Un tournant historique pour la protection des océans a eu lieu ce samedi à Nice avec l'entrée en vigueur officielle du Traité des Nations Unies sur la protection de la haute mer. Cet accord, signé par 85 pays, établit pour la première fois un cadre juridique pour la gouvernance des eaux internationales, qui couvrent près de la moitié de la planète.
La cérémonie, qui s'est tenue à l'hôtel de ville, consacre également le rôle central de la capitale azuréenne dans la diplomatie environnementale mondiale. Nice devient en effet le siège d'une nouvelle coalition internationale et se prépare à accueillir la première aire marine protégée issue de ce traité.
L'essentiel
- Le Traité des Nations Unies sur la protection de la haute mer est officiellement entré en vigueur le 17 janvier 2026 à Nice.
- Nice a été désignée ville siège de la Coalition mondiale des villes côtières et des îles, devenant une ville onusienne déléguée.
- Une première aire marine protégée sera créée au large de Nice, s'étendant sur 7 km de long et 3 km de large.
- Le traité, signé par 85 nations, instaure une gouvernance partagée pour les eaux internationales, jusqu'alors non réglementées.
Une nouvelle ère pour la gouvernance des océans
La haute mer, qui représente plus de 60 % de la surface des océans et près de 50 % de la surface totale de la Terre, était jusqu'à présent une vaste zone sans juridiction claire. L'entrée en vigueur du traité marque la fin de cette ère. Kamal Amakrane, envoyé spécial du président de l'assemblée générale des Nations Unies, résume ce changement fondamental : « Jusqu’à aujourd’hui, 50 % de la planète n’étaient pas gouvernés. Avant, cela n’appartenait à personne, aujourd’hui, ça appartient à tout le monde. »
Cette nouvelle gestion partagée est qualifiée de « copropriété mondiale de l’océan » par Olivier Poivre d’Arvor, ambassadeur français pour les pôles et les enjeux maritimes. Selon lui, c'est grâce à l'impulsion donnée par la Conférence des Nations Unies sur l'Océan (UNOC 3), tenue à Nice en juin 2025, que cette avancée a pu se concrétiser.
« C’est aujourd’hui que commence la copropriété mondiale de l’océan grâce à ce Traité de Nice. »
Qui sont les acteurs de cette gouvernance ?
Les 85 pays signataires forment le socle de cette nouvelle administration. Les décisions concernant la biodiversité marine, la recherche scientifique ou encore le partage des ressources seront prises collectivement sous l'égide des Nations Unies. Bien que les États-Unis n'aient pas encore ratifié le texte, un point commun dans leur politique internationale, la dynamique est positive.
« Ces 85 pays vont probablement passer à 130 avec l’arrivée de la Chine, de l’Inde... », a précisé Olivier Poivre d’Arvor. Il estime que les nations engagées représenteront au final « au moins 85 % des millièmes de la copropriété », une majorité suffisante pour prendre des décisions engageantes pour l'avenir des océans.
Nice, un nouveau centre pour la diplomatie maritime
L'événement de samedi n'a pas seulement activé le traité, il a également propulsé Nice sur la scène diplomatique mondiale. La ville a été officiellement proclamée siège de la Coalition mondiale des villes côtières et des îles. Cette nouvelle entité, présidée par le maire de Nice, Christian Estrosi, a pour mission de faire entendre la voix des territoires littoraux au sein des Nations Unies.
Qu'est-ce que la Coalition mondiale des villes côtières et des îles ?
Cette coalition rassemble près de 500 villes et territoires littoraux de tous les continents. Son objectif est d'influencer les décisions internationales relatives à l'océan en représentant directement les populations et les économies les plus concernées par la santé des écosystèmes marins. Le siège sera installé à la gare maritime du port de Nice.
« Cette coalition portera désormais la voix des territoires aux Nations Unies lors de la prise de décisions importantes », a déclaré Christian Estrosi. Il a souligné que cette position offre à la ville une influence directe sur les politiques mondiales de protection marine. La première réunion de travail de la coalition après sa constitution à Nice se tiendra prochainement à Dakhla, au Maroc.
La création de la première aire marine protégée
L'une des premières actions concrètes découlant du traité sera la création d'une aire marine protégée (AMP) au large de Nice. Ce projet pilote servira de modèle pour les futures zones de protection qui seront établies dans les eaux internationales.
L'aire marine protégée de Nice en chiffres
- Localisation : De la pointe de l'aéroport au cap de Nice.
- Superficie : 7 kilomètres de long sur 3 kilomètres de large.
- Objectifs : Protéger la biodiversité (plancton, faune, flore), préserver une grotte à corail unique et encadrer les activités humaines comme la plongée et la pêche traditionnelle.
Selon Christian Estrosi, cette aire marine « garantira la diversité du plancton, de la flore, de la faune sous-marines ». Le projet vise à démontrer que la protection de la haute mer a des répercussions directes et positives sur les zones côtières. La finalisation administrative du projet est attendue d'ici la fin du mois de février, avec la signature de l'État français via la préfecture.
Cet engagement local, soutenu par un cadre international, illustre parfaitement l'esprit du Traité de Nice : une responsabilité partagée pour un bien commun, où les actions locales et la gouvernance mondiale se renforcent mutuellement pour préserver l'avenir de notre planète bleue.





