La municipalité du Broc a officiellement mis fin au projet controversé de construction d'un centre de valorisation des déchets. Cette décision, annoncée par le maire Philippe Heura le 5 novembre 2025, intervient avant même la fin de la période de concertation publique, en réponse directe à une opposition massive des habitants et des associations locales.
L'essentiel
- Le projet de centre de valorisation des déchets au Broc est officiellement annulé par la mairie.
- La décision a été prise suite à une forte mobilisation des résidents locaux et des communes voisines.
- Malgré cette victoire, les associations d'opposants maintiennent une manifestation pour demander la protection définitive du site.
- L'entreprise Neriva, propriétaire du terrain, regrette une décision qu'elle juge prise sans dialogue approfondi.
Une annulation dictée par l'opposition citoyenne
Le projet prévoyait l'installation d'une usine de valorisation des déchets dans le secteur des Vallières, à proximité du lac du Broc. L'objectif était de transformer une partie des déchets du département en combustibles destinés à diverses industries, notamment le travail du bois et le stockage de données numériques.
Cependant, dès son annonce, le projet a soulevé de vives inquiétudes. Plusieurs collectifs de citoyens et des élus locaux se sont rapidement mobilisés, craignant des nuisances importantes. Les principales préoccupations concernaient les risques de pollution atmosphérique, sonore, aquatique et l'augmentation du trafic routier dans une zone appréciée pour son cadre naturel.
La décision rapide de la municipalité
Face à l'ampleur de la contestation, le maire du Broc, Philippe Heura, a pris une décision radicale. Dans un courrier adressé aux habitants, il a reconnu que le projet avait « suscité de nombreuses réactions, interrogations et inquiétudes ». En conséquence, l'équipe municipale a décidé d'annuler purement et simplement son installation.
Cette décision a été prise le 5 novembre, soit plus de deux semaines avant la clôture de la concertation publique prévue le 23 novembre. « Les gens n’en veulent pas, on se plie aux avis et on ne fait pas », a déclaré sobrement le maire, admettant avoir été surpris par l'intensité de la défiance publique.
Une mobilisation massive
Selon l'Association pour la protection des sites du Clos Martel, des Vallières et du Plan de l’Estéron (APSCMVPE), près de 400 personnes se sont inscrites pour donner leur avis lors de la concertation publique, la quasi-totalité exprimant une opinion défavorable au projet.
La vigilance reste de mise pour les opposants
Pour les collectifs mobilisés contre le projet, l'annonce de l'annulation est une victoire majeure. Jean-Claude Rollin, président de l'APSCMVPE, se réjouit de cette issue, soulignant que plusieurs communes voisines s'étaient également positionnées contre l'installation de l'usine.
Toutefois, la méfiance demeure. Les opposants craignent que l'histoire ne se répète. Un projet similaire avait déjà été envisagé sur le même site en 2013, avant d'être abandonné face à une contestation similaire. « Le combat n’est pas fini », prévient Jean-Claude Rollin.
Un précédent en 2013
Ce n'est pas la première fois qu'un projet industriel sur ce site est abandonné. En 2013, un projet aux caractéristiques similaires avait également été stoppé net par une forte opposition locale, créant un précédent qui alimente aujourd'hui la prudence des associations.
Un rassemblement maintenu pour « sanctuariser » la zone
Malgré l'annulation, l'association a décidé de maintenir son rassemblement prévu le 15 novembre. L'objectif est désormais d'obtenir des garanties à long terme pour la protection du site. Les manifestants demandent à la mairie de prendre des mesures concrètes pour « sanctuariser la zone ».
La principale inquiétude est que la société Neriva, qui devait exploiter le complexe, est toujours propriétaire du terrain. Les opposants demandent donc la résiliation du bail emphytéotique qui lui a été accordé, afin d'éviter qu'un nouveau projet ne voie le jour dans quelques années.
La déception de l'opérateur industriel
Du côté de l'entreprise Neriva, la décision est accueillie avec regret. Jonathan Teadi, son directeur général, a exprimé sa déception face à ce qu'il perçoit comme un manque de dialogue.
« Je regrette que les gens n’aient pas souhaité écouter et comprendre le vrai projet. Ils n’ont pas voulu échanger et pour cela, on prive tout un territoire », a-t-il déclaré.
L'entreprise, qui avait déjà engagé plusieurs démarches administratives auprès des services de l'État, doit maintenant évaluer la situation. Des discussions sont prévues dans les prochains jours avec les différents partenaires, y compris la mairie du Broc, pour déterminer les suites à donner à cet abandon et l'avenir du terrain.





