Un mariage qui devait être célébré ce samedi au Parc Phoenix à Nice a été annulé sur décision du maire, Christian Estrosi. En cause, le comportement jugé dangereux et illégal du cortège nuptial qui a provoqué d'importantes perturbations, notamment le blocage d'une voie rapide.
L'essentiel de l'information
- La mairie de Nice a annulé une cérémonie de mariage civil en raison d'infractions graves commises par le cortège.
- Le groupe a bloqué la voie Mathis, une artère majeure de la ville, et commis de multiples violations du Code de la route.
- Le couple avait signé une charte de bonne conduite, un dispositif mis en place par la ville en 2012.
- Ce n'est pas la première fois qu'une telle mesure est prise à Nice pour des faits similaires.
Un cortège nuptial hors de contrôle
La journée qui devait être l'une des plus belles pour un couple niçois s'est transformée en un rappel à l'ordre sévère. Ce samedi matin, les festivités prévues ont été brusquement interrompues avant même que l'union ne soit scellée. Le cortège de voitures accompagnant les futurs époux vers le Parc Phoenix, lieu de la cérémonie, a été à l'origine de l'incident.
Selon les informations recueillies, les premières perturbations ont été signalées dès 9h27 dans la rue Marceau. Le convoi s'est ensuite engagé sur la voie Mathis, une artère à grande circulation. C'est là que la situation a dégénéré.
Une minute de blocage total
À 9h39, les véhicules du cortège ont immobilisé la circulation sur la chaussée nord de la voie Mathis pendant environ une minute. Des témoins et les caméras de surveillance ont filmé des passagers assis sur les portières des voitures, agitant un drapeau comorien et circulant sans ceinture de sécurité à une vitesse excessive.
Ces agissements ont été immédiatement repérés par le Centre de supervision urbain (CSU) de la ville et les forces de l'ordre, qui sont rapidement intervenues.
La décision ferme de la mairie
Face à ces débordements, qualifiés d'« inadmissibles » et constituant une « atteinte grave à l'ordre public », le maire de Nice, Christian Estrosi, a pris une décision radicale : l'annulation pure et simple du mariage civil.
« J’ai pris la décision d’annuler le mariage. La liste des violations du Code de la Route est bien trop longue et inadmissible. À Nice, les lois de la République s’appliquent à tous, sans exception », a déclaré le maire dans un communiqué.
L'élue qui devait officier, Imen Jaidane, a été informée de la situation. Le cortège a été intercepté par la police municipale à la sortie de la voie rapide. Les futurs mariés ont été reçus vers 10h20 pour se voir notifier l'annulation de leur union.
Une charte de bonne conduite bafouée
Cette décision s'appuie sur un cadre réglementaire mis en place par la municipalité il y a plus de dix ans. Depuis 2012, Nice a été l'une des premières villes de France à instaurer une « charte de bonne conduite » que tous les futurs époux doivent signer avant la cérémonie.
Que dit la charte ?
Ce document engage les mariés et leurs invités à respecter plusieurs règles fondamentales pour garantir la sécurité et la tranquillité publique. Parmi les engagements figurent :
- Le respect strict du Code de la route.
- La proscription de tout comportement dangereux ou perturbateur.
- La garantie du bon déroulement des festivités dans le respect des lois.
Le couple concerné avait signé ce document, s'engageant ainsi à veiller au bon comportement de leurs invités. Selon la police municipale, les mariés se sont montrés « très déçus » et semblaient découvrir l'ampleur des agissements de leur cortège. Ils n'ont opposé aucune protestation.
Réactions et conséquences
Cet événement a suscité des réactions au sein de la communauté comorienne de Nice. Najim Maecha, président de l'association des Comoriens Nice Côte d'Azur, a fermement condamné ces actes.
« Nous n’acceptons pas ce genre d’incivilités », a-t-il affirmé, précisant avoir échangé avec le père du marié, qui déplore également la situation. « Je condamne fermement ces agissements. Nous faisons les choses dans les règles. »
Si la cérémonie civile à la mairie est reportée à une date ultérieure, que le couple devra fixer avec les services de l'état civil, la fête n'a pas été entièrement annulée. La cérémonie coutumière, prévue dans l'après-midi au restaurant du Théâtre national de Nice, a été maintenue.
Cet incident rappelle que la célébration d'un mariage, bien qu'étant un moment de joie privée, doit se dérouler dans le respect de l'espace public et des règles qui s'appliquent à tous les citoyens.





