La ville de Nice s'apprête à rendre un hommage durable à Brigitte Bardot, décédée le 28 décembre dernier à 91 ans. Le conseil municipal doit voter ce vendredi 9 janvier 2026 pour rebaptiser le refuge animalier du Mont-Chauve en l'honneur de l'icône du cinéma, reconnue pour son engagement fervent en faveur de la cause animale.
Ce choix, porté par le maire Christian Estrosi, est loin d'être anodin. Il ancre la mémoire de l'actrice dans un lieu symbolique de son combat, un refuge qu'elle avait elle-même visité vingt ans plus tôt. La décision suscite cependant des réactions contrastées, rappelant la complexité du personnage public qu'était Brigitte Bardot.
L'essentiel
- Le refuge animalier du Mont-Chauve à Nice sera renommé en l'honneur de Brigitte Bardot.
- La décision sera soumise au vote du conseil municipal le vendredi 9 janvier 2026.
- Cet hommage reconnaît l'engagement de l'actrice pour la protection des animaux.
- Brigitte Bardot avait visité ce refuge en 2005 après le démantèlement d'un trafic de chiots.
- L'initiative suscite un débat en raison des condamnations passées de l'actrice pour propos racistes.
Un hommage ciblé sur la cause animale
Peu après l'annonce du décès de Brigitte Bardot, le maire de Nice, Christian Estrosi, avait publiquement promis qu'un « lieu emblématique » de la ville porterait son nom. Cette promesse visait à honorer une figure qui a marqué la culture et le cinéma, mais aussi la Côte d'Azur.
Le choix s'est finalement porté non pas sur un lieu culturel comme les studios de la Victorine, mais sur un site directement lié à la passion de sa vie : la défense des animaux. Le refuge du Mont-Chauve a été sélectionné pour devenir le refuge Brigitte Bardot.
Cette décision sera officiellement présentée aux élus niçois lors du conseil municipal de ce vendredi. Sauf surprise, la délibération devrait être adoptée, inscrivant ainsi le nom de l'icône varoise dans le paysage niçois de manière permanente.
Un lien historique avec le refuge
Le choix du refuge du Mont-Chauve n'est pas le fruit du hasard. Il existe un lien direct et symbolique entre Brigitte Bardot et ce lieu. Patrick Villardry, son ancien garde du corps et ami, a récemment rappelé un événement marquant.
Le 28 décembre 2005, soit exactement vingt ans jour pour jour avant sa disparition, l'actrice s'était rendue au refuge. Sa visite faisait suite au démantèlement d'un important trafic de chiots dans la région. Elle était venue constater la situation et apporter son soutien aux animaux recueillis.
Coïncidence du calendrier
La visite de Brigitte Bardot au refuge du Mont-Chauve a eu lieu le 28 décembre 2005. Son décès est survenu le 28 décembre 2025, exactement deux décennies plus tard. Cette coïncidence temporelle ajoute une dimension symbolique forte à la décision de la municipalité.
Cette visite de 2005 illustre son engagement concret sur le terrain, loin des paillettes du cinéma. En choisissant ce lieu, la mairie de Nice met en avant l'activiste plus que la star, la protectrice des animaux plus que l'actrice.
Une décision qui ne fait pas l'unanimité
Si l'hommage à l'engagement de Brigitte Bardot pour les animaux est largement salué, la décision de nommer un lieu public en son honneur ravive également une controverse bien connue. La personnalité de l'actrice était complexe et ses prises de position publiques ont souvent divisé.
Au cours des dernières décennies de sa vie, Brigitte Bardot a été condamnée à plusieurs reprises par la justice française pour des propos jugés racistes. Ces condamnations ont refait surface dès l'annonce par Christian Estrosi de sa volonté de lui rendre hommage, provoquant des critiques de la part d'élus de l'opposition et d'associations.
Le débat sur la mémoire publique
La question de nommer des rues ou des bâtiments publics en l'honneur de personnalités historiques complexes est un débat récurrent. Il oppose souvent la volonté de célébrer une contribution majeure (artistique, scientifique, militante) à la nécessité de ne pas occulter les aspects plus sombres ou controversés de leur biographie. Le cas de Brigitte Bardot en est une illustration parfaite.
Pour ses détracteurs, honorer publiquement une personne condamnée pour racisme envoie un mauvais signal. Pour ses défenseurs, il s'agit de distinguer l'œuvre ou l'engagement d'une vie des erreurs ou des opinions condamnables de la personne. La mairie de Nice semble avoir tranché en se concentrant exclusivement sur son combat pour les animaux.
Derniers adieux et commémorations
Parallèlement à cette décision municipale, d'autres hommages ont lieu. Les obsèques de Brigitte Bardot se sont déroulées dans l'intimité de son fief de Saint-Tropez, où elle a été inhumée.
À Nice, un autre événement a été organisé pour permettre à ses admirateurs de se recueillir. Le journaliste et ami de la star, Henry-Jean Servat, a annoncé la tenue d'une messe en sa mémoire. Cette cérémonie s'est déroulée ce mercredi après-midi, à 16 heures, en l'église Saint-Pierre-d'Arène.
« Chacun est le bienvenu », avait-il été précisé, soulignant que la cérémonie était ouverte à tous ceux qui, comme elle, aimaient les animaux.
Célébrée par l'aumônier Yves-Marie Lequin, la messe a été organisée en collaboration avec plusieurs associations locales de protection animale. Un dernier adieu niçois qui, tout comme la décision de la mairie, a mis l'accent sur la facette de sa vie à laquelle elle tenait le plus : son amour inconditionnel pour les animaux.





