La ville de Nice se distingue par sa politique de stationnement, qui génère des revenus significatifs pour les finances locales. Chaque année, près de 17 millions d'euros sont collectés grâce au stationnement payant et à la verbalisation des contrevenants. Ces fonds sont ensuite directement réinvestis dans l'amélioration des infrastructures de mobilité pour tous les usagers.
Avec un taux de paiement qui a radicalement changé en une décennie et un système de contrôle intensif, la capitale de la Côte d'Azur est devenue la deuxième ville de France où la verbalisation pour non-paiement rapporte le plus. Cette performance financière s'accompagne d'une stratégie claire : faire financer les projets routiers par les automobilistes eux-mêmes.
L'essentiel
- Nice perçoit 17 millions d'euros nets par an grâce au stationnement.
- 10 millions d'euros proviennent des amendes (FPS) et 10 millions des paiements directs.
- Le taux de respect du paiement est passé de 8 % avant 2014 à 88 % aujourd'hui.
- Les recettes financent environ 25 % des investissements de la ville dans la mobilité.
Une source de revenus majeure pour la ville
Le stationnement payant représente une manne financière considérable pour Nice. Les chiffres officiels révèlent une recette brute totale de 20 millions d'euros par an. Ce montant se décompose en deux parts égales : 10 millions d'euros issus du paiement spontané des automobilistes aux horodateurs ou via des applications mobiles, et 10 millions d'euros provenant des amendes, appelées Forfaits Post-Stationnement (FPS).
Après déduction des coûts liés à la gestion et au contrôle, qui s'élèvent à 2,8 millions d'euros, le bénéfice net pour la municipalité atteint environ 17 millions d'euros. Cette somme place Nice au deuxième rang national des villes où les amendes de stationnement sont les plus lucratives.
Le Forfait Post-Stationnement (FPS) à Nice
À Nice, le montant du FPS est fixé à 25 euros. Ce tarif se situe dans la moyenne nationale, comparé à des villes comme Marseille (17 euros), Toulouse (30 euros) ou Paris (environ 50 euros). Ce n'est donc pas le montant de l'amende qui explique les recettes élevées, mais plutôt l'efficacité du système de contrôle.
Un système de contrôle intensif et modernisé
Pour atteindre un tel niveau de recettes, la ville s'appuie sur un dispositif de surveillance rigoureux de ses plus de 12 000 places payantes. La mission est confiée à la société privée Streeteo, qui a un objectif précis.
Gaël Nofri, adjoint au maire en charge du Stationnement, explique que l'objectif n'est pas basé sur le nombre d'amendes, mais sur le volume des vérifications.
« Nous lui fixons plutôt un objectif de nombre de contrôles : 21 000 par jour », précise l'élu.
Ce chiffre impressionnant signifie que, statistiquement, chaque place de stationnement est contrôlée au moins une fois quotidiennement. Le contrôle est assuré par une combinaison de technologies et d'interventions humaines. Des véhicules équipés de systèmes de lecture automatisée des plaques d'immatriculation sillonnent les rues, complétés par des agents à pied.
« On a demandé que deux tiers des contrôles soient faits par des agents au sol, et non par des voitures verbalisatrices, pour garder cette part d’humain, mais aussi pour faire des contrôles des cartes des personnes à mobilité réduite », souligne Gaël Nofri.
Un changement radical du comportement des automobilistes
L'efficacité de ce système a entraîné une transformation spectaculaire des habitudes. Alors qu'avant 2014, seuls 8 % des conducteurs s'acquittaient de leur stationnement, la tendance s'est complètement inversée.
Aujourd'hui, 88 % des automobilistes sont en règle, un taux que la mairie qualifie de supérieur à la moyenne nationale. Chaque jour, seuls 12 % des véhicules stationnés sont encore en infraction et susceptibles d'être verbalisés.
Règles de stationnement à Nice
- Horaires payants : Du lundi au samedi, de 9h à 20h.
- Gratuité : Le stationnement est gratuit les dimanches et les jours fériés.
- Avantage quotidien : La première heure de stationnement est offerte chaque jour, à condition de prendre un ticket gratuit à l'horodateur.
- Moyens de paiement : Horodateurs (espèces, carte bancaire) ou via l'application mobile PayByPhone.
Des recettes réinvesties dans la mobilité
La législation impose que les revenus générés par les amendes de stationnement soient exclusivement alloués à des politiques de mobilité. À Nice, la ville va plus loin en y consacrant l'intégralité des 17 millions d'euros de recettes nettes.
« En gros, les automobilistes payent pour les automobilistes », résume Gaël Nofri. Ces fonds représentent environ 25 % du budget d'investissement annuel de la ville dans ce domaine. Ils ont permis de cofinancer plusieurs projets d'infrastructure majeurs destinés à améliorer la circulation et la sécurité routière.
Parmi les réalisations concrètes financées en partie par ces recettes, l'adjoint au maire cite :
- L'élargissement du chemin de Crémat en 2020.
- La création de la liaison entre l'avenue Antoine-Martin et l'avenue Sainte-Marguerite en juin 2025.
- L'aménagement de la sortie ouest de la voie Mathis, achevée en mai 2025.
Ainsi, chaque euro payé pour le stationnement, que ce soit volontairement ou via une amende, contribue directement à l'amélioration du réseau routier de la métropole niçoise.





