Le maire de Nice, Christian Estrosi, et son épouse ont fait une découverte choquante vendredi soir en rentrant à leur domicile. Une tête de porc, accompagnée d'une étoile jaune et d'une affiche de campagne dégradée, était accrochée aux grilles de leur résidence. Une enquête a été immédiatement ouverte.
L'essentiel de l'affaire
- Une tête de porc a été accrochée à la grille du domicile personnel de Christian Estrosi à Nice.
- L'acte était accompagné de symboles à caractère antisémite, notamment une étoile jaune.
- Le maire a déposé plainte et a déclaré qu'il ne se laisserait pas intimider.
- Une enquête a été ouverte pour menaces, outrages et provocation à la haine religieuse.
Découverte et intervention des forces de l'ordre
C'est en fin de journée, ce vendredi, que Christian Estrosi et son épouse ont été confrontés à cette scène. En arrivant à leur résidence, ils ont trouvé une tête de porc suspendue à leur portail. L'objet était accompagné d'une affiche électorale du maire, barrée d'une insulte, ainsi que d'une étoile jaune, symbole de la persécution des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale.
Les services de police ont été alertés sans délai. La police municipale et la police nationale se sont rendues sur les lieux pour effectuer les premières constatations. Le Service local de police judiciaire (SLPJ) a ensuite pris le relais pour procéder aux relevés d'empreintes et à l'analyse de la scène.
Un contexte de campagne électorale
Cet acte intervient alors que Christian Estrosi est en pleine campagne pour sa réélection à la mairie de Nice. Le maire a souligné que sa famille était directement visée, précisant que sa fille et sa nounou se trouvaient à l'intérieur du logement au moment des faits.
Une connotation antisémite dénoncée
Christian Estrosi a immédiatement qualifié cet acte d'« odieux » et a souligné son caractère antisémite. « Dans cette affaire, on ne menace pas que moi, on menace également ma famille, ma femme étant de confession juive », a-t-il déclaré.
Le maire a fermement condamné cette attaque, la replaçant dans un contexte national de montée de l'antisémitisme. Il a réaffirmé sa détermination à combattre ce phénomène.
« Nous sommes dans un contexte national où l’on voit un antisémitisme qui a pris des proportions de plus en plus effrayantes. Je n’ai cessé de le combattre. »
Malgré le choc, le maire de Nice a assuré qu'il ne céderait pas à l'intimidation. « Je ne me laisserai pas intimider par qui que ce soit », a-t-il insisté, exprimant son « dégoût » face à la tournure que prennent certains aspects de la campagne.
L'enquête judiciaire en cours
Le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, a confirmé l'ouverture d'une enquête. Les qualifications retenues sont graves : « menaces et outrages sur personne dépositaire de l’autorité publique et provocation publique à la haine ou à la violence en raison de la religion ».
L'enquête a été confiée au Service local de police judiciaire. Les premiers éléments, issus de l'exploitation des caméras de vidéosurveillance, montreraient un individu agissant seul.
Les enquêteurs travaillent activement pour identifier et interpeller l'auteur de ces faits. Le préfet des Alpes-Maritimes, Laurent Hottiaux, a réagi sur les réseaux sociaux en condamnant « très fermement cet acte abject ».
Réactions et condamnations
Le préfet a également assuré que « tout est mis en oeuvre par les services de police pour rechercher, interpeller et mettre à la disposition de la justice, le plus rapidement possible, l’auteur de cet acte ».
De nombreuses personnalités politiques locales et nationales ont exprimé leur soutien à Christian Estrosi et à sa famille, condamnant unanimement un acte qui franchit une ligne rouge dans le débat démocratique. Le député des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, a par exemple dénoncé un acte « ignoble ».
Christian Estrosi, pour sa part, a conclu en affirmant sa volonté d'élever le niveau du débat : « J’essaie de tenir cette ville dans un esprit de rassemblement et d’unité, de respect, de la dignité de la personne. [...] Ça m’incite aussi à relever tous les jours un peu plus le débat. »





