Une opération d'envergure menée par la police judiciaire et les douanes a permis de démanteler un réseau d'importation de cocaïne qui alimentait la Côte d'Azur. Au total, 33 kilogrammes de drogue ont été saisis et quatre individus ont été interpellés dans la nuit de mercredi à jeudi, mettant un coup d'arrêt à un trafic bien organisé en provenance d'Espagne.
Les arrestations se sont déroulées simultanément dans les départements de l'Hérault et du Rhône, fruit d'une enquête minutieuse initiée à la mi-octobre par le service interdépartemental de police judiciaire (SIPJ) de Nice.
L'essentiel de l'affaire
- Une saisie totale de 33 kilogrammes de cocaïne.
- Quatre suspects interpellés au cours d'une opération coordonnée.
- Le réseau de trafic de stupéfiants approvisionnait principalement la région de Nice.
- L'enquête a révélé l'existence d'au moins neuf trajets de livraison antérieurs.
Une double interception sur l'autoroute
L'opération s'est déroulée en deux temps distincts mais étroitement liés. Tout a commencé lorsque les douaniers ont procédé au contrôle d'un véhicule de type Skoda Kodiaq au péage de Saint-Jean-de-Védas, dans l'Hérault. À bord, les agents ont découvert une première quantité de 11 kilogrammes de cocaïne, conduisant à l'arrestation immédiate des deux occupants.
Cette première interpellation a déclenché une action rapide de la part des enquêteurs du SIPJ 06, qui surveillaient un autre véhicule suspect, un Dodge, circulant plus au nord. Craignant que les trafiquants ne soient alertés, les policiers sont intervenus sur une aire de repos dans le Rhône pour intercepter le conducteur.
Des caches aménagées avec soin
La fouille du second véhicule a révélé l'ingéniosité du réseau. Les enquêteurs ont découvert des caches spécialement aménagées sous le plancher de la voiture. Celles-ci dissimulaient 22 kilogrammes supplémentaires de cocaïne, portant le total de la saisie à 33 kilogrammes.
Un quatrième suspect, un homme de nationalité albanaise résidant à Manosque (Alpes-de-Haute-Provence), a été arrêté en marge du convoi. Il est le seul des quatre individus à nier son implication dans ce trafic.
Profil des suspects
Les quatre personnes interpellées sont âgées de 29 à 64 ans. Outre le suspect albanais, les trois autres sont originaires d'Espagne, d'Uruguay et du Chili. Ils ont été placés en garde à vue prolongée sous le régime de la criminalité organisée.
Une enquête de plusieurs semaines
Ce coup de filet est l'aboutissement d'une enquête préliminaire ouverte à la mi-octobre par le pôle spécialisé du parquet de Nice. Pendant plusieurs semaines, les policiers de la brigade des stupéfiants ont travaillé à identifier les membres et le fonctionnement de ce réseau d'approvisionnement.
Dans un communiqué, le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, a précisé que l'enquête avait nécessité le recours à des moyens importants.
« Différentes techniques spéciales [ont été] autorisées et mises en œuvre dans le cadre de cette enquête pour préciser le fonctionnement du circuit d’approvisionnement et identifier ses participants », a-t-il déclaré.
L'enquête a permis de déterminer que ce convoi n'était pas le premier. Les investigations ont mis en lumière l'existence de près de neuf trajets antérieurs qui auraient servi à des livraisons de stupéfiants, notamment sur le secteur de Nice. Les perquisitions menées après les arrestations ont également permis la saisie de 6400 euros en espèces.
Une collaboration inter-services
Le succès de cette opération repose sur une forte collaboration entre plusieurs services. L'enquête, pilotée par le SIPJ de Nice, a bénéficié de l'appui des services de police judiciaire de Montpellier et de Lyon, ainsi que de l'intervention décisive des douanes. Le parquet de Montpellier s'est dessaisi de sa procédure au profit de celui de Nice pour centraliser les poursuites.
Des poursuites judiciaires imminentes
Après leur garde à vue, les quatre suspects ont été déférés ce dimanche devant le parquet de Nice. Ils devront répondre des chefs d'importation et de trafic de stupéfiants en bande organisée, ainsi que de délits douaniers.
Ils devraient être jugés dès ce lundi dans le cadre d'une procédure de comparution immédiate devant le tribunal correctionnel. En attendant l'audience, le parquet a requis leur placement en détention provisoire.
Cette affaire illustre une nouvelle fois la détermination des autorités à lutter contre les réseaux de narcotrafic qui tentent d'irriguer la Côte d'Azur et d'autres régions françaises depuis les frontières européennes.





