Un jeune homme de 18 ans a été condamné par le tribunal de Nice à une peine de prison pour avoir violemment agressé et séquestré sa mère de 59 ans pendant trois jours dans leur appartement. La victime, retrouvée couverte de blessures, est depuis hospitalisée en clinique psychiatrique.
Les points clés de l'affaire
- Un jeune homme de 18 ans a été condamné à trois ans de prison, dont un avec sursis, pour des faits de violence et de séquestration sur sa mère.
- La victime de 59 ans a subi de multiples blessures, dont des côtes fracturées, et a été retenue contre son gré durant trois jours.
- Une série de neuf mains courantes pour des violences antérieures avait déjà été déposée au cours de l'année écoulée.
- La défense a contesté la validité d'une expertise psychiatrique jugée trop rapide, mais le tribunal a tout de même prononcé sa sentence.
Un huis clos de violence extrême
Les faits se sont déroulés dans un appartement niçois entre le 15 et le 17 novembre. Pendant trois jours, une femme de 59 ans a vécu un calvaire, enfermée et violentée par son propre fils, à peine majeur.
C’est une voisine qui a donné l’alerte après que la victime a réussi à trouver refuge chez elle. Le personnel médical et les forces de l'ordre ont découvert une femme dans un état de choc, le corps marqué par une violence inouïe. Son visage était tuméfié et de multiples ecchymoses, griffures et hématomes recouvraient ses bras et ses jambes.
L'examen médical a révélé des blessures encore plus graves, notamment plusieurs côtes fracturées. Durant son audition, elle a expliqué avoir été frappée à coups de poing, de pied, et même avec une tringle à rideau. Son fils lui avait également confisqué ses clés et son téléphone pour l'empêcher de s'enfuir ou de demander de l'aide.
Des blessures "insupportables à regarder"
Lors de l'audience, la procureure Sonia Moreno a décrit des photographies des blessures de la victime comme étant "insupportables à regarder". Elle a souligné que "chaque partie de son corps est marquée", mettant en lumière l'intensité des violences subies.
Un contexte familial déjà tendu
Ce déchaînement de violence n'était malheureusement pas un acte isolé. L'enquête et les débats au tribunal ont révélé un historique de tensions et d'agressions au sein du domicile familial.
Au cours de la seule année passée, neuf mains courantes avaient été déposées, signalant des épisodes de violence. En janvier, le jeune homme aurait démis l'épaule de sa mère. En juin, il l'aurait menacée de la jeter par la fenêtre, une accusation qu'il a niée à l'audience.
La victime, âgée de 59 ans, est une personne particulièrement vulnérable. Atteinte de troubles bipolaires, elle avait été placée sous tutelle en septembre 2025. Depuis les faits, elle est hospitalisée en clinique psychiatrique, traumatisée et terrifiée à l'idée de rentrer chez elle et de croiser son fils.
Le profil de l'accusé
Le jeune homme de 18 ans, sans emploi et à la recherche d'un poste en boulangerie-pâtisserie, présentait un casier judiciaire vierge avant cette affaire. Lors de son procès, il est apparu détaché, reconnaissant les faits d'une voix faible sans pouvoir les expliquer, affirmant ne plus se souvenir. Cette version contraste avec ses aveux en garde à vue, où il avait admis avoir "pété les plombs".
Un procès marqué par des questions sur l'état psychiatrique
L'un des points centraux du procès a été la question de l'état mental de l'accusé au moment des faits. Une expertise psychiatrique réalisée durant sa garde à vue a conclu à l'absence d'abolition ou d'altération de son discernement.
Cependant, son avocat, Me Sofyène Jamai, a vivement critiqué cette évaluation, la qualifiant d'"expédiée en cinq minutes". Il a demandé le renvoi du procès pour permettre une expertise plus approfondie, rappelant que l'audience avait déjà été repoussée à deux reprises pour cette même raison, sans succès.
"On ne peut pas juger dans ces conditions. Mon client, en détention provisoire depuis novembre, n’a pas à supporter les carences de la justice", a plaidé l'avocat de la défense.
Malgré ces arguments, le tribunal a poursuivi les débats. La procureure a requis une peine de cinq ans d'emprisonnement, dont un avec sursis, en insistant sur "l'absence totale d'empathie" de l'accusé et la gravité extrême des faits.
La décision du tribunal
Le tribunal a finalement condamné le jeune homme à une peine de trois ans de prison, dont un an assorti d'un sursis probatoire. Cette peine s'accompagne de plusieurs obligations strictes :
- Une obligation de trouver un travail.
- Une obligation de suivre des soins psychologiques.
- Une interdiction totale d'entrer en contact avec sa mère pendant une durée de deux ans.
Le maintien en détention a été ordonné à l'issue de l'audience. Cette affaire met en lumière la problématique des violences intrafamiliales, un phénomène en augmentation dans les Alpes-Maritimes ces dernières années.





