Les tramways de Nice sont désormais au cœur d'une expérimentation nationale visant à renforcer la sécurité sur le réseau. Depuis le 27 décembre 2025, des caméras frontales sont installées sur certains véhicules dans le cadre d'un projet pilote qui s'étendra jusqu'en 2028. L'objectif principal est de mieux comprendre les causes des accidents et d'améliorer la formation des conducteurs.
Cette initiative, encadrée par une nouvelle loi sur la sûreté dans les transports, a été lancée en réponse à des statistiques préoccupantes. En 2025, plus de 1 400 collisions impliquant des tramways ont été recensées en France, entraînant des blessures graves et des décès. Nice, comme 29 autres agglomérations françaises, participe à cette démarche pour trouver des solutions concrètes.
Les points clés
- Une expérimentation nationale de caméras frontales sur les tramways est lancée à Nice.
- L'objectif est de réduire le nombre d'accidents et d'améliorer la formation des conducteurs.
- En 2025, 1 427 collisions ont eu lieu en France, causant 10 morts.
- Le projet est encadré par la loi et validé par la CNIL pour protéger la vie privée.
- L'expérimentation se déroulera jusqu'en juin 2028 et fera l'objet d'un rapport au Parlement.
Un enjeu de sécurité majeur
Les transports publics sont essentiels à la vie urbaine, mais ils ne sont pas sans risques. Le réseau de tramway français, qui a transporté près de 1,2 milliard de voyageurs en 2024, est régulièrement confronté à des incidents. Les voies, souvent partagées avec les piétons, les cyclistes et les automobilistes, sont des zones de vigilance constante.
Les chiffres de l'année 2025 illustrent l'ampleur du problème. Avec 1 427 collisions recensées, les opérateurs de transport cherchent activement des moyens d'anticiper les dangers. Ces accidents ont causé 31 blessés graves et 10 décès sur l'ensemble du territoire national, un bilan que les autorités espèrent réduire grâce à de nouvelles technologies.
Le tramway en chiffres en France
- 30 agglomérations équipées d'un réseau de tramway.
- Environ 1 700 véhicules en circulation.
- Près de 1,2 milliard de voyageurs transportés en 2024.
Comment fonctionnent les caméras ?
L'expérimentation est encadrée par la loi n° 2025-379 du 28 avril 2025, portée à l'origine par Philippe Tabarot alors qu'il était sénateur, avant de devenir ministre des Transports. Le décret d'application, publié le 27 décembre 2025, définit précisément les conditions d'utilisation de ces dispositifs.
Les caméras, installées à l'avant des tramways, ne filmeront pas tout et n'importe quoi. Leur champ de vision est volontairement restreint à un angle de 60 degrés autour de l'axe de circulation pour ne pas filmer l'intérieur des habitations. Les images collectées serviront exclusivement à deux fins :
- Analyser les circonstances des accidents ou des situations à risque.
- Servir de support pour la formation des conducteurs et de leur encadrement.
Cette mesure s'inscrit dans une démarche plus large de sécurisation. "Après la mise en service des caméras-piétons des agents de contrôle depuis le 19 décembre, c’est un nouveau dispositif prévu par la loi [...] qui entre pleinement en vigueur", a souligné Philippe Tabarot dans un communiqué.
Un cadre légal strict pour protéger les citoyens
L'utilisation de la vidéo dans l'espace public est une question sensible. Pour cette raison, le projet a été soumis à l'avis de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) et du Conseil d’État. Les deux institutions ont donné leur feu vert, sous réserve du respect de règles strictes. Les images seront pseudonymisées pour empêcher l'identification directe des personnes filmées, et leur durée de conservation sera limitée.
Analyser pour mieux former
L'un des principaux avantages attendus de ce dispositif est l'amélioration de la formation. En analysant des séquences vidéo d'incidents réels, les formateurs pourront mieux préparer les conducteurs aux imprévus de la conduite en milieu urbain dense.
Comprendre un comportement à risque, qu'il vienne d'un piéton distrait ou d'un automobiliste imprudent, permet de développer des réflexes adaptés. Les images fourniront un matériel pédagogique précieux pour décortiquer les enchaînements qui mènent à un accident et, à terme, pour les éviter.
"Prochaine étape : le renforcement des prérogatives des agents du GPSR et de la Sûreté ferroviaire (Suge), afin de doter la présence humaine sur le terrain de capacités d’action renforcées, en complément des dispositifs technologiques déployés", a ajouté le ministre des Transports, indiquant que les caméras ne sont qu'un outil parmi d'autres.
Un bilan attendu en 2027
L'expérimentation, qui concerne potentiellement 88 lignes de tramway en France, n'a pas vocation à être permanente sans une évaluation rigoureuse. Les opérateurs volontaires, comme celui de Nice, recueilleront des données jusqu'à la mi-2028.
Un rapport d'évaluation complet sera ensuite rédigé et remis au Parlement au plus tard le 28 décembre 2027. Ce document analysera l'efficacité des caméras pour réduire les accidents et améliorer la sécurité. En fonction de ses conclusions, les législateurs décideront si le dispositif doit être généralisé à l'ensemble des réseaux de tramway français.
Les usagers du tramway à Nice seront informés de la présence de ces caméras par des affichages clairs. Cette transparence est une condition essentielle pour garantir l'acceptation du public et le succès de cette initiative pour des transports plus sûrs.





