Les usagers de la ligne de train régional Marseille-Toulon-Nice doivent s'attendre à d'importantes perturbations ce jeudi 6 novembre. Un mouvement de grève initié par le syndicat Sud Rail pourrait entraîner la suppression d'un train sur deux sur cet axe récemment ouvert à la concurrence et opéré par Transdev.
L'essentiel
- Un préavis de grève a été déposé pour le jeudi 6 novembre sur la ligne TER Marseille-Toulon-Nice.
- Le syndicat Sud Rail prévoit une forte mobilisation, avec jusqu'à 50% des trains annulés.
- L'opérateur Transdev indique que les négociations ne pourront débuter qu'après les élections syndicales prévues fin novembre.
- La Région Sud met en avant un bilan positif depuis l'ouverture de la ligne à la concurrence il y a quatre mois.
Un premier conflit social sur la nouvelle ligne
Ce jeudi marque le premier mouvement de grève d'envergure sur la ligne Marseille-Toulon-Nice depuis sa reprise par un opérateur privé. Le syndicat Sud Rail a appelé les salariés à cesser le travail, anticipant un impact significatif sur la circulation des trains. Les voyageurs sont invités à vérifier l'état du trafic avant de se rendre en gare.
La mobilisation s'inscrit dans un contexte particulier. La gestion de cette ligne a été transférée de la SNCF à Transdev Rail Sud Inter-Métropoles (TRSI) il y a seulement quatre mois, une décision politique du conseil régional visant à introduire la concurrence dans le transport ferroviaire local. Le premier train opéré par Transdev a circulé le 29 juin 2025.
Quatre mois d'exploitation privée
L'ouverture à la concurrence de la ligne Marseille-Toulon-Nice est une première dans la région. Elle s'est concrétisée le 29 juin 2025, après une décision du conseil régional de la Région Sud. L'objectif affiché était d'améliorer le service en augmentant la fréquence et en modernisant le matériel roulant.
Un dialogue social en attente
Face à ce mouvement, la direction de Transdev a précisé sa position. L'entreprise explique qu'elle ne peut pas, pour l'instant, entamer de négociations formelles avec les partenaires sociaux. La raison invoquée est le calendrier des élections professionnelles internes, qui doivent se tenir à la fin du mois de novembre.
« Nous avons informé toutes les organisations syndicales de notre engagement à étudier leurs demandes, une fois achevé le processus d’élections syndicales au sein de TRSI, soit dans un peu plus d’un mois », a déclaré Transdev dans une communication écrite.
L'opérateur insiste sur la nécessité de respecter le cadre légal. Selon la direction, les discussions doivent être menées avec des représentants du personnel dûment élus et représentatifs, ce qui ne sera le cas qu'à l'issue du scrutin. Cette position reporte donc toute négociation potentielle à la fin de l'année.
La Région Sud défend son bilan
Sollicitée sur ce conflit social, la Région Sud, en tant qu'autorité organisatrice des transports, n'a pas commenté directement la grève. Elle a cependant tenu à défendre les résultats de l'ouverture à la concurrence, qu'elle qualifie de « bilan positif ».
L'institution régionale met en avant plusieurs indicateurs pour appuyer son propos. Elle affirme que le service s'est amélioré avec « deux fois plus de trains et des trains neufs ». La fréquentation serait également au rendez-vous, confirmant l'attrait des usagers pour cette nouvelle offre.
Des chiffres de fréquentation en hausse
- Plus d'un million de voyageurs ont été transportés depuis le mois de septembre.
- La note de satisfaction client atteint 4,4 sur 5.
- Le taux de régularité des trains opérés par Transdev était de 98 % en octobre.
Ces chiffres, fournis par la Région, visent à démontrer les bénéfices de la nouvelle gestion pour les voyageurs. Ils contrastent avec le mouvement social qui met en lumière les tensions internes liées à cette transition.
Les conséquences pour les voyageurs
Pour les milliers de personnes qui empruntent quotidiennement cette ligne, la journée de jeudi s'annonce compliquée. Avec une prévision d'un train sur deux supprimé, les temps de trajet risquent d'être allongés et les conditions de transport difficiles dans les rames qui circuleront.
Le syndicat Sud Rail a prévu des actions de tractage dans les gares pour expliquer les raisons de leur mouvement aux usagers. La situation devrait revenir à la normale vendredi, mais ce premier conflit social pourrait être le signe de futures tensions sur cette ligne emblématique de la Côte d'Azur, désormais au cœur des enjeux de la libéralisation du rail français.





