La ville d'Arles a lancé un projet ambitieux de rénovation de trois de ses cours d'école durant les vacances scolaires. Ces travaux visent à créer des espaces plus verts, plus ludiques et mieux adaptés aux défis climatiques, offrant ainsi aux élèves un environnement d'apprentissage amélioré dès la rentrée.
Les chantiers, qui se déroulent dans les écoles des Alyscamps, Marie Curie et Les Lices, s'inscrivent dans une démarche globale de la municipalité pour améliorer la qualité de vie des plus jeunes. L'objectif est de remplacer les surfaces goudronnées par des matériaux perméables et des zones de végétation pour lutter contre les îlots de chaleur urbains et favoriser la biodiversité.
Points Clés
- Trois cours d'école à Arles sont en cours de rénovation complète pendant les vacances d'été.
- Le projet vise à remplacer l'asphalte par des surfaces végétalisées et des matériaux perméables.
- L'objectif principal est de lutter contre les îlots de chaleur et d'améliorer le cadre de vie des élèves.
- Les nouveaux aménagements incluent des potagers pédagogiques, des zones de calme et des structures de jeu en matériaux naturels.
Un projet pour adapter l'école au climat de demain
Face à des étés de plus en plus chauds en Provence, la transformation des cours d'école est devenue une priorité pour la municipalité d'Arles. Les vastes étendues de bitume, qui absorbent et restituent la chaleur, peuvent transformer les cours en véritables fournaises durant les journées ensoleillées, rendant les récréations difficiles pour les enfants.
Le projet de "désimperméabilisation" est au cœur de cette initiative. En retirant une grande partie de l'asphalte, la ville cherche à faire baisser la température de plusieurs degrés. L'eau de pluie pourra de nouveau s'infiltrer dans les sols, rechargeant les nappes phréatiques au lieu de surcharger les réseaux d'assainissement.
Le saviez-vous ?
Une cour d'école végétalisée peut être jusqu'à 7°C plus fraîche qu'une cour entièrement bitumée lors d'une chaude journée d'été. Ce processus, appelé évapotranspiration, agit comme une climatisation naturelle.
Plus que de la verdure, un nouvel espace de vie
La rénovation ne se limite pas à planter des arbres. Chaque cour est repensée pour offrir une diversité d'usages et stimuler le développement des enfants. Les nouveaux aménagements prévoient des zones distinctes pour répondre aux besoins de tous.
On y trouvera des espaces calmes, avec des bancs à l'ombre des nouveaux arbres, destinés à la lecture ou à la discussion. Des structures de jeu en bois, plus durables et esthétiques que les équipements en plastique, seront installées pour encourager l'activité physique et l'imagination. Des potagers pédagogiques verront également le jour, permettant aux élèves de s'initier au jardinage et de comprendre le cycle des saisons.
Une approche participative et pédagogique
Pour garantir que les nouveaux espaces répondent aux attentes de leurs principaux utilisateurs, la municipalité a engagé un processus de concertation en amont. Les équipes enseignantes, les parents d'élèves et les enfants eux-mêmes ont été invités à partager leurs idées et leurs envies pour leur future cour de récréation.
"Il était essentiel pour nous que ce projet soit co-construit. Les enfants ont une vision très claire de ce qui rend une cour agréable. Leurs dessins et leurs propositions ont été une source d'inspiration formidable pour les paysagistes", explique un responsable du service de l'urbanisme de la ville.
Cette démarche a permis de concevoir des aménagements uniques pour chaque école, adaptés à la configuration des lieux et aux spécificités de chaque communauté scolaire. L'implication des élèves a également une forte valeur pédagogique, en les sensibilisant aux enjeux environnementaux et en leur donnant un sentiment d'appropriation de leur environnement scolaire.
Un mouvement national
L'initiative d'Arles s'inscrit dans un mouvement plus large en France, souvent appelé "cours oasis". De nombreuses villes comme Paris, Lyon ou Strasbourg ont déjà lancé des programmes similaires pour transformer les cours d'école en îlots de fraîcheur et en espaces de biodiversité, répondant ainsi aux impératifs du changement climatique et aux nouvelles approches pédagogiques.
Les défis d'un chantier estival
Mener à bien trois chantiers d'envergure en seulement deux mois représente un défi logistique important. La coordination entre les différentes entreprises, la gestion des approvisionnements et le respect des délais serrés sont cruciaux pour que tout soit prêt pour la rentrée de septembre.
Le calendrier a été pensé pour minimiser les nuisances pour le voisinage. Les travaux les plus bruyants, comme la démolition des anciennes surfaces, ont été planifiés au début des vacances. La phase de plantation et d'installation des équipements se déroulera en août.
Quels bénéfices à long terme ?
Au-delà du confort immédiat, les bénéfices attendus de ces transformations sont multiples :
- Bien-être des enfants : Moins de stress lié à la chaleur, plus d'opportunités de jeux variés et un contact direct avec la nature.
- Apprentissage : La cour devient un outil pédagogique à ciel ouvert pour les sciences, l'environnement et l'art.
- Socialisation : Des espaces mieux définis peuvent réduire les conflits et encourager des jeux plus inclusifs.
- Environnement : Meilleure gestion des eaux de pluie, augmentation de la biodiversité locale et réduction de la température ambiante.
La municipalité a confirmé que si ce projet pilote est un succès, le programme pourrait être étendu à d'autres écoles de la ville dans les années à venir. Arles s'engage ainsi concrètement à offrir à ses enfants un cadre d'apprentissage plus sain, plus durable et plus épanouissant.





