Une vidéo montrant un impressionnant écoulement d'eau sombre se déversant dans la mer à Nice a suscité de vives interrogations sur les réseaux sociaux. Publiée par l'animateur Jean-Luc Reichmann lors des récentes intempéries, la séquence a rapidement atteint plus d'un million de vues, alimentant les craintes d'une pollution. Il s'agit en réalité d'un phénomène naturel bien connu des services de la ville.
Points Clés
- Une vidéo de Jean-Luc Reichmann montrant un écoulement sombre dans la mer à Nice est devenue virale.
- De nombreux internautes se sont inquiétés d'une possible pollution des eaux.
- Les autorités de Nice ont confirmé qu'il s'agissait d'un phénomène naturel lié aux fortes pluies.
- L'écoulement provient d'un canal d'évacuation des eaux de pluie qui charrie des sédiments et de la boue.
Une vidéo virale interroge les internautes
Samedi dernier, alors que les Alpes-Maritimes étaient placées en vigilance orange pour des risques de pluie et d'inondations, l'animateur de télévision Jean-Luc Reichmann a partagé une vidéo sur son compte Instagram. Les images, vraisemblablement filmées depuis l'hôtel Negresco, montrent un puissant flux d'eau de couleur très foncée se jetant dans la mer agitée, créant une large nappe contrastant avec le bleu de la Méditerranée.
La publication a immédiatement capté l'attention, cumulant rapidement plus de 1,5 million de vues. Dans sa description initiale, l'animateur avait écrit : « Les eaux de la ville se déversent dans la mer. Tempête ce matin ici... », ce qui a ouvert la porte à de nombreuses spéculations dans les commentaires.
De nombreux abonnés se sont interrogés sur l'origine de cette couleur, certains évoquant une pollution ou un débordement des égouts. D'autres, plus connaisseurs de la région, ont rapidement suggéré qu'il pourrait s'agir du Paillon ou d'un autre exutoire pluvial.
L'explication des autorités : un phénomène naturel
Face à l'ampleur prise par la vidéo, les services de la mairie de Nice ont apporté des éclaircissements. L'écoulement observé n'est pas lié à une pollution, mais provient d'un ouvrage spécifiquement conçu pour gérer les eaux de pluie.
Il s'agit de l'embouchure d'un canal dont la fonction est d'évacuer vers la mer les eaux de ruissellement collectées dans un vallon en amont. Lors d'épisodes orageux intenses, comme celui du week-end dernier, le débit de l'eau est si puissant qu'il arrache et transporte les sédiments, la terre et la boue accumulés le long de son parcours.
Ce n'est pas de la pollution
La couleur sombre de l'eau est due à la forte concentration de sédiments naturels et de boue remués par la puissance du courant lors des fortes pluies. Il ne s'agit pas d'un déversement d'eaux usées.
Ce phénomène, appelé turbidité, est courant lors des fortes précipitations et explique la couleur noirâtre de l'eau. Peu après, la description de la publication Instagram a été modifiée par l'animateur pour une version plus neutre : « Les eaux se déversent dans la mer », dissipant ainsi l'ambiguïté.
Le système de gestion des eaux à Nice
La ville de Nice est dotée d'un réseau complexe pour gérer à la fois les eaux de pluie et les eaux usées, qui suivent des chemins bien distincts. La Promenade des Anglais compte plusieurs points de rejet pour les eaux pluviales et les fleuves côtiers.
Les exutoires pluviaux et les fleuves
Outre le canal visible sur la vidéo, un autre ouvrage similaire se trouve près de l'avenue Gambetta. De plus, deux fleuves se jettent directement dans la Baie des Anges :
- Le Paillon, dont l'embouchure se situe au niveau du Jardin Albert 1er.
- Le Magnan, qui se jette dans la mer en face du Palais de l'Agriculture.
Lors de chaque épisode de fortes pluies, ces cours d'eau charrient également d'importantes quantités de sédiments, modifiant temporairement la couleur de l'eau à leur embouchure.
La gestion des eaux usées
Il est important de noter que le traitement des eaux usées de la métropole est un processus entièrement séparé. La station d'épuration Haliotis se trouve bien plus à l'ouest, dans le quartier de Ferber. Après traitement, les eaux sont rejetées en mer via deux émissaires sous-marins, loin des côtes. Le principal se situe à 1 200 mètres du rivage et à 100 mètres de profondeur, assurant une dilution efficace et sans impact pour les zones de baignade.
Le système a donc parfaitement fonctionné comme prévu lors de cet épisode orageux. Le spectacle, bien qu'impressionnant, n'était que la manifestation visible et naturelle du cycle de l'eau en milieu urbain lors d'un événement météorologique intense.





