Une intervention des forces de l'ordre dans un appartement niçois a permis de démanteler un possible réseau de trafic d'oiseaux. Au total, 45 chardonnerets élégants, une espèce protégée, ont été saisis et un homme a été placé en garde à vue. L'opération met en lumière le braconnage croissant qui menace cette espèce en France.
L'essentiel de l'affaire
- Une opération de police a eu lieu dans un quartier populaire de Nice suite à un signalement.
- Près de 100 oiseaux ont été découverts, dont 45 chardonnerets élégants, une espèce protégée.
- Un homme a été interpellé et une enquête a été ouverte pour détention et vente illicites d'espèces protégées.
- Le chardonneret élégant est une espèce classée "vulnérable" dont la population a chuté de 30 % en dix ans en France.
Intervention matinale dans un appartement niçois
C'est aux premières lueurs du jour, vendredi dernier, que l'opération a été déclenchée. Six policiers, accompagnés d'agents de l'Office Français de la Biodiversité (OFB), sont intervenus dans un appartement situé dans un quartier populaire de Nice. Cette action fait suite à un signalement reçu en décembre par l'association de défense des animaux Stéphane Lamart, qui alertait sur une "détention massive d'oiseaux sauvages protégés".
L'intervention, confirmée par le parquet de Nice, a été préparée avec soin pour garantir la sécurité des agents et le bien-être des animaux. L'objectif était de vérifier les informations transmises et de mettre fin à une potentielle activité illégale.
Une découverte significative
À l'intérieur du logement, les enquêteurs ont fait une découverte saisissante. Près d'une centaine d'oiseaux étaient détenus en captivité dans des conditions qui font l'objet de l'enquête. Parmi eux, les agents ont formellement identifié 45 chardonnerets élégants (Carduelis carduelis).
Cette espèce est strictement protégée en France depuis 1981 en raison de la fragilité de sa population. En plus des oiseaux, plusieurs milliers d'euros en liquide ont été retrouvés sur les lieux, suggérant une activité commerciale organisée.
Le chardonneret : une cible de choix
Le chardonneret élégant est particulièrement prisé des trafiquants pour deux raisons principales : la beauté de son plumage tricolore (rouge, noir et jaune) et la qualité de son chant mélodieux. Ces caractéristiques en font un oiseau de cage très recherché sur le marché noir.
Un trafic motivé par l'appât du gain
Le trafic d'oiseaux protégés est une activité lucrative. Selon les associations de protection de la nature, un chardonneret peut se vendre plusieurs centaines d'euros au marché noir, en fonction de la qualité de son chant. Cette demande alimente un braconnage intense qui exerce une pression considérable sur les populations sauvages.
L'homme interpellé lors de l'opération a été placé en garde à vue. Le parquet de Nice a ouvert une enquête pour plusieurs chefs d'accusation, notamment :
- Détention illicite d'espèces protégées
- Ouverture et exploitation d'un établissement détenant des animaux non domestiques sans autorisation
- Mise en vente d'espèces animales non domestiques
"Le braconnage du chardonneret ne cesse d’augmenter en France", alerte l'Office Français de la Biodiversité, qui souligne le statut précaire de l'espèce.
Une espèce en déclin préoccupant
La saisie de Nice n'est malheureusement pas un cas isolé. L'OFB rappelle que le chardonneret élégant est classé comme espèce "vulnérable" sur la liste rouge nationale. Les chiffres sont alarmants : la population de chardonnerets a diminué d'au moins 30 % en seulement dix ans sur le territoire français. La destruction de son habitat et le braconnage sont les principales menaces qui pèsent sur sa survie.
Que dit la loi ?
La législation française est très stricte concernant les espèces protégées. La capture, la détention, le transport ou la vente d'un chardonneret élégant sont des délits. Les peines encourues peuvent aller jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 150 000 euros d'amende. Ces sanctions visent à dissuader les trafiquants et à protéger la biodiversité.
Quel avenir pour les oiseaux saisis ?
Suite à l'intervention, une évaluation de l'état de santé des oiseaux a été réalisée. Sur les 45 chardonnerets saisis, 21 spécimens sauvages qui n'étaient pas bagués ont été jugés aptes à être relâchés dans la nature. Ils ont pu retrouver leur liberté dans un environnement adapté.
Les autres oiseaux, dont l'état nécessitait une attention particulière ou dont l'origine devait être vérifiée, ont été confiés à un centre de soins spécialisé. Ils y recevront les traitements nécessaires avant qu'une décision ne soit prise quant à leur avenir, en espérant un retour à la vie sauvage pour le plus grand nombre.





