Nicolas Aragona, un Niçois de 36 ans connu sur les réseaux sociaux sous le pseudonyme de « Supersero », porte son message de déstigmatisation du VIH sur la scène nationale. Il participera à l'émission « La France à un incroyable talent », diffusée ce mardi 11 novembre 2025 sur M6, utilisant l'humour pour aborder un sujet encore tabou.
Vivant avec le VIH depuis 15 ans, Nicolas a transformé son expérience personnelle en une mission. Sur des plateformes comme TikTok, où il rassemble près de 400 000 abonnés, il partage son quotidien et combat les idées reçues. Sa participation à l'émission télévisée représente une opportunité unique de toucher un public plus large.
Points Clés
- Nicolas Aragona, alias "Supersero", est un créateur de contenu de Nice qui sensibilise au VIH.
- Il participera à l'émission "La France à un incroyable talent" sur M6 pour partager son histoire.
- Diagnostiqué à 21 ans, il utilise l'humour pour dédramatiser la vie avec le virus.
- Il est suivi par une large communauté sur TikTok et Instagram.
Une tribune nationale pour un message essentiel
Ce mardi soir, les téléspectateurs de M6 découvriront un talent d'un genre particulier. Loin des numéros de magie ou de chant, Nicolas Aragona montera sur scène pour parler du VIH. Contacté par la production de l'émission pour son contenu décalé sur les réseaux sociaux, il a saisi cette chance pour faire plus qu'un simple sketch humoristique.
Initialement, l'idée était de présenter un numéro comique. Cependant, Nicolas a insisté pour intégrer un plaidoyer sur la réalité de la vie avec le VIH. « Je ne voyais pas l'intérêt de faire un spectacle sans message. J'ai négocié la possibilité de faire un plaidoyer sur le VIH avant mon show. Ils ont accepté », explique-t-il. Cette démarche montre sa détermination à utiliser chaque plateforme pour éduquer et informer.
Malgré une anxiété palpable en coulisses, l'enjeu était trop important pour reculer. « C'est très rare de voir une personne porteuse du VIH à cet endroit. Je ne pouvais pas manquer l'opportunité », confie-t-il. Son passage a été salué par le public et des membres du jury comme Marianne James et Éric Antoine, confirmant la pertinence de son message.
Le poids des préjugés et le début d'un combat
Le parcours de Nicolas Aragona n'a pas été simple. Il a appris sa séropositivité à l'âge de 21 ans, une annonce qui a bouleversé sa vie. Il raconte une expérience de diagnostic difficile, où un médecin remplaçant a refusé de lui donner clairement les résultats, se contentant de lui dire que c'était « quelque chose de très grave » nécessitant un traitement urgent.
Un contexte familial particulier
Dès son enfance, Nicolas a été sensibilisé aux questions de santé. Son père avait été infecté par l'hépatite C dans le cadre de l'affaire du sang contaminé, ce qui a marqué sa jeunesse. Cette expérience a sans doute influencé sa manière d'aborder sa propre condition plus tard.
Au-delà du choc médical, c'est le regard des autres qui a été le plus difficile à supporter. Il décrit des réactions disproportionnées de la part de son entourage, oscillant entre la peur et une compassion maladroite. « J'étais complètement perdu. Je ne disais rien et les gens s'emballaient tout de suite », se souvient-il. C'est cette stigmatisation qui l'a poussé à prendre la parole des années plus tard.
"Supersero" : la naissance d'un porte-parole digital
C'est durant le confinement de 2020 que Nicolas Aragona a décidé de lancer son projet sur les réseaux sociaux. Il constatait un manque dans le discours public : si la prévention était bien présente, la parole des personnes vivant avec le VIH restait largement inaudible. « Je voulais combler un manque. Je trouvais qu’on oubliait les gens touchés par le VIH », précise-t-il.
Le succès a été presque immédiat. En une semaine seulement, son compte TikTok a attiré 20 000 abonnés. Aujourd'hui, sa communauté est très active et lui pose quotidiennement des questions. Pour y répondre avec précision, il s'est énormément documenté.
« J’ai fait énormément de recherches, j’ai eu plein d’échanges dans le monde, avec des médecins, pour en apprendre plus sur le VIH. J’ai eu écho de beaucoup de souffrance. Des personnes en dépression ou qui arrêtaient leur traitement avec des envies de se suicider. »
Cette interaction directe avec des personnes en détresse a renforcé sa conviction qu'il fallait aborder le sujet différemment, avec légèreté et humour, pour le rendre plus accessible.
Indétectable = Intransmissible
Aujourd'hui, grâce aux traitements, Nicolas Aragona a une charge virale indétectable. Cela signifie que le virus est présent en si faible quantité dans son corps qu'il ne peut plus le transmettre. Cet état, connu sous le slogan "I=I" (Indétectable = Intransmissible), lui permet de vivre une vie normale et une espérance de vie similaire à celle de la population générale.
L'humour comme bouclier et outil de pédagogie
La marque de fabrique de "Supersero" est son ton. En utilisant l'humour et des jeux de mots, il parvient à vulgariser un sujet qui effraie encore beaucoup de monde. Ses courtes vidéos déconstruisent les clichés un par un, de la transmission du virus à la réalité du quotidien avec un traitement.
Cependant, cette exposition a un coût. Nicolas est régulièrement la cible de moqueries et de messages haineux. « J’ai été menacé de mort plusieurs fois par le passé et je continue de l’être. Je vis avec », admet-il avec une franchise désarmante. Plutôt que de se laisser abattre, il continue son combat, convaincu de l'importance de sa mission.
Son passage sur une chaîne de grande écoute est une consécration, mais surtout une nouvelle étape pour faire avancer sa cause. En mêlant plaidoyer et divertissement, Nicolas Aragona espère toucher les cœurs et les esprits, et prouver qu'il est possible de vivre, et même de rire, avec le VIH.





