À l'approche des élections municipales de 2026, le candidat Éric Ciotti a présenté une série de mesures destinées à revitaliser le système de santé niçois. Face à la pénurie de soignants et aux tensions hospitalières, son programme mise sur des incitations concrètes pour attirer les professionnels et une gestion plus directe des établissements clés.
Lors d'une table ronde avec des acteurs du secteur, le candidat de l'Union des droites pour la République (UDR) et du Rassemblement national a détaillé sa vision pour « apaiser » un système sous pression, avec des propositions allant du logement au stationnement, en passant par la gouvernance du CHU de Nice.
Les points clés
- Création de logements réservés pour les soignants s'installant à Nice.
- Extension de la gratuité du stationnement pour les professionnels de santé à domicile.
- Engagement à présider personnellement le conseil de surveillance du CHU de Nice.
- Volonté de protéger le site de la Fondation Lenval des projets immobiliers.
- Opposition au projet de pôle santé dans la plaine du Var.
Une stratégie pour attirer les professionnels de santé
Le principal défi identifié par l'équipe de campagne est la difficulté pour les soignants de s'installer sur la Côte d'Azur. Le coût de la vie, et en particulier celui du logement, est un frein majeur à l'attractivité de la métropole niçoise pour les médecins, infirmiers et autres professionnels du secteur.
Pour répondre à cette problématique, Éric Ciotti propose de réserver un contingent de logements spécifiquement pour les soignants nouvellement arrivés. Cette mesure vise à faciliter leur installation et à alléger la charge financière que représente la recherche d'un logement dans une zone où le marché immobilier est particulièrement tendu.
Une autre proposition concerne la mobilité des professionnels effectuant des soins à domicile. Le candidat s'engage à étendre la gratuité du stationnement pour eux dans les parkings relais du réseau Lignes d'Azur, les parcs Parcazur. L'objectif est de simplifier leur quotidien et de réduire leurs frais de déplacement.
Le saviez-vous ?
La question de l'installation des médecins est au cœur d'un débat national. Un projet de loi, dit "Garot", propose de réguler l'installation des médecins pour lutter contre les déserts médicaux, une mesure à laquelle Éric Ciotti a rappelé son opposition, défendant la "liberté d'installation".
Des locaux pour rapprocher les soins des habitants
Afin de lutter contre les déserts médicaux qui touchent certains quartiers de la ville, le programme prévoit la mise à disposition de locaux municipaux. Ces espaces seraient destinés à la création de maisons de santé pluridisciplinaires.
Ces structures, qui regroupent plusieurs professionnels (médecins généralistes, spécialistes, infirmiers, kinésithérapeutes), permettent de proposer une offre de soins de proximité et de faciliter le parcours de santé des patients. En facilitant leur implantation, la mairie jouerait un rôle actif dans le maillage sanitaire du territoire.
Une implication directe dans la gestion hospitalière
Le système hospitalier niçois, et notamment le CHU, est également au centre des préoccupations du candidat. Évoquant un besoin de « management plus humain et rigoureux », Éric Ciotti a annoncé une mesure forte s'il est élu.
« Je présiderai personnellement le conseil de surveillance du CHU afin d'y assurer un pilotage direct de la part de la mairie. »
Cette prise de fonction, actuellement assurée par le maire en place Christian Estrosi, marquerait une volonté d'implication personnelle dans la stratégie et la gestion de l'établissement public. Cette annonce intervient dans un contexte de relations complexes entre le centre hospitalier et la Fondation Lenval.
Le rôle du conseil de surveillance d'un CHU
Présidé par le maire de la commune où se situe l'établissement principal, le conseil de surveillance se prononce sur les orientations stratégiques de l'hôpital. Il exerce un contrôle permanent sur la gestion de l'établissement. Une présidence active du maire peut donc avoir une influence significative sur les décisions majeures.
Quel avenir pour la pédiatrie niçoise ?
La Fondation Lenval, hôpital pédiatrique historique de Nice, fait l'objet d'une attention particulière dans le programme du candidat. Il propose une « garantie de protection du site face aux projets immobiliers » qui pourraient le menacer.
L'objectif affiché est de réunir à nouveau l'ensemble de la pédiatrie niçoise sur ce site emblématique. Cette vision s'oppose frontalement au projet de grand pôle santé prévu dans la plaine du Var à l'horizon 2031-2032.
Éric Ciotti a qualifié ce projet de « totalement irréaliste », marquant ainsi une rupture claire avec la stratégie de développement sanitaire portée par l'actuelle municipalité. Le débat sur l'organisation future de l'offre de soins à Nice est donc clairement lancé pour la campagne municipale.





