Un climat de vive tension a secoué le collège Roger-Carles de Contes, près de Nice, vendredi 9 janvier. Deux frères se sont introduits dans l'établissement scolaire et ont agressé physiquement deux élèves devant près de 400 témoins, affirmant agir en réponse au harcèlement que leur sœur aurait subi.
L'incident, survenu peu avant 8 heures du matin, s'est rapidement transformé en une altercation violente, impliquant également le chef d'établissement qui tentait de s'interposer. Cette expédition punitive a entraîné une intervention des forces de l'ordre et des poursuites judiciaires pour les deux frères ainsi que pour leur père.
Les points clés de l'affaire
- Deux frères ont pénétré dans un collège à Contes pour agresser des élèves qu'ils accusaient de harceler leur sœur.
- Un élève a été violemment frappé, entraînant cinq jours d'incapacité de travail (ITT).
- Le proviseur de l'établissement a été empoigné par le col en tentant d'intervenir.
- Les deux frères et leur père ont été placés sous contrôle judiciaire et feront face à la justice.
- L'établissement conteste avoir été préalablement alerté par la jeune fille sur les faits de harcèlement.
Une expédition punitive devant 400 élèves
La journée a commencé dans le chaos pour les élèves et le personnel du collège Roger-Carles. Ce vendredi 9 janvier, deux frères, dont un mineur de 16 ans, ont pénétré dans l'enceinte de l'établissement avec une intention claire : confronter les élèves qu'ils tenaient pour responsables du harcèlement et de l'agression sexuelle présumés de leur sœur.
La situation a rapidement dégénéré. Les deux frères s'en sont pris à deux collégiens. L'un d'eux a été violemment frappé, se voyant prescrire cinq jours d'incapacité totale de travail (ITT). Le second a reçu une gifle, occasionnant un jour d'ITT. La scène s'est déroulée sous les yeux de près de 400 élèves qui arrivaient pour commencer leur journée de cours.
L'intervention du proviseur
Alerté par le tumulte, le proviseur du collège a tenté de mettre fin à l'altercation. En s'interposant, il a été saisi par le col par le frère aîné. Cet acte d'agression envers une figure d'autorité au sein même de l'établissement a accentué la gravité de la situation.
Le chef d'établissement a décidé de porter l'affaire en justice et s'est constitué partie civile. Son avocat, Me Julien Darras, a exprimé son inquiétude face à une "montée de l'insécurité dans des communes jusque-là préservées", soulignant un climat préoccupant.
Le harcèlement scolaire en question
Au cœur de cette affaire se trouvent les allégations de la jeune sœur des agresseurs. Elle affirme avoir été victime de harcèlement et d'agression sexuelle et soutient avoir prévenu la direction du collège. Cependant, cette version est contestée par l'établissement. Me Darras a rappelé que des procédures strictes sont en place pour gérer de telles accusations : "Dès que l'institution est informée de faits de cette nature, il y a toute une procédure qui se met en place [...] Dans tous les cas, une enquête est menée."
Des conséquences judiciaires pour toute la famille
Suite à l'incident, les deux frères ont été rapidement identifiés et interpellés. L'aîné, défendu par Me Kada Sadouni, reconnaît les faits dans leur globalité mais nie avoir porté la main sur les élèves. "C'est quelqu'un de sérieux qui n'a pas d'antécédents judiciaires", a déclaré son conseil. Il sera jugé le 4 mars prochain.
Le frère cadet, âgé de 16 ans, a également été placé sous contrôle judiciaire et devra répondre de ses actes devant la justice des mineurs.
Bilan des agressions :
- Élève 1 : Violemment frappé, 5 jours d'ITT.
- Élève 2 : Giflé, 1 jour d'ITT.
- Proviseur : Empoigné par le col.
Le père également mis en cause
L'affaire a pris une dimension supplémentaire lorsque les gendarmes se sont rendus au domicile familial le jour même des faits. L'intervention aurait dégénéré, et des menaces de mort auraient été proférées à l'encontre des forces de l'ordre.
Le père des deux jeunes hommes a été interpellé et placé en garde à vue. Il est poursuivi pour rébellion et outrage à personne dépositaire de l'autorité publique. Représenté par le même avocat, Me Kada Sadouni, il a été placé sous contrôle judiciaire en attendant son procès, prévu pour le mois de juin dans une procédure distincte.
Un acte qui soulève de nombreuses questions
Cet événement met en lumière la détresse d'une famille face à des accusations de harcèlement, mais aussi les conséquences graves d'une tentative de se faire justice soi-même. La violence exercée au sein d'un établissement scolaire, un lieu qui se doit d'être sécurisé, choque profondément la communauté locale.
"Il reconnaît les faits et assure n’avoir pas touché aux élèves. C’est quelqu’un de sérieux qui n’a pas d’antécédents judiciaires."
L'enquête administrative et judiciaire devra désormais faire la lumière sur tous les aspects de cette affaire : d'une part, vérifier la véracité des faits de harcèlement dénoncés par l'adolescente et la manière dont ils ont été, ou non, signalés et traités par le collège. D'autre part, statuer sur la responsabilité pénale des trois membres de la famille impliqués dans cette journée de violences.





