L'oligarque russe Umar Dzhabrailov, ancien résident de Monaco au passé controversé, a été retrouvé mort dans un appartement de Moscou. Alors que les autorités privilégient la thèse du suicide, sa fille conteste publiquement cette version et pointe du doigt le Kremlin, liant ce décès à la récente publication de documents sur l'affaire Epstein.
Points Clés
- Umar Dzhabrailov a été découvert sans vie à Moscou, une balle dans la tête. La version officielle est un suicide.
- Sa fille, Alvina, affirme dans une vidéo qu'il a été assassiné sur ordre du Kremlin.
- Elle lie sa mort à l'apparition de son nom dans les documents de l'affaire Epstein.
- L'oligarque avait des relations tendues avec le pouvoir russe et un historique agité à Monaco.
Une mort suspecte à Moscou
Dans la nuit de dimanche à lundi, le corps sans vie d'Umar Dzhabrailov a été découvert dans un appartement du centre de Moscou. Selon les premiers éléments communiqués, l'homme d'affaires gisait avec une balle dans la tête, un pistolet retrouvé à proximité. La piste du suicide a été immédiatement évoquée par les enquêteurs.
Cette conclusion a été vivement rejetée par sa fille, Alvina Dzhabrailov. Dans une vidéo publiée sur son compte Instagram, l'artiste qui partage sa vie entre Berlin et Monaco a formellement démenti cette version des faits.
« Mon père ne s’est pas suicidé », a-t-elle déclaré, accusant directement les autorités russes. « Vladimir Poutine l’a fait disparaître. »
Selon elle, la cause de cette disparition forcée serait à chercher dans les liens de son père avec une affaire judiciaire internationale qui a récemment refait surface.
L'ombre de l'affaire Epstein
Alvina Dzhabrailov est catégorique : la mort de son père est directement liée à l'affaire Epstein. « Il a été tué parce qu’il était lié à l’affaire Epstein », a-t-elle affirmé.
Le nom de l'ancien sénateur russe était en effet apparu dans la vague de documents judiciaires américains rendus publics il y a quelques semaines. Il était mentionné dans un échange de courriels avec Ghislaine Maxwell, la complice du financier américain Jeffrey Epstein, condamnée pour trafic sexuel de mineures.
Un contexte de surveillance
Depuis la publication de ces documents, Alvina Dzhabrailov affirme être la cible de harcèlement et craindre pour sa propre sécurité. Elle soutient que ses comptes sur les réseaux sociaux sont désormais sous la surveillance active du Kremlin, une situation qui alimente ses craintes et sa défiance envers la version officielle du décès de son père.
Cette connexion explosive, selon sa fille, aurait scellé le destin d'un homme dont les relations avec le pouvoir moscovite étaient déjà complexes et dégradées.
Un parcours entre pouvoir et disgrâce
Umar Dzhabrailov, d'origine tchétchène, n'a jamais été un oligarque ordinaire. Après avoir représenté la Tchétchénie au Conseil de la Fédération de Russie, il a vu ses liens avec le pouvoir se détériorer progressivement. En 2017, il a été exclu du parti de Vladimir Poutine, Russie unie, pour un comportement jugé inapproprié.
L'incident qui a provoqué sa chute politique s'est déroulé dans un hôtel de luxe de Moscou, où il aurait tiré un coup de feu en l'air lors d'une soirée. Cet événement a mis en lumière un personnage habitué à la violence et à l'intimidation.
Dans une interview donnée il y a moins d'un an, il décrivait sans détour comment il avait bâti sa fortune après la chute de l'URSS, se présentant comme « un type normal dans un monde de gangsters ». Il admettait alors se rendre à ses rendez-vous d'affaires « avec un pistolet sous le bras ».
La réputation sulfureuse de Dzhabrailov a été cimentée à la fin des années 90, lorsque l'un de ses principaux associés a été retrouvé mort, criblé de balles, dans le métro de Moscou.
Les années fastes et troubles à Monaco
C'est à cette même époque, à la fin des années 90, qu'Umar Dzhabrailov a jeté son dévolu sur Monaco. Son installation sur le Rocher n'a cependant pas été simple. Dès 1996, il a fait l'objet d'une procédure de refoulement, suivie d'un arrêté d'expulsion qui sera finalement annulé en 2005.
Malgré ces démêlés administratifs, l'oligarque n'a jamais caché son attachement à la Principauté, où il menait un train de vie extravagant. Il se vantait d'avoir été « le premier Russe à [s]’installer à Monaco en 1992 ».
Il prétendait avoir dépensé 5 millions de dollars en une seule année sur la Côte d'Azur, « juste pour faire la fête ». Ses premières acquisitions immobilières en témoignaient : un appartement à la prestigieuse Résidence Métropole et une villa, Le Palladium, à Menton.
L'origine de cette fortune colossale était tout aussi trouble que les circonstances de sa mort. Il avait lui-même admis avoir investi dans ces propriétés « tout l’argent gagné avec la contrebande ». Ce passé tumultueux et ces zones d'ombre alimentent aujourd'hui les doutes sur les causes réelles de sa disparition.





