L'affaire concernant un enseignant de l'école maternelle Pasteur à Saint-Laurent-du-Var a connu un nouveau développement ce jeudi 6 novembre 2025. Une quatrième famille a déposé plainte au commissariat de Cagnes-sur-Mer, accusant le professeur de faits qualifiés de viols sur leur fille de quatre ans.
Cette nouvelle plainte s'ajoute à trois autres déposées au cours du mois d'octobre, ravivant l'inquiétude et la tension au sein de la communauté scolaire. L'enseignant, qui exerce en moyenne section, reste présumé innocent des faits qui lui sont reprochés.
Les points clés de l'affaire
- Une quatrième plainte pour des faits de viols présumés a été déposée le 6 novembre 2025.
- La plaignante est une fillette de 4 ans scolarisée à l'école maternelle Pasteur.
- Deux premières plaintes avaient été classées sans suite par le parquet de Grasse en octobre.
- Les familles des deux premiers plaignants ont relancé la procédure via une plainte avec constitution de partie civile.
- L'enseignant mis en cause est présumé innocent et avait réintégré sa classe, suscitant la controverse.
Le témoignage troublant d'une mère
La famille à l'origine de cette quatrième plainte a décrit une dégradation rapide et significative du comportement de leur enfant. La mère de la fillette a rapporté aux autorités une série de changements alarmants observés chez sa fille.
Selon ses déclarations, l'enfant a commencé à souffrir de cauchemars fréquents et à développer des peurs intenses. « Elle se met désormais à avoir peur de tout et à réagir à ces peurs de manière disproportionnée », a-t-elle expliqué. Ce témoignage met en lumière une angoisse profonde chez la petite fille.
« Elle a montré des signes de régressions comportementales. Dès qu'elle est en situation de stress ou de peur, elle se renferme, ne parle plus, hormis quelques cris. »
Ces éléments, qui s'apparentent à des symptômes de traumatisme, ont poussé les parents à agir et à saisir la justice. Ils espèrent que l'enquête permettra de faire la lumière sur l'origine de la détresse de leur enfant.
Un contexte judiciaire complexe
Cette nouvelle action en justice intervient dans un dossier déjà complexe. L'affaire a débuté le 1er octobre 2025, lorsque les parents de deux garçons de quatre ans, également scolarisés dans la classe de l'enseignant, ont déposé les premières plaintes pour des faits similaires.
Chronologie des événements
- 1er octobre 2025 : Dépôt de deux premières plaintes par les parents de deux garçons.
- 21 octobre 2025 : Le procureur de la République de Grasse classe les plaintes sans suite.
- 22 octobre 2025 : Les deux familles déposent une plainte conjointe avec constitution de partie civile pour relancer l'enquête.
- 31 octobre 2025 : Une troisième plainte est déposée par les parents d'une fillette.
- 6 novembre 2025 : Dépôt d'une quatrième plainte.
Le classement sans suite initial
Le 21 octobre, le procureur de la République de Grasse, Eric Camous, avait décidé de classer les deux premières plaintes. Il avait alors déclaré qu'après enquête, « il n’existe aucune charge susceptible de laisser soupçonner la réalité des faits qui ont été rapportés à la justice ».
Cette décision avait provoqué la consternation des familles plaignantes. Déterminées à obtenir des réponses, elles ont immédiatement réagi. Par l'intermédiaire de leurs avocats, Maîtres Audrey Giordan et Romain Guerinot, elles ont déposé dès le lendemain une plainte avec constitution de partie civile. Cette procédure permet de demander la désignation d'un juge d'instruction pour mener une enquête plus approfondie.
Une troisième plainte, concernant une autre fillette de quatre ans, avait ensuite été enregistrée le 31 octobre, renforçant la détermination des parents à se faire entendre.
Un climat de tension à l'école Pasteur
L'affaire a créé un climat de grande tension au sein de l'école maternelle Pasteur, située dans le groupe scolaire de la gare à Saint-Laurent-du-Var. La réintégration de l'enseignant dans sa classe après le classement des premières plaintes avait été mal vécue par une partie des parents d'élèves.
Face à cette situation, certains parents avaient décidé de ne plus envoyer leurs enfants à l'école, et une pétition avait été envisagée pour demander une nouvelle fois la suspension de l'enseignant à titre conservatoire, le temps que la justice se prononce définitivement.
La présomption d'innocence reste le principe fondamental de la procédure judiciaire. Cependant, l'accumulation des plaintes et la nature des accusations pèsent lourdement sur l'établissement et sa communauté.
Avec ce quatrième dépôt de plainte, l'enquête pourrait prendre une nouvelle dimension. Le juge d'instruction, s'il est saisi, devra examiner l'ensemble des témoignages et des éléments pour tenter d'établir la vérité dans cette affaire particulièrement sensible, qui touche à la protection des plus jeunes.





