La principale du collège Henri-Matisse à Nice a été agressée physiquement par une mère d'élève le 16 octobre dernier alors qu'elle assurait la sécurité des élèves. Cet événement, suivi d'une campagne de harcèlement en ligne, a plongé l'établissement et le corps enseignant dans une profonde inquiétude, entraînant l'ouverture d'une enquête par le procureur de la République.
Points Clés
- Une principale de collège à Nice a été giflée par une parente d'élève devant son établissement.
- L'agression a eu lieu alors qu'elle gérait la traversée d'un passage piéton par les élèves.
- La cheffe d'établissement fait également l'objet de harcèlement et de menaces sur les réseaux sociaux.
- Les enseignants ont organisé un débrayage pour dénoncer un "climat de violence intolérable".
- Le rectorat a accordé sa protection à la victime et une enquête judiciaire est en cours.
Le déroulement de l'agression
Les faits se sont produits le jeudi 16 octobre 2025, à l'heure de la sortie des classes. La principale du collège Henri-Matisse, un établissement qui accueille plus de 1 000 élèves, supervisait la sécurité aux abords du bâtiment, une tâche devenue habituelle pour de nombreux chefs d'établissement.
Alors qu'elle demandait à une automobiliste de ralentir pour laisser passer des collégiens sur un passage piéton, la situation a rapidement dégénéré. La conductrice, qui s'est avérée être la mère d'un élève, a stoppé son véhicule, en est sortie et a violemment giflé la principale tout en l'insultant.
L'agression s'est déroulée devant plusieurs témoins, créant une onde de choc immédiate parmi les élèves et le personnel présents. La victime, profondément secouée, a depuis été placée en arrêt maladie.
Une communauté éducative sous le choc
Dès le lendemain de l'incident, le corps enseignant du collège a réagi en organisant un débrayage d'une heure. Ce mouvement visait à exprimer un soutien sans faille à leur cheffe d'établissement, mais aussi à alerter sur une dégradation générale du climat au sein et autour du collège.
Un climat de tension croissant
Selon plusieurs sources internes, cet événement n'est pas un acte isolé. Les enseignants s'inquiètent d'une montée des incivilités et des violences verbales ou physiques, créant un environnement de travail de plus en plus tendu pour l'ensemble du personnel éducatif.
"On a rassemblé tous les élèves dans la cour pour leur expliquer qu'il y avait un climat de violence intolérable, que ce soit dans l'établissement ou à ses abords", a confié une professeure. "Nous voulions qu'ils prennent conscience de la gravité de la situation."
Du harcèlement en ligne aux menaces
L'épreuve pour la principale ne s'est pas arrêtée à l'agression physique. Début novembre, une nouvelle affaire a éclaté, cette fois sur les réseaux sociaux. Une vidéo montrant un contrôle de police devant le collège, sur laquelle la principale apparaissait à visage découvert, a été diffusée en ligne.
Cette publication a déclenché une vague de menaces et ce qui s'apparente à une véritable campagne de harcèlement. La situation est devenue si pesante que la principale craindrait désormais de sortir de son domicile.
"On sait que Samuel Paty, ce n'est pas que chez les autres, donc nous sommes un peu anxieux", a glissé une enseignante, faisant écho à une peur latente qui traverse la profession.
Ce harcèlement numérique a aggravé l'impact psychologique de l'agression initiale et a contribué à la prolongation de son arrêt maladie.
La réponse des autorités
Face à la gravité des faits, les autorités académiques ont rapidement réagi. Le rectorat a confirmé que la "protection fonctionnelle" avait été immédiatement accordée à la principale. Ce dispositif engage l'administration à protéger ses agents victimes de violences ou de menaces dans l'exercice de leurs fonctions.
Qu'est-ce que la protection fonctionnelle ?
Il s'agit d'un ensemble de mesures qu'une administration publique doit mettre en œuvre pour ses agents. Cela peut inclure une assistance juridique, un soutien psychologique et la prise en charge des frais de justice liés aux poursuites engagées par l'agent ou contre lui dans le cadre de ses fonctions.
De plus, la rectrice et l'inspecteur d'académie ont signalé les faits au procureur de la République, conformément à la procédure. Le rectorat a précisé qu'"une enquête est en cours" pour faire toute la lumière sur l'agression physique ainsi que sur les faits de harcèlement en ligne.
La communauté éducative de Nice, et plus largement de France, suit cette affaire avec attention, espérant des réponses fermes pour garantir la sécurité de ceux qui œuvrent chaque jour à l'éducation des enfants.




