Ils ont entre 23 et 29 ans et ont choisi de servir sous l'uniforme. À Nice, Tiffany, Clara et Jean-Loup sont policiers adjoints, un rôle souvent méconnu mais essentiel au fonctionnement des services de sécurité. Leurs parcours, très différents, convergent vers une même motivation : se sentir utiles et protéger les citoyens au quotidien.
Points Clés
- De jeunes adultes choisissent le métier de policier adjoint à Nice, motivés par le service public.
- Les parcours sont variés, allant du marketing de luxe à l'enseignement de l'histoire.
- Le statut de policier adjoint est présenté comme une porte d'entrée vers une carrière dans la police nationale.
- Leurs missions quotidiennes vont de l'accueil en commissariat à la sécurisation des transports en commun.
Des parcours variés, une vocation commune
Avant d'enfiler l'uniforme, leurs chemins étaient bien différents. Tiffany, 23 ans, étudiait le marketing et le commerce du luxe. Un univers qui ne correspondait pas à ses aspirations profondes. "Depuis toute petite, je voulais faire du droit. La police représentait tout ce que je recherchais", explique-t-elle, mentionnant l'influence positive d'un proche déjà dans les forces de l'ordre.
Clara, 24 ans, se destinait quant à elle au secteur de l'hôtellerie-restauration. Pourtant, l'idée de rejoindre la police ne l'a jamais quittée. "J'ai toujours eu ça dans un coin de ma tête, pour le service à la personne, pour aider les gens en difficulté", confie-t-elle. Ce désir d'aider les autres l'a finalement conduite à passer le concours de policier adjoint.
Le changement le plus radical est sans doute celui de Jean-Loup, 29 ans. Diplômé de Sciences Po Aix et titulaire d'un Master 2 en géostratégie, il a d'abord été professeur certifié d'histoire-géographie pendant quatre ans. "J'ai toujours eu la fibre de l'intérêt général", raconte-t-il. "Je voulais un investissement plus total, très concret au quotidien, notamment dans les situations d'urgence." Cette quête de sens et d'action l'a poussé à quitter l'Éducation nationale pour la Police nationale.
Un recrutement sans condition de diplôme
Le statut de policier adjoint est accessible sur concours, sans exigence de diplôme. Il s'agit d'un contrat de trois ans, renouvelable une fois. Cette voie d'accès permet à des profils très divers de découvrir le métier et constitue une première étape avant de passer le concours interne de gardien de la paix.
Des missions au cœur du service public
Le quotidien d'un policier adjoint est loin d'être monotone. Chaque jour apporte son lot de situations nouvelles et de défis humains. Les affectations varient grandement, comme en témoignent les expériences de ces trois jeunes Niçois.
Sur le terrain et dans les transports
Après deux années passées à répondre aux appels du 17 au sein de police secours, Clara a intégré la brigade de sécurisation des transports en commun (BSTC). Sa mission est d'assurer une présence visible et rassurante dans les bus, les tramways et les trains régionaux. "C'est très varié, donc très stimulant ! On renseigne les gens, on verbalise les infractions et on reste attentif pour prévenir les vols", détaille-t-elle.
À la frontière et au commissariat
Tiffany travaille depuis deux ans à la police aux frontières (PAF), au sein d'une unité spécialisée dans le traitement des étrangers en situation irrégulière. Elle assiste les officiers de police judiciaire dans la vérification des situations administratives. "Cela peut être compliqué humainement. Il faut savoir s'adapter et s'armer de patience", reconnaît-elle. La maîtrise de l'anglais et le soutien de ses collègues expérimentés lui sont précieux.
Jean-Loup, lui, est le premier visage que rencontrent les citoyens au commissariat Foch. Il est chargé de l'accueil. "On voit une énorme diversité de situations. Notre rôle est d'orienter et d'accompagner du mieux que l'on peut, avec psychologie et humanité." Il trouve son travail particulièrement utile lorsqu'il reçoit des victimes de violences intrafamiliales, où il applique un principe essentiel : l'empathie plutôt que la compassion.
Le salaire net mensuel d'un policier adjoint s'élève à 1528 euros. Bien que modeste comparé aux 2161 euros d'un gardien de la paix titulaire, ce statut est considéré par beaucoup comme un tremplin professionnel.
Un métier exigeant mais gratifiant
Le métier de policier est souvent exposé à la critique, mais sur le terrain, la réalité est plus nuancée. Clara insiste sur la reconnaissance exprimée par une majorité de citoyens.
"On nous dit « Merci » tous les jours : « Merci d’être là », « votre présence nous rassure »... C'est cette majorité silencieuse qui nous motive." - Clara, policière adjointe à Nice
À l'accueil du commissariat, Jean-Loup est bien placé pour observer les perceptions du public. "Certains usagers peuvent avoir des a priori. Une grande partie de notre tâche, c'est de donner une bonne image de la police, par notre professionnalisme et notre écoute."
Pour ces jeunes, l'engagement est une affaire de conviction. Ils voient leur rôle actuel comme une étape formatrice et une excellente porte d'entrée vers des carrières plus spécialisées au sein de l'institution.
- Tiffany prépare activement le concours interne de gardien de la paix et ambitionne d'intégrer une brigade anticriminalité (BAC).
- Jean-Loup est déjà en passe de devenir élève-gardien. Il vise l'investigation et rêve d'être officier de police judiciaire, avec un intérêt particulier pour la protection des mineurs. Il n'exclut pas de passer plus tard les concours d'officier ou de commissaire.
Leur expérience de policier adjoint leur aura permis de confirmer leur vocation et d'acquérir des compétences essentielles pour leur future carrière. Ils incarnent une nouvelle génération de policiers, engagés pour la sécurité de tous et déterminés à servir l'intérêt général.





