Un homme de 35 ans grièvement blessé par balle en plein cœur de Nice. Le drame, survenu dimanche dans le quartier Grimaldi, a secoué les habitants et les commerçants. La victime et les suspects étant des personnes sans domicile, l'événement a ravivé un débat complexe et souvent silencieux sur la cohabitation et la précarité en centre-ville.
Points Clés
- Un homme de 35 ans a été grièvement blessé par balle à la tête dans le quartier Grimaldi à Nice.
- La victime et les cinq suspects interpellés sont des personnes sans-abri.
- L'incident a provoqué des réactions très partagées parmi les résidents et commerçants du quartier.
- Certains dénoncent un sentiment d'insécurité croissant, tandis que d'autres appellent à la compassion et à des solutions durables.
Un réveil brutal pour le quartier Grimaldi
La tranquillité du quartier Grimaldi a été brisée dimanche 23 novembre 2025. Un coup de feu a retenti sous les arcades situées à l'angle des rues de la Buffa et Maccarani, un lieu connu pour abriter des personnes sans domicile pour la nuit. Un homme de 35 ans a été retrouvé avec une grave blessure à la tête. Rapidement, les enquêteurs se sont tournés vers le milieu des personnes sans-abri, menant à l'interpellation de plusieurs individus.
Au lendemain des faits, l'atmosphère est lourde. Entre les rubans de la police et les regards des passants, les conversations tournent toutes autour du même sujet. André, qui travaille dans le quartier depuis des années, résume bien la situation : « Il faut prendre du recul. Certains vont vous dire que tout va mal tandis que pour d’autres, les choses se passent bien. »
Commerçants et résidents : des avis qui s'opposent
Les témoignages recueillis sur place révèlent une profonde fracture au sein du quartier. D'un côté, il y a la colère et l'exaspération. De l'autre, la nuance et l'empathie.
La colère de certains professionnels
Raffaele, gérant d'un café italien à proximité, ne décolère pas. Il pointe du doigt la déshérence d'une partie de la rue, censée être une galerie marchande mais aujourd'hui remplie de locaux vides. « Plus personne ne veut s’installer, il faut faire quelque chose ! Du coup, les SDF viennent là », explique-t-il.
« Quand ils sont calmes, ça va, mais s’ils boivent, ils se parlent mal. Peut-être que c’est ça qu’il s’est passé : ça a dégénéré. Je savais que ça finirait par arriver. »
Il affirme avoir contacté la police municipale à plusieurs reprises la semaine précédant le drame, sans succès. Ce sentiment d'abandon est partagé par d'autres, qui évoquent des problèmes de propreté et un sentiment d'insécurité, particulièrement pour les personnes âgées et les jeunes mères.
Une cohabitation plus nuancée pour d'autres
Cependant, cette vision n'est pas unanime. Un autre commerçant de la place estime que la situation est globalement gérée. « Ils s’installent pour la nuit et repartent le matin. Je crois que c’est le gardien de l’immeuble qui nettoie, ça a l’air de bien se passer », constate-t-il.
Ce son de cloche est partagé par de nombreux résidents. Jacques, qui promène son chien tous les matins, a même « l’impression que ça va mieux ». Il reconnaît la présence de personnes dormant sous les arcades mais assure qu'elles « ne dégradent pas ». Il ajoute : « Je n’ai jamais été témoin ni entendu parler d’une agression envers un passant. En revanche, j’ai déjà vu des personnes les insulter gratuitement. »
Un quartier aux deux visages
Le quartier Grimaldi, situé dans le « carré d'or » niçois, est un secteur à la fois résidentiel et très commerçant. La proximité de boutiques de luxe et de zones de vie plus populaires crée des dynamiques sociales complexes, où différentes populations se croisent sans toujours se mélanger. Ce drame met en lumière ces tensions latentes.
Le débat sur les solutions à long terme
Au-delà des réactions immédiates, cet événement soulève des questions plus profondes sur la gestion de l'espace public et l'aide apportée aux plus démunis.
La polémique des bancs publics
Plusieurs habitants évoquent le retrait des bancs sur la place Grimaldi, une décision prise par la municipalité il y a quelque temps. Pour certains, comme Michèle, une commerçante, cela aurait amélioré la situation. « Paraît-il que ça va mieux depuis que la Ville a enlevé les bancs », rapporte-t-elle, se basant sur les dires de ses clients.
Mais cette mesure a aussi ses détracteurs. Robert, un octogénaire, regrette amèrement cette décision. « Je suis âgé et quand je sors, je voudrais pouvoir m’asseoir faire une pause mais je ne peux plus », déplore-t-il. Pour lui, la suppression du mobilier urbain ne résout rien.
Le déplacement du problème : Selon Robert, « ça ne fait que déplacer le problème. C’était comme ça sur la place Garibaldi avant. Il faudrait trouver une solution de fond. »
Andréa, une retraitée qui promène aussi son animal de compagnie, ne se sent pas en insécurité. « Je n’ai jamais eu de problème. Oui, quand il y avait encore les bancs et qu’ils restaient là, ça ne sentait pas toujours bon mais est-ce que c’est si grave ? »
Ce drame met en évidence l'absence de consensus sur la manière de gérer la présence des sans-abri. Tandis que l'enquête se poursuit pour éclaircir les circonstances exactes de la fusillade, les habitants de Grimaldi restent avec leurs questions, leurs craintes et leurs espoirs d'une solution qui allierait sécurité et humanité.





