Un tireur sportif niçois a été victime d'un vol d'armes à son domicile par deux individus se faisant passer pour des policiers. Cette affaire, qui a conduit à l'interpellation de quatre personnes, s'inscrit dans un contexte national de piratage massif des données de la Fédération Française de Tir, soulevant de sérieuses questions de sécurité.
Jeudi soir, dans le quartier du port à Nice, un scénario bien rodé a permis à de faux agents de s'emparer de plusieurs armes et munitions, plongeant les détenteurs légaux d'armes dans l'inquiétude.
L'essentiel de l'affaire
- Un tireur sportif a été dévalisé à son domicile de Nice par de faux policiers.
- Le vol fait suite à un piratage des données de 274 000 licenciés de la Fédération Française de Tir.
- Quatre personnes ont été placées en garde à vue dans le cadre de l'enquête.
- Un incident similaire a eu lieu à Paris, indiquant un possible mode opératoire national.
Un vol audacieux dans le quartier du port
Les faits se sont déroulés jeudi soir, rue Antoine-Gauthier à Nice. Deux hommes se sont présentés au domicile d'un tireur sportif en déclinant la qualité de policiers. Prétextant une procédure de saisie, ils ont demandé au résident de leur remettre les armes qu'il détenait légalement.
La victime, bien que surprise par cette visite nocturne, a obtempéré. Les détenteurs d'armes de catégorie B, comme les tireurs sportifs, sont en effet soumis à des contrôles stricts et sont tenus de conserver leurs armes dans un coffre-fort sécurisé.
Ce n'est qu'après le départ des deux individus que le doute s'est installé. Le tireur s'est alors rendu au commissariat Foch pour signaler la situation, où les véritables policiers ont immédiatement compris la gravité des faits. Plusieurs armes et une quantité importante de munitions ont été dérobées.
Le piratage massif de la Fédération de Tir
Cette affaire n'est pas un acte isolé. Elle est directement liée à une cyberattaque de grande ampleur qui a visé la Fédération Française de Tir (FFTir) en octobre dernier. Les données personnelles de 274 000 licenciés ont été dérobées.
Des données sensibles dans la nature
Les informations subtilisées lors du piratage de la FFTir sont particulièrement critiques. Elles incluent les noms, prénoms, adresses postales, numéros de téléphone et numéros de licence des tireurs. Ces données permettent de localiser précisément les domiciles où des armes sont légalement entreposées.
Le mode opératoire utilisé à Nice est une réplique quasi parfaite d'un autre vol commis en novembre dans le 15e arrondissement de Paris. Là aussi, de faux policiers avaient utilisé les informations issues de la fuite de données pour cibler un tireur sportif et lui voler ses armes.
« Il n’est pas impossible que des listes de tireurs se vendent sur le darknet, sans que ce soit nécessairement organisé au plan national », a commenté le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, soulignant la menace que représente cette fuite d'informations.
La réponse rapide des forces de l'ordre
Face à la menace, une opération d'envergure a été immédiatement lancée à Nice. Des unités d'élite, dont la Brigade Anti-Criminalité (BAC) et le RAID, ont été mobilisées pour retrouver les auteurs.
Les investigations ont rapidement porté leurs fruits. Des perquisitions menées dans la soirée ont permis l'interpellation de plusieurs suspects. Ce vendredi matin, le procureur de la République de Nice a confirmé que quatre personnes se trouvaient en garde à vue à la caserne Auvare, dans le cadre d'une enquête pour vol en bande organisée et association de malfaiteurs.
Une enquête à double volet
L'enquête se déroule sur deux fronts. D'une part, la police judiciaire de Nice travaille sur le vol à main armée. D'autre part, une enquête préliminaire sur la fuite de données a été ouverte par la section de lutte contre la cybercriminalité du parquet de Paris, confiée à la Brigade de Lutte Contre la Cybercriminalité (BL2C).
L'inquiétude monte chez les tireurs sportifs
L'affaire de Nice a provoqué une onde de choc au sein de la communauté des tireurs sportifs. Beaucoup se sentent désormais vulnérables, sachant que leurs adresses sont potentiellement entre les mains de criminels.
La Fédération Française de Tir a mis en place une page dédiée à l'incident sur son site internet et a déposé plainte dès la découverte du piratage. Conformément à la réglementation, elle est tenue d'informer individuellement chaque licencié concerné par la violation de ses données personnelles.
Les autorités appellent à la plus grande vigilance. Il est rappelé aux détenteurs d'armes de ne jamais remettre leur matériel à des personnes se présentant à leur domicile sans avoir au préalable vérifié leur identité et la légitimité de leur demande en contactant le 17. Les véritables forces de l'ordre suivent des procédures strictes qui n'impliquent généralement pas de saisie inopinée au domicile d'un particulier sans un cadre judiciaire précis.





