Le Centre Antoine-Lacassagne, spécialisé dans la lutte contre le cancer à Nice, a franchi une étape décisive en matière de santé publique. L'établissement est devenu le premier centre hospitalier des Alpes-Maritimes à interdire totalement l'usage du tabac et du vapotage sur l'ensemble de son site, à l'intérieur comme à l'extérieur.
Cette mesure, entrée en vigueur début novembre, s'applique à tous : patients, visiteurs et personnel soignant. Elle s'inscrit dans une démarche globale visant à promouvoir un environnement sain et à renforcer le rôle d'exemplarité de l'institution.
L'essentiel
- Le Centre Antoine-Lacassagne à Nice interdit désormais de fumer et de vapoter sur tout son périmètre.
- Il s'agit du premier établissement de santé des Alpes-Maritimes à adopter une politique 100 % sans tabac.
- La décision est soutenue par 92 % des patients interrogés lors d'une enquête interne.
- Des mesures d'accompagnement sont proposées au personnel pour les aider à arrêter de fumer.
Une initiative pour l'exemplarité
La décision a été officialisée par la signature de la charte « Lieu de Santé Sans Tabac » le 4 novembre 2025. Ce projet a été mené en collaboration avec des partenaires clés de la santé publique, notamment le Réseau de Prévention des Addictions (RESPADD), l'Agence Régionale de Santé (ARS) Paca et l'Association Régionale de Coordination en Addictologie de la Région Sud (ARCA Sud).
En tant que pôle de référence en cancérologie, l'établissement a souhaité aligner ses pratiques avec sa mission fondamentale. « Nous avons le devoir d’incarner les valeurs de prévention et d’exemplarité », a déclaré le Professeur Emmanuel Barranger, Directeur Général du Centre Antoine-Lacassagne.
« Ce label renforce notre engagement collectif à protéger les plus fragiles et à promouvoir la santé pour tous. » - Pr Emmanuel Barranger, Directeur Général
L'objectif n'est pas seulement de protéger les non-fumeurs de la fumée passive, mais aussi de « dénormaliser » l'image du tabac dans un lieu dédié au soin. Fondé en 1961, le centre accueille plus de 6 000 nouveaux patients chaque année, pour qui cet environnement sans tabac se veut un signal fort.
Une mesure largement approuvée
Avant de mettre en place cette interdiction, la direction du centre a mené une consultation approfondie auprès des principaux concernés. Une enquête a été réalisée auprès de 196 patients et 341 membres du personnel pour sonder les opinions.
Les résultats ont révélé un soutien massif de la part des usagers. Près de 92 % des patients se sont déclarés favorables à l'interdiction totale du tabac au sein de l'établissement. Ce chiffre témoigne d'une attente forte pour des espaces de soin entièrement sains.
Le personnel aussi convaincu
Du côté des professionnels, l'enquête a mis en lumière une prise de conscience sur l'image de l'institution. 61 % d'entre eux ont estimé que voir un soignant fumer en tenue de travail nuisait à l'image d'hygiène de l'hôpital, et 67 % ont jugé que cela allait à l'encontre du devoir d'exemplarité.
Cette adhésion interne a été un facteur déterminant dans la mise en œuvre de la politique, garantissant une meilleure application de la nouvelle règle au quotidien.
Accompagner le changement plutôt que sanctionner
La direction du Centre Antoine-Lacassagne insiste sur le fait que l'objectif principal est préventif et éducatif, et non punitif. Pour accompagner le personnel fumeur dans cette transition, des solutions concrètes ont été mises en place.
Les salariés peuvent désormais bénéficier de consultations de tabacologie dédiées, entièrement prises en charge par l'établissement. Ces rendez-vous peuvent même avoir lieu sur leur temps de travail, levant ainsi un obstacle important pour ceux qui souhaitent entamer une démarche de sevrage.
Cette approche vise à encourager activement l'arrêt du tabac et à soutenir les employés, reconnaissant la difficulté que peut représenter la dépendance à la nicotine.
Un double enjeu : santé et environnement
Au-delà de l'aspect sanitaire, cette mesure comporte également un volet environnemental non négligeable. En interdisant la cigarette sur l'ensemble du site, le centre lutte activement contre la pollution liée aux mégots.
Chaque année, des milliers de mégots, qui mettent des années à se dégrader et polluent les sols et les eaux, ne seront plus jetés aux abords de l'hôpital. La suppression des zones fumeurs contribue ainsi à maintenir un environnement plus propre et plus agréable pour tous.
Un modèle pour la région
En devenant le premier « Lieu de Santé Sans Tabac » des Alpes-Maritimes, le Centre Antoine-Lacassagne espère inspirer d'autres établissements de santé de la région à suivre son exemple.
Cette initiative s'inscrit dans un mouvement national de promotion de la santé et de lutte contre le tabagisme, qui reste la première cause de mortalité évitable en France. En affichant clairement sa position, l'hôpital de Nice ne se contente plus de soigner les maladies liées au tabac, il agit désormais en amont pour les prévenir.
Cette démarche proactive renforce son rôle de leader en matière de santé publique et envoie un message clair : dans un lieu de soin, la priorité absolue est la santé, pour les patients comme pour ceux qui les soignent.





