Face à une crise du logement de plus en plus marquée à Nice, le maire Christian Estrosi a dévoilé une série de mesures ambitieuses en vue des élections municipales de 2026. Son plan vise à injecter 10 000 nouveaux logements sur le marché niçois au cours du prochain mandat, en combinant aides financières, construction et lutte contre la vacance immobilière.
Cette initiative intervient dans un contexte de forte tension immobilière, où les prix ont atteint des niveaux qui excluent une partie des habitants et freinent l'attractivité de la ville pour de nouveaux arrivants.
Les points clés du plan logement
- Objectif de créer 10 000 nouveaux logements durant le prochain mandat.
- Construction de 2 500 nouveaux logements sociaux (HLM).
- Mise en place d'une prime de 5 000 euros pour les propriétaires remettant un bien vacant en location.
- Exonération de la taxe foncière pendant trois ans pour les bailleurs réalisant d'importants travaux de rénovation.
- Création d'une brigade municipale pour lutter contre les logements vacants et la spéculation.
Un objectif ambitieux pour répondre à l'urgence
Le cœur du programme de Christian Estrosi repose sur un chiffre : 10 000 nouveaux logements. Cet objectif est conçu pour desserrer la pression sur un marché immobilier considéré comme le plus tendu de France après Paris. La ville a gagné en attractivité ces dernières années, mais cette réussite a eu pour conséquence une flambée des prix qui pénalise les Niçois.
Sur ce total, une part importante sera dédiée au logement social. Le candidat-maire s'engage à la création de 2 500 nouveaux HLM. Une partie de ces logements proviendra d'un projet d'envergure déjà planifié : la reconversion partielle du village des athlètes qui sera construit pour les Jeux Olympiques d'hiver de 2030.
Des mesures incitatives pour les propriétaires
Plutôt que des mesures restrictives, Christian Estrosi mise sur des dispositifs incitatifs pour encourager les propriétaires à participer à l'effort collectif. L'une des propositions phares est une prime de 5 000 euros accordée à tout propriétaire qui remettra sur le marché locatif un appartement actuellement vacant.
Pour stimuler la rénovation du parc existant, une autre mesure forte est annoncée : une exonération totale de la taxe foncière pendant trois ans pour les bailleurs qui engagent des travaux de rénovation d'ampleur. Cette aide vise à améliorer la qualité des logements tout en augmentant l'offre disponible.
La lutte contre la vacance immobilière
Pour s'assurer que ces incitations soient suivies d'effets, une « nouvelle brigade » municipale sera créée. Sa mission sera de traquer les logements laissés vides par des spéculateurs. En dernier recours, la municipalité n'exclut pas le recours à la Déclaration d'Utilité Publique (DUP), une procédure permettant une expropriation.
Aides aux locataires et assouplissement des règles
Le plan ne se concentre pas uniquement sur l'offre de logements, il prévoit aussi un soutien direct aux locataires. Une enveloppe d'un million d'euros sera débloquée pour financer des prêts à taux zéro. Ces prêts aideront les locataires à couvrir le montant de leur dépôt de garantie, un obstacle financier majeur pour beaucoup.
La ville prévoit également de lancer une assurance habitation municipale, accessible aux locataires comme aux propriétaires, afin de réduire les coûts pour les ménages.
Adapter l'urbanisme aux nouvelles mobilités
Des ajustements aux règles d'urbanisme sont également à l'étude. Christian Estrosi a critiqué l'obligation actuelle d'imposer deux places de stationnement par appartement neuf, même dans les zones très bien desservies par le tramway.
« Il est absurde d’imposer deux places pour chaque appartement dans une part de la ville où nous avons largement étendu les lignes du tramway », a-t-il déclaré, suggérant un assouplissement de cette règle pour faciliter la construction.
Un débat politique déjà bien engagé
En présentant son programme, Christian Estrosi a défendu son bilan, rappelant avoir fait passer la part de logements sociaux de 11 % en 2008 à près de 15 % aujourd'hui, bien que ce chiffre reste inférieur au seuil légal de 25 % fixé par la loi SRU.
Il a également profité de l'occasion pour critiquer vivement son principal adversaire, Éric Ciotti. Il accuse ce dernier d'avoir, en tant que président de la commission des finances du Département, « sabré dans tous les budgets du logement », avec des aides qui auraient « fondu de 94 % depuis 2008 ».
Le projet de Côte d'Azur Habitat en question
La tension est particulièrement vive autour de l'avenir de l'office HLM métropolitain, Côte d'Azur Habitat (CAH). Éric Ciotti a proposé de vendre une partie de son patrimoine pour 400 millions d'euros afin de financer des rénovations. Une idée qualifiée d'« absurde » par Anthony Borré, président de CAH et directeur de campagne de Christian Estrosi, qui met en garde contre les « licenciements d'agents » et les « pertes de loyers » qu'une telle vente engendrerait.
Christian Estrosi a par ailleurs réaffirmé son opposition à l'encadrement des loyers, une mesure réclamée par ses opposants de gauche. « Non, je ne veux pas d’encadrement des loyers, au titre de la libre-propriété. Je suis libéral et je compte le rester », a-t-il affirmé, fermant la porte à cette option.





