Une mère de famille du quartier des Liserons, à Nice, implore son bailleur social de la reloger suite au décès tragique de son fils de 16 ans. L'adolescent, atteint d'autisme, a chuté du balcon de leur appartement situé au septième étage le 19 décembre dernier.
Face à ce drame, Somaya, la mère, se sent incapable de continuer à vivre dans le logement où la tragédie a eu lieu. Elle met en cause l'état de l'appartement et un volet défectueux qui, selon elle, aurait contribué à l'accident.
Les points clés de l'affaire
- Un adolescent autiste de 16 ans est décédé après une chute du 7e étage dans le quartier des Liserons à Nice.
- Sa mère, Somaya, demande un relogement d'urgence, ne supportant plus de vivre sur les lieux du drame.
- Elle affirme avoir signalé à plusieurs reprises un volet cassé qui aurait rendu le balcon accessible.
- Le bailleur social, Côte d'Azur Habitat, s'engage à accompagner la famille mais indique n'avoir aucune trace écrite des demandes de réparation.
Un drame qui secoue le quartier des Liserons
Le 19 décembre 2025 restera une date gravée dans la mémoire des habitants de l'impasse des Liserons. Aux alentours de 7h35 du matin, Mohamed-Hedi, un jeune homme de 16 ans, a fait une chute mortelle depuis le balcon de l'appartement familial, au septième et dernier étage d'un immeuble.
Sa mère, Somaya, mère célibataire de cinq enfants, vivait dans une angoisse permanente pour la sécurité de son fils, atteint de troubles autistiques. Elle explique avoir pris de nombreuses précautions, comme garder les fenêtres fermées et installer des caméras pour le surveiller. Le drame s'est produit en quelques secondes d'inattention.
« C'était un petit joyeux, il dansait tout le temps », confie sa mère en montrant des vidéos de son fils. La communauté locale, très soudée, s'est rapidement mobilisée pour soutenir la famille endeuillée. Des roses blanches ont été accrochées près du lieu de la chute en hommage à l'adolescent, qui allait fêter ses 17 ans une semaine plus tard.
La question de la responsabilité et de l'état du logement
Pour Somaya, la douleur est mêlée à la colère. Elle pointe du doigt l'état de son logement, qu'elle décrit comme insalubre, et particulièrement un store défectueux au salon. Selon elle, ce volet cassé est directement responsable de l'accident, car il aurait permis à son fils d'accéder au balcon.
« J'en veux à Côte d’Azur Habitat, ils ne sont jamais venus faire les réparations », déclare-t-elle. La mère de famille assure avoir contacté le bailleur social à plusieurs reprises par téléphone et s'être déplacée pour signaler le problème, sans succès. Elle regrette de ne pas avoir formalisé ses plaintes par écrit.
Des demandes de relogement antérieures
Au-delà de la réparation du volet, Somaya affirme avoir demandé depuis plusieurs années un logement plus adapté à la condition de son fils. Elle souhaitait obtenir un appartement en rez-de-chaussée ou au premier étage pour limiter les risques. Ces demandes, également faites oralement, n'ont pas abouti.
Le sentiment d'abandon est partagé par certains voisins. « Quand on grandit dans un quartier, tout le monde se fiche de nous », témoigne Soukaïna, une amie de la famille qui a diffusé une vidéo sur les réseaux sociaux pour alerter sur la situation et s'assurer que le drame ne soit pas ignoré.
La réponse du bailleur social et l'appel à l'aide
Face à la tragédie, le bailleur social Côte d'Azur Habitat a réagi. Manuel Smadja, son directeur général, a exprimé sa désolation face à la situation. « On est tellement désolés de ce que vit cette famille », a-t-il déclaré, assurant que ses services allaient accompagner la mère et ses enfants.
« Nous devons prendre en compte le douloureux traumatisme de cette famille », a-t-il ajouté. Il a confirmé que le traitement de la demande de relogement serait une priorité, comme c'est le cas lorsqu'un décès est lié à un appartement géré par l'organisme.
L'importance des démarches écrites
Le directeur de Côte d'Azur Habitat a cependant souligné un point crucial : l'absence de traces formelles des demandes de la mère. « Nous n’avions malheureusement aucune trace de demande ni pour le store, ni pour le relogement pour agir avant », a-t-il expliqué. Cette situation met en lumière la nécessité pour les locataires de formaliser leurs requêtes par courrier recommandé pour garantir leur prise en compte.
L'appel de Somaya a également été entendu par des élus locaux. Fatima Khaldi, adjointe au maire de Nice, s'est rendue sur place à titre personnel pour réconforter la mère. « Elle a pleuré avec moi, m’a serré dans ses bras », raconte Somaya.
L'impossible retour dans l'appartement
Aujourd'hui, l'urgence pour la famille est de quitter cet appartement chargé de souvenirs douloureux. « Je ne peux plus habiter dans cet appartement, je ne peux plus voir le balcon d’où mon fils est tombé, c’est trop dur », confie la mère.
« Mes enfants ne veulent plus rester non plus. Tout nous rappelle le drame. Je voudrais qu’ils me fassent déménager. »
Ses autres enfants sont profondément traumatisés et la perspective de retourner à l'école après les vacances s'annonce difficile. Somaya souhaite rester dans le quartier des Liserons pour ne pas perturber davantage leur scolarité et conserver le réseau de soutien de ses proches.
La famille doit maintenant organiser le rapatriement du corps de Mohamed-Hedi en Tunisie. Soutenue par ses sœurs et ses amies, Somaya remercie la communauté pour son aide, ainsi que les pompiers et les policiers pour leur « humanité » et leur « respect » lors de leur intervention.





