Le procès de l'assassinat d'Ermelindo Goncalves, un jeune homme de 24 ans tué par erreur la nuit de Noël 2021, s'ouvre ce lundi devant la cour d'assises des Alpes-Maritimes à Nice. Deux des trois accusés comparaîtront pour répondre de ce meurtre commis sur fond de guerre de territoire pour le contrôle d'un point de deal.
La victime, totalement étrangère au trafic de stupéfiants, avait été abattue alors qu'elle tentait courageusement d'intercepter un commando armé qui venait de semer la terreur dans le quartier de Las Planas.
Les points clés de l'affaire
- Le procès du meurtre d'Ermelindo Goncalves, 24 ans, s'ouvre à la cour d'assises de Nice.
- La victime a été tuée par balle dans la nuit du 24 au 25 décembre 2021 dans le quartier de Las Planas.
- Deux accusés seront présents dans le box ; un troisième est en fuite.
- L'enquête a révélé que le meurtre s'inscrivait dans une lutte pour le contrôle d'un point de deal.
- Ermelindo Goncalves, décrit comme un jeune homme sans histoire, n'était pas la cible visée par le commando.
Une nuit de Noël tragique à Las Planas
Les faits remontent à la nuit du 24 au 25 décembre 2021. Il est environ minuit et demi lorsqu'une voiture s'arrête dans le quartier de Las Planas, au nord de Nice. Trois individus masqués et armés en descendent et se dirigent vers un groupe de jeunes.
Leur objectif est clair : retrouver un individu précis, lié à un trafic de stupéfiants. Mais leur cible parvient à s'échapper. Frustré, l'un des membres du commando tire plusieurs coups de feu, en l'air et sur un véhicule, avant que le trio ne prenne la fuite.
C'est à ce moment que le drame se noue. Ermelindo Goncalves, un jeune cariste de 24 ans qui passait la soirée en famille, décide avec d'autres habitants du quartier de poursuivre les fuyards. Dans la course-poursuite, il est atteint d'une balle en pleine poitrine. Son décès sera constaté peu après, à 1h10 du matin.
La victime innocente d'une guerre de territoire
L'enquête a rapidement établi qu'Ermelindo Goncalves, surnommé « Koudou », était une victime collatérale. Il n'était pas connu des services de justice et n'avait aucun lien avec les activités criminelles qui ont conduit à sa mort.
Un contexte de trafic de drogue
Cette expédition punitive s'inscrivait dans une lutte acharnée pour le contrôle d'un point de deal situé à l'est de Nice, dans le secteur Fenoglio-de-Briga. Le conflit opposait des trafiquants locaux à un groupe venu du quartier des Liserons. L'affaire a mis en lumière la violence croissante liée au trafic de cocaïne dans la ville.
Sa famille et ses proches le décrivent comme un jeune homme « souriant », « profondément gentil » et travailleur, doté d'une « hygiène de vie exemplaire ». Il venait de trouver un emploi stable et habitait le quartier de Cessole après avoir été élevé par sa tante suite au décès de sa mère.
« Nous l'aimions profondément, et nous continuerons de l'aimer, toujours », ont écrit ses proches, encore marqués par sa disparition brutale.
L'enquête et les accusés
Les enquêteurs ont progressé rapidement, notamment grâce à la découverte d'un téléphone portable perdu par l'un des suspects durant sa fuite. Le 19 janvier 2022, une opération de police menée rue de la Buffa a permis l'interpellation de trois individus.
Un quatrième homme, identifié comme le chauffeur du véhicule, a été accidentellement tué par un policier lors de son arrestation.
Des accusés déjà condamnés
Les trois hommes renvoyés devant la cour d'assises ont déjà été lourdement condamnés pour des faits liés à cette affaire. Bastien Gallo et Anass Gueddari ont écopé de peines allant jusqu'à sept ans de prison pour trafic de stupéfiants et association de malfaiteurs. Yoann Loutouffi a été condamné à quatre ans pour trafic de drogue.
Les trois suspects ont été mis en examen pour « meurtre en bande organisée », « participation à une association de malfaiteurs » et « détention d'armes ». Cependant, seuls deux d'entre eux seront présents au procès :
- Bastien Gallo, 26 ans, originaire de Marseille, suspecté d'être l'auteur du tir mortel.
- Yoann Loutouffi, 25 ans, également originaire de Marseille.
Le troisième accusé, Anass Gueddari, un Niçois de 25 ans, est en fuite depuis février 2025 et sera jugé par défaut.
Un procès pour la vérité
Le procès, qui doit durer deux semaines, s'annonce complexe. Les accusés nient les faits qui leur sont reprochés. La défense de Bastien Gallo, qui conteste être le tireur, a indiqué qu'elle réserverait ses arguments pour l'audience.
Pour la famille de la victime, représentée par Maître Adrien Verrier, l'enjeu est d'obtenir justice et de faire la lumière sur les circonstances exactes de cette nuit tragique. « Pour nous, les faits sont clairs. Un meurtre a été commis, l’identité du tireur ne fait pas de doute et les charges sont suffisantes pour caractériser l’homicide », a-t-il déclaré.
Ce procès vient rappeler la violence des guerres de gangs liées au trafic de drogue et leurs conséquences dramatiques pour des citoyens innocents pris au piège de règlements de comptes qui ne les concernent pas.





