Le tribunal correctionnel de Nice a condamné jeudi soir quatre hommes à des peines allant de quatre à six ans de prison ferme pour leur participation à un trafic international de cocaïne. L'opération, qui a permis la saisie de près de 34 kilogrammes de drogue, a mis fin à une filière bien organisée qui opérait entre l'Espagne et la Côte d'Azur.
Les points clés de l'affaire
- Quatre hommes condamnés à des peines de 4 à 6 ans de prison ferme.
- Saisie totale de près de 34 kg de cocaïne destinés au marché niçois.
- Une amende douanière de plus de 2 millions d'euros a été imposée.
- Les condamnés font l'objet d'une interdiction définitive du territoire français.
Le verdict du tribunal de Nice
Après plusieurs heures de délibération, la décision est tombée. Les quatre prévenus, qui comparaissaient ensemble dans le box des accusés, ont été reconnus coupables d'importation et de transport de stupéfiants. Les peines prononcées par le tribunal, bien que sévères, sont légèrement inférieures aux réquisitions du ministère public.
La procureure, Sabine Neale, avait en effet demandé des peines allant jusqu'à huit ans de prison pour deux des accusés, soulignant la gravité des faits et l'organisation du réseau. Elle a qualifié leur participation de « choix délibéré, conscient et lourd de conséquences », écartant l'idée qu'ils n'étaient que de simples exécutants.
Une amende record
En plus des peines de prison, les quatre hommes ont été condamnés solidairement à payer une amende douanière de plus de 2 millions d'euros. Ce montant correspond à la valeur marchande estimée des 34 kilogrammes de cocaïne saisis par les autorités.
Le tribunal a également prononcé une interdiction définitive du territoire français à l'encontre des quatre hommes, de nationalités uruguayenne, chilienne, espagnole et albanaise.
Une interpellation en cascade
Le démantèlement de ce réseau est le fruit d'une enquête de plusieurs semaines menée par la police judiciaire de Nice. Les enquêteurs surveillaient les agissements du groupe lorsqu'un nouveau convoi a pris la route depuis l'Espagne le 26 novembre dernier.
Le plan des trafiquants, qui consistait à utiliser trois véhicules circulant à une demi-heure d'intervalle, a été perturbé par un événement imprévu. Au péage de Saint-Jean-de-Védas, dans l'Hérault, les douaniers ont procédé à un contrôle de routine sur l'un des véhicules, une Skoda Kodiaq.
À bord, ils ont découvert 11,1 kg de cocaïne et ont interpellé les deux occupants, Mauro Marrero Rivero, 29 ans, et Ignacio Concha Espinoza, 30 ans. Cette première arrestation a déclenché une réaction en chaîne.
La fin du convoi
Alertés, les enquêteurs de la police judiciaire niçoise ont accéléré leur intervention. Alors que le véhicule ouvreur parvenait à s'échapper, le troisième véhicule, un Dodge Caliber, a été intercepté sur une aire d'autoroute près de Lyon.
Le conducteur, Francisco Colome Canas, un Espagnol de 64 ans, transportait 22,88 kg de cocaïne dissimulés dans une cache aménagée sous le plancher du côté passager. Un quatrième suspect, Edmond Nikolli, un Albanais de 45 ans, a été arrêté peu après à Manosque.
Une logistique bien établie
L'enquête a révélé une méthode de travail sophistiquée. Les convoyeurs recevaient des instructions précises et en temps réel par téléphone, telles que « Arrête-toi » ou « Passe le péage », afin de minimiser les risques d'interception.
Des motivations financières
Au cours du procès, les prévenus ont justifié leurs actes par des difficultés financières ou le désir d'améliorer leur situation. Francisco Colome Canas, le conducteur de 64 ans, a admis avoir effectué « six ou sept voyages » pour lesquels il était rémunéré 1 200 euros par trajet. Les enquêteurs estiment cependant qu'il en aurait réalisé au moins neuf.
Face à la présidente du tribunal, Marion Menot, qui l'interrogeait sur sa conscience de la gravité des faits, il a simplement répondu : « Maintenant, je m'en rends compte. »
« On est loin des petites mains ! » - Sabine Neale, procureure de la République.
De son côté, Edmond Nikolli a d'abord nié toute implication avant de reconnaître une participation minimale. Il a cependant été confronté à des éléments prouvant qu'il avait été vu au volant du Dodge à Cannes et à Nice.
Les avocats de la défense, dont Me Kada Sadouni et Me Adrien Verrier, ont plaidé pour la clémence, soulignant le profil de leurs clients et demandant au tribunal de ne pas suivre les réquisitions jugées excessives du parquet. Si les peines ont été légèrement réduites, le verdict confirme la fermeté de la justice face au trafic de drogue à grande échelle.





