Un incendie survenu dans les cuisines de la maison d'arrêt de Nice a contraint les quelque 700 détenus à trouver des solutions alternatives pour se nourrir. Face à des repas de substitution jugés insuffisants, un élan de solidarité s'est organisé, les prisonniers mettant en commun leurs ressources pour cuisiner directement dans leurs cellules.
L'essentiel
- Un incendie a rendu les cuisines de la prison de Nice inutilisables dans la nuit du 30 au 31 octobre 2025.
- Environ 700 détenus sont affectés par cette situation.
- Les repas livrés de l'extérieur sont décrits comme froids et insuffisants.
- Les détenus ont mis en place un système d'entraide pour cuisiner avec les provisions de la cantine.
- Un retour à la normale n'est pas attendu avant plusieurs semaines.
Un sinistre aux conséquences importantes
Dans la nuit du jeudi 30 au vendredi 31 octobre 2025, un incendie s'est déclaré au cœur de la maison d'arrêt de Nice. Le feu, qui aurait pris naissance dans un congélateur défectueux, a causé des dégâts considérables dans les cuisines de l'établissement. Aucune victime n'est à déplorer, mais l'infrastructure est aujourd'hui hors service.
Cette situation a immédiatement posé un défi logistique majeur : comment nourrir les 700 personnes incarcérées ? L'administration pénitentiaire a rapidement mis en place une solution d'urgence en faisant appel à un prestataire extérieur pour la livraison des repas.
Des repas de substitution qui ne satisfont pas
Cependant, cette solution temporaire est loin de faire l'unanimité. Plusieurs sources, dont des familles et des avocats, décrivent des plateaux-repas très limités. Selon l'avocate d'un détenu, les rations distribuées sont restées « froides et très frugales : une orange, un œuf dur, une part de cake à partager ».
Cette description est corroborée par les proches des détenus. « Notre fils nous dit qu’il mange des chips », confie la famille d'un prisonnier. L'inquiétude grandit, d'autant que la situation pourrait durer. Selon les informations qui circulent au sein de l'établissement, un retour à la normale ne serait pas envisagé avant le 22 novembre.
Le défi de l'approvisionnement
Les familles soulignent la difficulté d'aider leurs proches. Envoyer de la nourriture directement prendrait une dizaine de jours pour arriver au destinataire, et il est interdit d'apporter des denrées lors des visites au parloir.
Nordine Souab, délégué syndical de l'Ufap Unsa Justice, a confirmé les difficultés rencontrées. Il a toutefois indiqué qu'un « appel d’offres pour la confection de repas chauds serait fait très rapidement » afin d'améliorer la qualité des repas distribués.
La solidarité s'organise derrière les barreaux
Face à cette précarité alimentaire, une initiative remarquable a vu le jour à l'intérieur même de la prison. À l'impulsion d'un détenu, un système d'entraide s'est spontanément mis en place. Plusieurs prisonniers ont décidé de mettre en commun les produits qu'ils peuvent acheter via le système de cantine.
Cuisiner avec les moyens du bord
Les cellules se sont transformées en cuisines improvisées. Les détenus qui participent à cet élan de solidarité partagent leurs provisions pour préparer des plats chauds pour eux-mêmes et pour ceux qui n'ont pas les moyens de cantiner.
- Pâtes
- Sauces
- Farine
- Œufs
Ces ingrédients de base permettent de confectionner des repas simples mais consistants, une nette amélioration par rapport aux rations froides fournies.
« C’est une démarche rare et positive dans un environnement souvent marqué par la promiscuité et la tension », souligne l'avocate d'un détenu, qui a souhaité mettre en lumière cette initiative.
Cette organisation collective témoigne d'une forte cohésion et d'un esprit de débrouillardise. Elle permet non seulement d'améliorer le quotidien, mais aussi d'apaiser les tensions potentielles liées à la faim et à la frustration.
Une initiative saluée par la direction
Loin d'être perçue comme un acte de défiance, cette organisation a été bien accueillie. Selon la même avocate, la direction de l'établissement pénitentiaire aurait salué cette initiative, y voyant un signe d'entraide bienvenu dans une période particulièrement compliquée à gérer.
Le rôle de la cantine en prison
La cantine est un service qui permet aux personnes détenues d'acheter des produits alimentaires, d'hygiène ou encore des articles pour améliorer leur quotidien (timbres, papier à lettres). Pour beaucoup, c'est le seul moyen de compléter les repas fournis par l'administration, qui sont souvent standardisés.
Alors que l'administration travaille à la mise en place d'une solution pérenne pour la fourniture de repas chauds, la solidarité des détenus de la maison d'arrêt de Nice offre une réponse immédiate et humaine à une situation de crise. Cet événement met en lumière les capacités d'adaptation et d'organisation qui peuvent émerger dans les contextes les plus contraints.





