'ambiance ».
Cette ligne de défense déplace la responsabilité vers les gérants de l'établissement, Jacques et Jessica Moretti. L'enquête devra déterminer s'ils étaient conscients des risques liés à l'utilisation de feux de Bengale à proximité de matériaux inflammables.
L'enquête se concentre sur les propriétaires
Les investigations se portent désormais sur plusieurs points cruciaux concernant la gestion du bar Le Constellation. Les enquêteurs cherchent à savoir :
- Si les propriétaires avaient connaissance de la nature hautement inflammable de la mousse acoustique installée.
- Si des consignes de sécurité claires avaient été données au personnel.
- Si l'établissement était en conformité avec les normes de sécurité incendie en vigueur.
Le couple Moretti a déjà été confronté à la colère des familles des victimes lors de précédentes auditions. Leur rôle et leurs décisions concernant l'aménagement et l'animation du bar sont au cœur des procédures judiciaires à venir.
Un drame qui marque la communauté
L'incendie de Crans-Montana a profondément choqué la station de ski et bien au-delà. Parmi les 41 victimes se trouvaient des résidents locaux, des touristes et des employés saisonniers de plusieurs nationalités, dont six citoyens italiens. La communauté locale reste marquée par cette nuit d'horreur, et les familles attendent des réponses claires de la part de la justice.
La vidéo rendue publique par le parquet constitue une pièce à conviction majeure. Elle apporte une preuve visuelle irréfutable du mécanisme de départ du feu, mais elle soulève aussi de nombreuses questions sur la chaîne de responsabilités qui a mené à une telle catastrophe.
Alors que l'instruction se poursuit, la mémoire des victimes reste au centre des préoccupations. Des hommages ont été rendus, et un mémorial a été érigé pour ne pas oublier ce drame qui a transformé une soirée de fête en un véritable cauchemar.





