Des agents du Groupement d'agents interbailleurs contre les désordres et les abus (Gaida) ont été la cible de tirs de mortiers d'artifice à Nice, dans le quartier des Moulins, début décembre. Une vidéo obtenue par Nice-Matin montre la violence de ces attaques, qui soulèvent des inquiétudes importantes pour les forces de l'ordre à l'approche du réveillon de la Saint-Sylvestre.
Points Clés
- Des agents Gaida attaqués par des mortiers d'artifice dans le quartier des Moulins à Nice.
- La scène, filmée le 6 décembre, révèle l'intensité des confrontations.
- Six personnes ont été interpellées pour violences avec arme sur personnes chargées d'une mission de service public.
- Les syndicats de police expriment leur vive inquiétude face à l'utilisation croissante de ces engins, notamment pour le réveillon.
Une violence en hausse dans les quartiers sensibles
L'incident s'est produit le 6 décembre dernier dans le quartier des Moulins, une zone connue pour le trafic de stupéfiants. Les agents de la brigade Gaida, une force de sécurité privée recrutée par les bailleurs sociaux, étaient en patrouille lorsque des jeunes les ont pris pour cibles. La présence de ces agents est souvent perçue comme une gêne pour les activités illicites locales.
Les images, capturées par une caméra piéton d'un agent, durent 18 secondes. Elles témoignent de la violence des tirs de mortiers d'artifice. On y voit une dizaine d'agents reculer, boucliers en avant, sous les détonations et les flashs des explosions. L'allée étroite amplifie le danger de la situation.
"Allez les gars, on recule", entend-on crier un agent, illustrant la tension de l'instant.
Fait marquant
L'utilisation de mortiers d'artifice comme armes n'est pas nouvelle. Un policier avait été blessé de la sorte à l'Ariane en décembre 2023. En juin dernier, un agent de Gaida avait déjà été blessé dans le même quartier des Moulins.
Conséquences et interpellations
Malgré l'intensité de l'attaque, aucun blessé n'a été signalé parmi les agents ce soir-là. Cependant, les conséquences judiciaires ont été rapides. Six personnes ont été interpellées peu après les faits. Elles sont poursuivies pour "violence avec arme en réunion sur personnes chargées d'une mission de service public".
Ces interpellations soulignent la gravité des actes commis et la détermination des autorités à y répondre. Le caractère prémédité de ces attaques, souvent liées à la perturbation du trafic de stupéfiants, est une préoccupation majeure pour les forces de l'ordre.
Les mortiers, des armes par destination
Les mortiers d'artifice, bien que conçus pour des célébrations, sont détournés de leur usage premier et deviennent des armes dangereuses. Leur puissance explosive peut causer des blessures graves, y compris des défigurations ou des amputations, selon la distance de tir.
La facilité d'acquisition de ces engins, notamment via Internet, est un facteur d'inquiétude pour les syndicats de police. Ils redoutent une augmentation des incidents, en particulier lors d'événements propices aux rassemblements et aux débordements.
Contexte de sécurité
Le réveillon de la Saint-Sylvestre est une période de forte mobilisation pour les forces de l'ordre. En France, 90 000 policiers et gendarmes sont déployés pour assurer la sécurité. Les attaques aux mortiers d'artifice ajoutent une dimension de danger supplémentaire à leurs missions.
L'inquiétude des syndicats de police avant le réveillon
L'approche du réveillon du 31 décembre accentue les craintes des syndicats de police. Ils redoutent que ce type d'agression se multiplie, mettant en danger l'intégrité physique de leurs collègues sur le terrain. Les voyous utilisent le prétexte de la fête pour cibler les forces de l'ordre.
Jean-Luc Bragato, du syndicat Alliance Police Nationale, a exprimé cette préoccupation :
"Ces mortiers sont des armes par destination. Nous avons beaucoup de craintes avec la recrudescence d'achats de mortiers par Internet notamment. Nous craignons que nos collègues soient pris à partie. Nous demandons à la justice d'être intransigeante face à ces faits."
Un autre représentant syndical, Laurent Martin de Frémont, secrétaire départemental du syndicat Un1té police 06, a également souligné la gravité de la situation :
"Ce qui est à craindre, c'est pour l'intégrité physique des collègues le soir du 31. Ce n'est pas simple, parce qu'aujourd'hui, les voyous, sous le prétexte du 31, utilisent tout ce qu'ils peuvent pour casser du flic, pour blesser du flic, pour se faire du flic. Ça, c'est la réalité."
Ces déclarations reflètent une situation tendue où les forces de l'ordre se sentent de plus en plus exposées à des violences organisées et dangereuses. La prévention et la répression de ces actes sont devenues des priorités absolues pour garantir la sécurité des agents et la tranquillité publique.
- La coordination entre les différentes forces de sécurité est essentielle.
- Le renforcement des mesures de contrôle sur la vente et l'achat de mortiers est demandé.
- Une réponse judiciaire ferme est attendue pour dissuader de futurs agresseurs.
Les autorités locales et nationales sont donc confrontées au défi de maintenir l'ordre et la sécurité dans un contexte de violence urbaine persistante, exacerbée par l'utilisation d'engins pyrotechniques détournés de leur usage.





