Le procès de Jason Gusmeroli-Gross, accusé de tentative d'assassinat, s'est ouvert à la cour d'assises des Alpes-Maritimes. Il est jugé pour avoir incendié le domicile d'une famille au Broc en septembre 2023, suite à une altercation mineure. Le père, sa compagne enceinte de sept mois et leurs deux fillettes de 3 et 6 ans ont échappé de justesse à la mort.
Cet événement tragique met en lumière les conséquences dramatiques d'un conflit qui a dégénéré, laissant une famille entière traumatisée.
Les points clés de l'affaire
- Un homme de 30 ans est jugé pour tentative d'assassinats après avoir mis le feu au logement d'une famille.
- Le mobile serait une dispute pour une cigarette, qui a dégénéré en altercation physique quelques heures avant l'incendie.
- La famille, dont une femme enceinte et deux jeunes enfants, a survécu grâce à une fenêtre sans barreaux.
- L'accusé a reconnu les faits tout en niant l'intention de tuer, évoquant l'alcool et la colère.
Une nuit de terreur dans le vieux village
Dans la nuit du mois de septembre 2023, une famille installée depuis peu dans le village du Broc a vécu un véritable cauchemar. Le père de famille a été réveillé en sursaut par des flammes qui commençaient à consumer le matelas et ses vêtements. « D’un coup, je me suis réveillé, j’ai vu les flammes », a-t-il raconté.
Il a immédiatement alerté sa compagne, alors enceinte de sept mois, et leurs deux filles de 3 et 6 ans qui dormaient dans un lit superposé. Le studio de 10 m², situé en rez-de-chaussée, se remplissait rapidement de fumée.
Un détail qui a sauvé quatre vies
La survie de la famille a tenu à une particularité architecturale. Leur logement était l'un des rares du vieux village à ne pas avoir de barreaux aux fenêtres. C'est par cette issue qu'ils ont pu s'échapper des flammes. « Ils ont eu beaucoup de chance », a résumé un gendarme lors de l'enquête.
Aujourd'hui, la famille reste profondément marquée. La mère a confié à la barre, en larmes : « C’est grave, on a failli finir brûlés, morts. » Elle a expliqué que sa fille aînée fait encore des cauchemars. La famille a déménagé du village, ne se sentant plus en sécurité.
Une altercation futile aux conséquences dramatiques
L'origine de cet acte criminel remonte à une dispute survenue la veille des faits. Une altercation a éclaté en fin d'après-midi entre le père de famille et l'accusé, Jason Gusmeroli-Gross, 30 ans. Le différend, lié à une histoire de cigarette, prenait racine dans une période de détention commune en 2023.
Ce jour-là, le père de famille s'est approché de l'accusé qui se trouvait près de son domicile. « Je me suis senti menacé par sa présence », a-t-il expliqué. Le ton est rapidement monté. Une tentative de gifle a été suivie d'un coup de tête qui a fait perdre deux dents à Jason Gusmeroli-Gross.
Des témoins, dont le garde-champêtre, sont intervenus pour séparer les deux hommes. Plusieurs personnes ont affirmé avoir entendu l'accusé proférer des menaces, déclarant qu'il allait incendier le logement de la famille.
L'enquête et le profil de l'accusé
Après l'altercation, Jason Gusmeroli-Gross aurait passé la soirée à ruminer sa colère, consommant de l'alcool. Les images de vidéosurveillance se sont révélées accablantes. Vers 4h30 du matin, on le voit, encapuchonné, remplir une bouteille avec un liquide inflammable avant de se diriger vers le domicile des victimes.
La séquence filmée est glaçante de rapidité : l'entrée dans l'immeuble, l'embrasement de la porte et la fuite n'ont duré que 28 secondes. L'analyse des enquêteurs est sans appel.
« Il a mis le feu à la porte pour qu’on ne puisse pas en sortir », a déclaré un gendarme, soulignant une intention claire de piéger les occupants.
Initialement, l'accusé a nié les faits en garde à vue. Cependant, les témoignages et des écoutes téléphoniques ont rapidement orienté les soupçons. Ses deux frères, Anthony et Yoan, sont également poursuivis pour avoir tenté de dissimuler des preuves, notamment en jetant un sac contenant les vêtements portés par l'accusé dans un ravin.
Un parcours judiciaire chargé
Jason Gusmeroli-Gross, père de famille, présente un casier judiciaire lourd de 18 mentions pour des faits de vols, violences, outrages et menaces de mort. Son parcours est marqué par une instabilité chronique et de multiples incarcérations depuis l'âge de 15 ans. Face aux enquêteurs, il s'est décrit comme « colérique » mais a affirmé « redescendre vite ».
Un mois et demi après les faits, il a finalement avoué être l'auteur de l'incendie. « Je regrette vraiment ce qu’il s’est passé. C’était sous le coup de l’alcool, de l’énervement et des stupéfiants. Je voulais leur faire peur », a-t-il déclaré au tribunal, contestant toute intention homicide.
Un procès pour tentative d'assassinats
Malgré ses dénégations sur l'intention de tuer, les charges qui pèsent sur Jason Gusmeroli-Gross sont extrêmement graves. Il est accusé de tentative d'assassinats et risque la réclusion criminelle à perpétuité.
Une conversation téléphonique interceptée depuis sa cellule semble contredire sa version. Il y déclarait à sa compagne : « Je veux leur faire quelque chose, qu’ils pensent à nous toute leur vie ». Ces mots suggèrent une volonté de marquer durablement ses victimes.
Le procès se poursuit avec l'audition des experts et des témoins. Les plaidoiries et le réquisitoire de l'avocat général sont attendus pour clore les débats. La décision de la cour déterminera le sort de l'accusé et apportera, peut-être, une forme de conclusion à une famille à jamais traumatisée par cette nuit d'horreur.





