Le parquet de Nice a communiqué ce mercredi 28 janvier 2026 les résultats de l'autopsie de Raphaël Graven, connu sous le pseudonyme de Jean Pormanove. Le streamer, décédé en août 2024 après une diffusion en direct de 12 jours, a succombé à une défaillance cardiaque et non à une cause toxicologique, selon les experts.
Cette annonce intervient au lendemain du placement en garde à vue de ses deux co-streamers, Owen Cenazandotti, dit « Naruto », et Safine Hamadi, qui seront jugés en juillet.
Points Clés
- Le décès de Raphaël Graven est attribué à une « fonction cardio-vasculaire déficiente et instable ».
- Les analyses toxicologiques ont écarté l'hypothèse d'un empoisonnement ou d'une overdose.
- Une hyperthyroïdie sévère et d'autres pathologies préexistantes ont été identifiées.
- Les deux co-streamers seront jugés à Nice à partir du 6 juillet pour violences en réunion et autres chefs d'accusation.
Les causes médicales du décès précisées
L'enquête sur la mort de Raphaël Graven, qui avait choqué de nombreux internautes, connaît une avancée significative. Le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, a rendu publiques les conclusions des expertises médicales.
Selon le communiqué du parquet, les analyses toxicologiques et anatomopathologiques ont permis d'écarter une origine toxique au décès. En d'autres termes, la mort du streamer n'a pas été causée par une substance ingérée.
Des pathologies préexistantes
L'expertise a mis en lumière une « nette hyperthyroïdie », une condition médicale pouvant entraîner de graves complications cardiaques. Cette conclusion corrobore les premières observations du médecin légiste.
De plus, l'analyse des tissus a révélé plusieurs autres affections graves : une insuffisance respiratoire, des troubles circulatoires, une cardiopathie hypertrophique (un épaississement du muscle cardiaque) ainsi que des lésions liées à une hépatite chronique. L'ensemble de ces pathologies a conduit les experts à conclure que le décès était la conséquence d'une « fonction cardio-vasculaire déficiente et instable ».
Un procès pour violences en juillet
Parallèlement aux révélations médicales, le volet judiciaire de l'affaire se précise. Owen Cenazandotti (« Naruto ») et Safine Hamadi, les deux influenceurs qui accompagnaient Jean Pormanove durant ses derniers jours, ont été placés en garde à vue ce mardi 27 janvier.
Ils seront jugés à partir du 6 juillet prochain devant le tribunal correctionnel de Nice. Le parquet a requis leur placement sous contrôle judiciaire ainsi que le versement d'une caution en attendant le procès.
Les chefs d'accusation
Les deux hommes sont poursuivis pour une série de faits graves, notamment :
- Violences en réunion
- Diffusion d'enregistrements d'images de violences
- Provocation à la haine ou à la violence en raison du handicap ou de l'orientation sexuelle
- Violences sur mineur de 15 ans
- Violences sur mineurs avec arme
Les accusations ne concernent pas uniquement les faits subis par Raphaël Graven. Une seconde victime, Stéphane G., est également mentionnée dans la procédure. Les prévenus devront aussi répondre de violences sur un mineur, qui aurait été « jeté sur Raphaël Graven dans le cadre d'un combat de catch » filmé et diffusé.
Le contexte d'une diffusion controversée
Le drame s'est noué en août 2024. Pendant près de deux semaines, Raphaël Graven s'est filmé en direct sur la plateforme Kick, dans un appartement près de Nice. Les images, largement relayées, le montraient dans des situations de grande vulnérabilité, subissant des humiliations et des violences physiques de la part de ses partenaires de diffusion.
Cette affaire soulève de nombreuses questions sur la responsabilité des plateformes de streaming et la recherche de visibilité à tout prix sur internet.
La mort de Jean Pormanove en direct a provoqué une onde de choc et déclenché un débat sur les dérives de certains contenus diffusés en ligne. Au-delà du procès des deux co-streamers, la justice française a également ouvert une information judiciaire distincte visant directement la plateforme Kick et ses dirigeants, afin de déterminer leur éventuelle responsabilité dans cette affaire.
Le procès du 6 juillet à Nice sera donc une étape cruciale pour comprendre les dynamiques qui ont mené à ce drame et pour établir les responsabilités pénales des individus impliqués dans les violences infligées à Raphaël Graven et aux autres victimes.





