L'affaire des tags injurieux sur la vitrine du magasin Chaix Décoration à Nice connaît un développement judiciaire complexe. Un couple a été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour les dégradations, tandis qu'une plainte pour viol a été déposée par la femme mise en cause, visant le fils du propriétaire, le député Bernard Chaix, pour des faits qui remonteraient à vingt ans.
Points Clés
- Un couple a été condamné à 4 mois de prison avec sursis pour les dégradations sur le magasin Chaix Décoration.
- La femme impliquée a déposé une plainte pour viol contre le fils du député Bernard Chaix.
- Les faits allégués remonteraient à 20 ans, lorsque les deux personnes étaient adolescentes.
- Le député Bernard Chaix qualifie ces accusations de "calomnie instrumentalisée".
Condamnation pour dégradations et diffamation
Le tribunal a rendu sa décision concernant les inscriptions à la peinture rouge découvertes sur la façade du commerce niçois le 3 septembre dernier. Un couple, identifié par les enquêteurs, a été jugé ce mardi dans le cadre d'une procédure de reconnaissance préalable de culpabilité.
Les deux individus ont été reconnus coupables de "dégradations graves d'un bien appartenant à autrui et diffamation". Ils ont écopé d'une peine de quatre mois d'emprisonnement avec sursis. Le jugement inclut également des mesures strictes : une interdiction d'approcher le commerce visé et d'entrer en contact avec les victimes.
Lors de leur garde à vue à la caserne Auvare, le couple a expliqué les raisons de son geste. Les tags ne visaient pas le député UDR Bernard Chaix, propriétaire des lieux, mais directement son fils.
Un contexte initialement politique
Au moment des faits, l'affaire avait rapidement pris une tournure politique. Le député Bernard Chaix, proche d'Eric Ciotti, avait dénoncé des "attaques ignobles", y voyant le début d'une campagne agressive. Le maire de Nice, Christian Estrosi, avait exprimé son soutien tout en faisant allusion à des "affaires judiciaires" touchant la famille, ce qui avait conduit le député à déposer une plainte pour diffamation contre l'édile.
Une plainte pour viol relance l'affaire
La motivation derrière les dégradations a pris une toute autre dimension avec les révélations faites durant l'enquête. La femme condamnée, aujourd'hui âgée de 34 ans, a expliqué avoir eu une "réaction viscérale" en passant devant le magasin.
Selon ses déclarations, cette réaction serait liée à un traumatisme ancien. Samedi dernier, juste avant son interpellation, elle a officiellement déposé une plainte pour viol. Les faits qu'elle dénonce se seraient produits il y a vingt ans. Elle avait alors 14 ans, et l'homme qu'elle accuse, le fils du député, était également adolescent à l'époque, à peine plus âgé qu'elle.
Durant sa garde à vue, elle se serait excusée pour les dégradations, les présentant comme un acte spontané et non prémédité, déclenché par la vue du nom "Chaix".
La présomption d'innocence
Le parquet de Nice, dirigé par le procureur Damien Martinelli, a confirmé l'étude de cette nouvelle plainte. Il est essentiel de rappeler que l'homme visé par ces accusations bénéficie de la présomption d'innocence jusqu'à ce qu'une décision de justice définitive soit rendue.
La réaction de la famille Chaix
Contacté suite à ce nouveau développement, le député Bernard Chaix a fermement défendu son fils et sa famille. Il a exprimé sa confiance envers le système judiciaire pour faire la lumière sur cette affaire.
"J’ai confiance en la justice et je suis convaincu que le travail d’enquête et d’instruction démontera cette calomnie instrumentalisée qui vise à toucher mon fils et ma famille", a-t-il déclaré.
Avant le dépôt de cette plainte, le procureur de la République avait indiqué qu'il n'existait "aucune procédure pénale mettant en cause l'intéressé connue du parquet de Nice". La situation a donc radicalement changé, ouvrant un nouveau chapitre judiciaire dans ce qui avait commencé comme une affaire de vandalisme.
L'enquête sur les allégations de viol ne fait que commencer. Elle devra déterminer la véracité de faits anciens et complexes, tout en respectant les droits de chaque partie impliquée.





