Une opération anti-stupéfiants menée à Nice a permis la saisie de 76 kilogrammes de drogue et l'interpellation de cinq personnes. Celles-ci ont été jugées et incarcérées deux jours seulement après leur arrestation, marquant le démantèlement d'un important réseau de livraison.
Les points clés de l'affaire
- Une saisie totale de 76 kg de stupéfiants, incluant cannabis, cocaïne et kétamine.
- Cinq individus âgés de 22 à 37 ans ont été interpellés et condamnés.
- L'enquête a débuté grâce à un renseignement anonyme sur un réseau de livraison.
- Les suspects ont été jugés en comparution immédiate et écroués.
Une enquête de plusieurs semaines
L'affaire a débuté il y a plusieurs semaines, lorsque les enquêteurs du service local de police judiciaire (SLPJ) ont reçu un renseignement anonyme. L'information concernait un réseau de livraison de stupéfiants actif à Nice et désignait un véhicule suspect.
Les policiers du groupe stupéfiants ont alors mis en place un dispositif de surveillance discret. Ils ont suivi les déplacements de la voiture et observé les agissements des personnes impliquées, attendant le bon moment pour intervenir.
L'intervention décisive rue Dabray
Le moment opportun s'est présenté ce mercredi. Après de nombreuses heures de filature, les forces de l'ordre ont été témoins d'une livraison de drogue en flagrant délit, rue Dabray à Nice. Un homme venait de déposer une importante quantité de stupéfiants chez une "nourrice", une personne chargée de stocker la marchandise.
L'intervention a été déclenchée immédiatement. Les perquisitions menées au domicile de cette personne se sont avérées fructueuses. Les enquêteurs ont mis la main sur une quantité considérable de produits illicites.
Détail de la saisie
Au total, l'opération a permis de confisquer :
- 70 kg de résine de cannabis
- 5 kg d'herbe de cannabis
- 200 g de cocaïne
- 650 g de kétamine
En plus des stupéfiants, 13 000 euros en espèces et un pistolet à grenailles ont également été saisis.
Un réseau aux rôles bien définis
L'opération a conduit à l'arrestation de cinq personnes. Le groupe était apparemment bien organisé, avec des rôles clairement répartis pour assurer le fonctionnement du trafic.
Parmi les suspects figuraient le jeune homme ayant effectué la livraison, ainsi que deux "nourrices" et deux femmes chargées des livraisons. Plusieurs d'entre eux étaient déjà connus des services de police pour des faits similaires.
Qu'est-ce qu'une "nourrice" ?
Dans le jargon des trafics de drogue, une "nourrice" est une personne qui accepte de stocker des stupéfiants, des armes ou de l'argent pour le compte d'un réseau. Souvent vulnérables, ces individus sont rémunérés pour prendre des risques importants en gardant la marchandise illégale à leur domicile.
Une réponse judiciaire immédiate
La suite judiciaire n'a pas tardé. Dès le vendredi, soit à peine 48 heures après leur interpellation, les cinq suspects ont été présentés au palais de justice de Nice. Ils ont tous reconnu leur implication dans le trafic.
Grâce à leur coopération et à un accord avec le parquet, ils ont bénéficié d'une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), aussi appelée "plaider-coupable". Cette procédure permet un jugement plus rapide lorsque les faits sont reconnus.
"Les avocats de la défense ont unanimement opté pour un jugement rapide, en accord avec le parquet. Leurs clients se sont montrés coopératifs", a-t-on appris de source proche du dossier.
Les peines prononcées s'élèvent à deux ans de prison, partiellement assortis d'un sursis simple ou probatoire. Un mandat de dépôt a été délivré pour chacun d'entre eux, entraînant leur incarcération immédiate à l'issue de l'audience.
Des profils marqués par la précarité
Lors de l'audience, les avocats de la défense ont évoqué des situations personnelles difficiles pour expliquer l'implication de leurs clients. Me Kada Sadouni a indiqué que l'une des femmes aurait accepté de jouer le rôle de nourrice pour 2 000 euros par mois, en raison d'une grande misère sociale.
Pour une autre prévenue, assistée par Me Jean-François Fouqué, c'est la pression et un engrenage qui l'auraient conduite à participer au réseau. Ces arguments soulignent la complexité des facteurs qui peuvent mener à la participation à de tels trafics.





