La maison d'arrêt de Nice fait face à un afflux constant de colis lancés par-dessus ses murs. Cette pratique, qualifiée d'« infernale » par le personnel pénitentiaire, met en péril la sécurité et les conditions de travail des agents, alors que les dispositifs anti-projections peinent à contenir le volume des envois illicites.
Points Clés
- Des colis sont jetés quotidiennement par-dessus les murs de la prison de Nice.
- Ces paquets contiennent des objets illicites comme des téléphones, drogues et armes.
- Les filets anti-projections sont saturés et menacent de céder sous le poids.
- Les agents pénitentiaires dénoncent des conditions de travail dégradées et des risques accrus.
- Un renforcement des mesures de sécurité est réclamé, incluant des investissements nationaux.
Une pratique quotidienne aux conséquences graves
Chaque jour, des paquets sont lancés depuis l'extérieur vers l'intérieur de la maison d'arrêt de Nice. Cet établissement, situé en plein centre-ville, est particulièrement exposé à ce phénomène. Le syndicat Ufap-Unsa Justice a récemment alerté sur l'ampleur de cette pratique, en partageant des images des filets anti-projections.
Ces filets, installés pour intercepter les objets, sont désormais surchargés. Ils plient sous le poids accumulé des colis. Nordine Souab, secrétaire local du syndicat, exprime son inquiétude : « Les projections sont si pesantes qu’il va céder. » La rupture de ces dispositifs pourrait faciliter encore davantage l'introduction d'objets illicites.
Un fait marquant
Début novembre, un couteau avec une lame de 12 cm a été découvert dans l'un de ces colis. Ce type de découverte souligne la dangerosité des objets introduits.
Contenu des colis et risques associés
Les paquets jetés contiennent une variété d'articles interdits. Parmi eux, on trouve des téléphones portables, des cigarettes, du cannabis et de l'alcool. Mais la liste ne s'arrête pas là : de la viande, des bonbons et même des lames destinées à scier les barreaux sont également dissimulés dans ces envois clandestins.
L'introduction de ces objets représente un risque majeur pour la sécurité de l'établissement. Les téléphones portables permettent aux détenus de maintenir des liens avec l'extérieur, potentiellement pour organiser des activités criminelles. Les drogues et l'alcool peuvent générer des tensions et des violences au sein de la prison.
Impact sur les agents et l'établissement
Pour les agents pénitentiaires, cette situation est intenable. Le syndicat parle d'une pratique « infernale » qui dégrade leurs conditions de travail. Nordine Souab explique que cela « peut créer de la tension supplémentaire » et ajoute « du stress et des risques supplémentaires dans ce travail qui est déjà compliqué ».
Les colis récupérés par les détenus obligent les agents à multiplier les fouilles de cellules. Ces fouilles sont chronophages et exposent le personnel à des situations potentiellement dangereuses. La maison d'arrêt de Nice accueille 630 détenus, ce qui représente une surpopulation d'environ 200 %. Cette densité rend la gestion des incidents encore plus complexe.
Contexte de surpopulation
La maison d'arrêt de Nice est en situation de surpopulation carcérale. Avec 630 détenus pour une capacité bien moindre, la gestion de la sécurité et des incidents est rendue plus difficile pour le personnel.
Demandes de renforcement de la sécurité
Face à cette situation critique, le syndicat des agents pénitentiaires réclame un renforcement des mesures de sécurité. Une des propositions consiste à décaler le grillage actuel, ce qui permettrait de mieux intercepter les colis lancés et de les empêcher d'atteindre les zones accessibles aux détenus.
Au niveau national, des initiatives sont déjà en cours. Le ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé un investissement de 29 millions d'euros. Ce budget est destiné à renforcer la sécurité des plus grands établissements pénitentiaires français.
« Nous demandons des moyens supplémentaires pour assurer notre sécurité et celle de l'établissement », a déclaré un représentant syndical.
Lutte contre les téléphones portables et les drones
L'objectif de cet investissement est clair : atteindre le « zéro portable en prison ». Pour y parvenir, des dispositifs anti-drones seront notamment installés. Les drones sont de plus en plus utilisés pour acheminer des colis au-dessus des murs des prisons, rendant les méthodes traditionnelles de détection obsolètes.
Ces nouvelles technologies visent à limiter l'introduction de smartphones et à contrer les activités criminelles qui peuvent être organisées depuis l'intérieur des prisons. La modernisation des infrastructures de sécurité est essentielle pour faire face à l'ingéniosité croissante des tentatives d'introduction illicite.
- Installation de dispositifs anti-drones.
- Décalage des grillages existants.
- Multiplication des fouilles préventives.
- Sensibilisation accrue des personnels.
La situation à la maison d'arrêt de Nice est représentative d'un problème plus large touchant de nombreuses prisons en France. La lutte contre les projections de colis nécessite une approche globale, combinant renforcement physique des installations, nouvelles technologies et soutien accru au personnel pénitentiaire.





