La ville de Nice a officiellement annoncé sa décision de rendre hommage à Brigitte Bardot, icône du cinéma et fervente défenseure des animaux, décédée récemment. Deux lieux emblématiques de la ville porteront désormais son nom : la plage accessible aux chiens face à l'hôpital Lenval et un plateau des célèbres studios de la Victorine.
L'annonce a été faite par le maire, Christian Estrosi, lors du conseil municipal du 9 janvier 2025. Cette initiative vise à célébrer l'engagement de l'actrice pour la cause animale tout en reconnaissant son lien indéfectible avec la Côte d'Azur, où elle a tourné certains de ses films les plus marquants.
Points Clés
- La plage pour animaux de Nice, face à Lenval, sera rebaptisée "Plage Brigitte-Bardot".
- Un plateau des studios de la Victorine, où fut tourné "Et Dieu… créa la femme", portera également son nom.
- La décision a été prise après consultation d'associations de protection animale.
- Cet hommage suscite des réactions partagées en raison des condamnations passées de l'actrice pour propos racistes.
Un hommage centré sur la cause animale
La décision de la municipalité niçoise s'inscrit dans une volonté de saluer la facette la plus connue de l'engagement public de Brigitte Bardot : sa lutte pour les droits des animaux. Initialement, la ville envisageait de renommer le refuge animalier du Mont-Chauve en son honneur.
Cependant, le projet a évolué. Lors de son intervention en conseil municipal, Christian Estrosi a précisé le changement de cap. "Après de multiples consultations, les associations concernées ont manifesté leur souhait de voir plutôt la plage rebaptisée", a-t-il expliqué. Ce choix final semble plus symbolique, associant directement l'image de l'actrice à un lieu de liberté pour les animaux au cœur de la ville.
La plage en question, située sur la Promenade des Anglais face à la fondation Lenval, est le seul espace du littoral niçois où les chiens sont autorisés. Elle est devenue un point de rencontre pour les propriétaires d'animaux et leurs compagnons. L'associer à Brigitte Bardot, qui a dédié une grande partie de sa vie à cette cause, est apparu comme une évidence pour les défenseurs du projet.
Le combat d'une vie
Dès les années 1960, Brigitte Bardot a utilisé sa notoriété pour attirer l'attention sur la souffrance animale. En 1986, elle a créé la Fondation Brigitte Bardot, un organisme reconnu d'utilité publique qui lutte contre la maltraitance animale en France et dans le monde. Son engagement a souvent été marqué par des prises de position fortes et des campagnes médiatiques percutantes.
La Victorine : un retour aux sources cinématographiques
Le second lieu choisi pour cet hommage est un plateau des mythiques studios de la Victorine. Ce n'est pas un choix anodin. C'est dans ces studios que Brigitte Bardot a tourné des scènes de "Et Dieu… créa la femme", le film de Roger Vadim sorti en 1956 qui l'a propulsée au rang de star internationale et de sex-symbol.
Ce film a non seulement marqué un tournant dans sa carrière, mais il a aussi contribué à forger l'image glamour et insouciante de la Côte d'Azur, notamment de Saint-Tropez. En baptisant un plateau à son nom, la ville de Nice ancre durablement l'actrice dans l'histoire du cinéma local et national.
"Le plateau du studio de la Victorine au sein duquel elle a tourné son mythique film « Et Dieu créa la femme » portera également son nom", a déclaré Christian Estrosi pour souligner l'importance de ce lieu dans la carrière de l'icône.
Cette décision renforce également la stratégie de la ville de revitaliser les studios de la Victorine pour en faire un pôle majeur de la production cinématographique en Europe. Associer le nom d'une légende comme Bardot à ce lieu historique participe à cette ambition.
Les Studios de la Victorine en chiffres
- Création : 1919
- Superficie : Plus de 7 hectares
- Films notables tournés : "Les Enfants du paradis" de Marcel Carné, "La Nuit américaine" de François Truffaut, "Le Grand Bleu" de Luc Besson.
Une décision qui ne fait pas l'unanimité
Si l'hommage à l'amie des bêtes et à l'actrice de légende est salué par beaucoup, il ravive également des controverses plus sombres. Brigitte Bardot a été condamnée à plusieurs reprises par la justice française pour incitation à la haine raciale en raison de propos tenus publiquement, notamment sur la communauté musulmane.
Ces condamnations passées ont immédiatement refait surface sur les réseaux sociaux et dans le débat public suite à l'annonce de la mairie. Des voix s'élèvent pour questionner la pertinence de nommer des lieux publics en l'honneur d'une personnalité dont les prises de position ont été jugées contraires aux valeurs de la République.
Pour ses détracteurs, cet hommage occulte une partie de la personnalité de Brigitte Bardot et envoie un message ambigu. Ils estiment qu'il est difficile de dissocier l'icône culturelle de la citoyenne condamnée par la justice. La décision politique du maire de Nice, candidat à sa réélection, est ainsi perçue par certains comme un calcul électoral visant à capter la sympathie des défenseurs de la cause animale, un électorat influent.
Un débat complexe sur la mémoire collective
Cette situation soulève une question plus large : comment honorer des personnalités complexes dont l'héritage est à la fois admirable et controversé ? Faut-il retenir l'artiste et la militante ou ne pas oublier les dérapages condamnés ?
La municipalité niçoise semble avoir fait le choix de se concentrer sur deux aspects consensuels de sa vie : son amour pour les animaux et sa contribution au patrimoine cinématographique. En choisissant une plage pour chiens et un plateau de cinéma, la ville oriente délibérément l'hommage vers ces deux facettes, tentant de laisser de côté les polémiques.
La discussion reste ouverte et illustre les tensions qui traversent la société française lorsqu'il s'agit de célébrer ses grandes figures. L'héritage de Brigitte Bardot, fait de lumière et d'ombre, continuera sans doute d'alimenter les débats, bien au-delà des galets de la nouvelle "Plage Brigitte-Bardot" à Nice.





