Ce qui devait être un joyeux réveillon de Noël en famille au Sénégal s'est transformé en une épreuve de plusieurs jours pour les passagers d'un vol Transavia. Après une annulation de dernière minute à l'aéroport de Nice, une soixantaine de voyageurs se sont retrouvés contraints de passer la nuit de Noël dans un hôtel, loin de leurs proches, après une série de promesses non tenues et de problèmes de communication.
Points Clés
- Un vol Transavia de Nice à Dakar a été annulé lundi en raison d'un problème technique.
- 181 passagers se sont retrouvés bloqués, dont 60 qui ont passé trois jours à attendre une solution.
- Les voyageurs affirment avoir reçu des documents de réservation pour un autre vol qui se sont avérés invalides.
- Après des protestations, une solution a été trouvée pour un départ le 25 décembre au matin.
- Un collectif de passagers annonce son intention d'engager une action en justice.
Un voyage de fête qui tourne au cauchemar
Pour 181 personnes, le lundi matin à l'aéroport de Nice devait marquer le début des célébrations de fin d'année. Venus de toute l'Europe – France, Espagne, Italie, Portugal et Suisse – ils attendaient d'embarquer sur le vol Transavia TO8032 à destination de Dakar. L'arrivée était prévue à 13h45, juste à temps pour préparer le réveillon de Noël en famille.
Certains avaient investi des sommes importantes pour ce voyage, avec des billets aller-retour atteignant parfois 1 400 euros par personne. L'excitation était palpable, mais elle a été de courte durée.
Alors que les passagers se trouvaient sur la passerelle d'embarquement, le commandant de bord a pris la parole. Il a annoncé un problème technique sur l'appareil, forçant l'annulation pure et simple du vol.
Un contexte de forte affluence
La période des fêtes de fin d'année est l'une des plus chargées pour le transport aérien. Les annulations pour des raisons techniques, bien que regrettables, peuvent survenir. Cependant, la gestion de la situation par la suite est cruciale pour limiter l'impact sur les voyageurs, surtout lorsque des retrouvailles familiales sont en jeu.
Promesses non tenues et documents invalides
Selon les témoignages, la première information donnée par le commandant de bord se voulait rassurante : un transfert serait organisé dès le lendemain, mardi, via un vol Nice-Paris puis Paris-Dakar. Cette perspective a d'abord apaisé les esprits, malgré la déception.
Cependant, la situation s'est compliquée au comptoir d'Aviapartner, la société représentant Transavia à l'aéroport. La promesse d'un départ le lendemain a été remplacée par une proposition bien moins satisfaisante : un vol sept jours plus tard, le 29 décembre. Face au mécontentement général, une autre solution a finalement été proposée lundi après-midi.
« Individuellement, ils nous ont remis un document pour embarquer sur un vol Air France qui devait décoller mardi », explique Bassirou Ndiaye, un passager de 53 ans originaire de Saint-Laurent-du-Var.
Confiants, les 181 passagers se sont présentés à l'aéroport mardi dès 5 heures du matin. Mais au comptoir d'Air France, la douche froide a été totale. L'hôtesse leur a expliqué que les documents en leur possession n'étaient pas des réservations valides, mais un simple listing, et qu'aucun billet n'avait été émis à leurs noms.
« Franchement, on a mal réagi. Parce que là, quand même, c'était la deuxième fois et, surtout, on nous a menti en nous donnant un faux document », poursuit Monsieur Ndiaye, exprimant un sentiment largement partagé.
La colère monte à l'aéroport de Nice
Le sentiment d'avoir été trompés a provoqué une vive réaction des passagers. Pour se faire entendre, certains ont décidé de bloquer l'enregistrement d'autres vols, créant une situation de confusion et de tension dans le terminal. La police aux frontières a dû intervenir pour calmer la situation.
L'affaire a pris une dimension politique avec l'arrivée de Fatou Cissé, députée représentant la diaspora sénégalaise. Elle a immédiatement contacté le ministre sénégalais des Transports pour l'informer de la situation et a interpellé directement la compagnie aérienne pour qu'elle trouve des solutions urgentes.
Intervention d'un huissier
Face à l'impasse et pour documenter officiellement les faits, un huissier de justice a été dépêché sur place à la demande des passagers. Cette démarche vise à constituer un dossier solide en vue d'une potentielle action en justice.
La députée a publiquement mis Transavia au défi de trouver des vols pour tous les passagers affectés, y compris pour leur retour à la fin de leur séjour.
Une solution tardive et une action en justice
Au fil des heures, certains voyageurs ont renoncé ou trouvé des alternatives par leurs propres moyens. Pour la soixantaine de passagers restants, une solution a finalement été trouvée : un vol opéré par Air France, prévu pour le jeudi 25 décembre au matin, à 7 heures.
Cette issue signifie pour eux un réveillon de Noël passé dans un hôtel de Nice, loin de leurs familles qui les attendaient au Sénégal. Une fin amère à trois jours d'incertitude et de frustration.
Le collectif de passagers ne compte pas en rester là. Ils déplorent n'avoir eu aucun interlocuteur direct de Transavia pendant cette épreuve et se sentent floués par les fausses informations. Ils ont annoncé leur intention de lancer une action collective en justice pour obtenir réparation du préjudice subi.
« On peut comprendre un problème technique sur un avion. Mais nous, on a perdu trois jours ici à cause d'un faux document émis par Transavia », conclut Bassirou Ndiaye, résumant le sentiment d'injustice qui anime le groupe.





