Le tribunal correctionnel de Nice a prononcé une peine de quatre ans de prison ferme à l'encontre d'un homme de 28 ans, reconnu coupable d'avoir transporté 18 migrants dans des conditions indignes. L'interpellation avait eu lieu en décembre 2025 au péage de La Turbie, révélant un trajet périlleux orchestré depuis l'Italie.
Les points clés de l'affaire
- Un conducteur a été condamné à 4 ans de prison ferme et 5 000 euros d'amende.
- Il transportait 18 migrants dans une fourgonnette prévue pour 9 personnes.
- Le véhicule a été intercepté par les gendarmes au péage de La Turbie sur l'autoroute A8.
- Le tribunal a également prononcé une interdiction définitive du territoire français.
L'interpellation au péage de La Turbie
Les faits remontent au 1er décembre 2025. Lors d'un contrôle de routine visant à lutter contre l'immigration clandestine, les gendarmes du peloton autoroutier ont intercepté une fourgonnette Volkswagen Caravelle au péage de La Turbie, sur l'autoroute A8. Le véhicule, immatriculé en Espagne, a immédiatement attiré leur attention.
À l'intérieur, les forces de l'ordre ont découvert une situation alarmante. Dix-huit personnes, toutes d'origine marocaine, étaient entassées dans un espace conçu pour seulement neuf occupants, conducteur inclus. Les conditions de ce transport étaient particulièrement dégradantes, comme en témoignaient des bouteilles remplies d'urine retrouvées dans l'habitacle et des morceaux de tissu occultant les vitres.
Un surpeuplement critique
Le véhicule transportait 19 personnes au total, soit plus du double de sa capacité légale. Cette surcharge mettait en danger la sécurité de tous les occupants et des autres usagers de la route.
Un voyage organisé depuis l'Italie
L'enquête, menée par la police aux frontières, a rapidement permis de retracer le parcours des passagers. Selon les témoignages recueillis auprès des migrants, le voyage aurait débuté pour certains en Sicile. D'autres auraient été embarqués au fur et à mesure de la progression du véhicule à travers l'Italie.
La destination finale était l'Espagne. Cette organisation logistique laisse penser à l'existence d'un réseau structuré spécialisé dans le transport de migrants. Le procureur de la République de Nice, Damien Martinelli, a souligné lors de l'audience que cette opération n'était pas l'œuvre d'un passeur isolé, mais bien d'une filière organisée.
Le trajet a été réalisé dans des « conditions incompatibles avec la dignité humaine », a souligné la justice pour qualifier les faits.
Un procès et une condamnation sévère
Présenté devant le tribunal correctionnel de Nice le 4 février 2026, le conducteur, Mohamed Sbai Fingar, un Espagnol de 28 ans originaire du Maroc, a choisi de garder le silence tout au long de son procès.
La défense pointe des failles dans l'enquête
Les avocats de la défense, Mes Zia Oloumi et Cécile Della Monaca, ont plaidé en faveur de leur client en dénonçant ce qu'ils ont qualifié d'enquête « bancale et bâclée ». Ils ont notamment mis en avant l'absence de relevés d'empreintes digitales et le fait que les identités des passagers reposaient uniquement sur leurs propres déclarations. Selon eux, ces éléments ne permettaient pas d'établir formellement la situation irrégulière des personnes transportées, qui sont passées du statut de gardés à vue à celui de victimes au cours de la procédure.
Une peine exemplaire pour un message de fermeté
Le procureur de la République avait requis une peine de quatre ans de prison, dont 18 mois avec sursis, ainsi qu'une interdiction de séjour. Le tribunal, présidé par Agnès Vadrot, a cependant décidé d'aller au-delà de ces réquisitions.
Le verdict du tribunal
Mohamed Sbai Fingar a été condamné à :
- 4 ans de prison ferme, sans sursis.
- Une amende de 5 000 euros.
- Une interdiction définitive du territoire français.
Cette décision judiciaire ferme vise à envoyer un message de dissuasion fort aux candidats potentiels à ce type de trafic humain. La défense a indiqué qu'elle envisageait de faire appel de ce jugement.





