Deux victimes de l'attentat du 14 juillet 2016 à Nice ont publiquement demandé à la municipalité de nommer le parvis du futur hôtel des polices « Esplanade du 14-Juillet-2016 ». Cette proposition vise à remplacer le projet actuel de dédier cet espace à l'ancien président de la République, Nicolas Sarkozy.
Célia Viale et Thierry Vimal, qui ont tous deux perdu des membres de leur famille dans l'attaque, estiment que ce choix serait un hommage plus juste et respectueux pour une ville profondément marquée par le terrorisme.
Points Clés
- Deux victimes de l'attentat de Nice s'opposent à la nomination du parvis du futur hôtel des polices au nom de Nicolas Sarkozy.
- Ils proposent de le baptiser « Esplanade du 14-Juillet-2016 » en mémoire des 86 personnes décédées.
- Leurs arguments reposent sur la condamnation judiciaire de l'ancien président et le symbole que cela représenterait pour les familles de victimes du terrorisme.
- L'approche du dixième anniversaire de l'attentat en 2026 rend cette question particulièrement sensible.
Une demande chargée de sens
La proposition émane de Célia Viale, qui a perdu sa mère, Marie-Pierre, et de Thierry Vimal, dont la fille de 12 ans, Amie, a été tuée sur la Promenade des Anglais. Dans une lettre adressée à la Ville de Nice, ils expliquent que leur démarche est une question de « décence et de respect ».
Pour eux, le choix de nommer ce lieu symbolique, un hôtel rassemblant les forces de police, doit avant tout honorer la mémoire des 86 victimes et des centaines de blessés de l'attaque au camion-bélier.
Anciens coprésidents de l'association de victimes Promenade des Anges, ils portent une voix influente au sein de la communauté endeuillée. Leur appel met en lumière une tension entre la mémoire collective d'une tragédie et les hommages politiques.
Les raisons de l'opposition à Nicolas Sarkozy
Le principal argument avancé par Célia Viale et Thierry Vimal concerne le contexte judiciaire entourant l'ancien chef de l'État. Ils soulignent que « glorifier Nicolas Sarkozy à l’heure même de sa condamnation représenterait une nouvelle rupture entre le pouvoir local et l’Institution nationale ».
« Mettre à l’honneur M. Sarkozy à Nice sera perçu comme une violence par l’immense majorité des familles des victimes de terrorisme, niçoises ou non. »
Les deux victimes rappellent également que Nice est l'une des villes françaises les plus touchées par le terrorisme, avec l'attentat du 14 juillet 2016 mais aussi celui de la basilique Notre-Dame le 29 octobre 2020. Ils estiment qu'honorer un ancien président condamné en première instance dans une affaire liée au financement libyen serait un non-sens.
Un contexte historique tendu
Dans leur lettre, Célia Viale et Thierry Vimal font référence aux tensions qui ont suivi l'attentat de 2016. À l'époque, les services de la Ville de Nice et ceux de l'État s'étaient mutuellement rejeté la responsabilité des failles de sécurité. La construction de ce nouvel hôtel des polices commun est vue par certains comme un symbole de réconciliation entre ces institutions, rendant le choix du nom de son parvis encore plus significatif.
Un timing symbolique
La question du nom de ce parvis intervient à un moment particulièrement important. L'année 2026 marquera le dixième anniversaire de la tragédie. Pour les familles des victimes, cette commémoration sera un moment de recueillement intense et de souvenir.
Choisir de baptiser l'esplanade du nom de l'attentat serait, selon les porteurs du projet, une manière forte pour la ville de réaffirmer son soutien indéfectible aux victimes et de graver leur souvenir dans la pierre, à un endroit hautement symbolique pour la sécurité des citoyens.
Premiers soutiens politiques
La proposition a rapidement trouvé un écho sur la scène politique locale. David Nakache, président de l'association Tous citoyens !, a publiquement apporté son soutien à cette initiative.
« Je partage cette proposition, juste et ô combien légitime », a-t-il déclaré, qualifiant la demande des deux victimes de juste et nécessaire. Cette prise de position pourrait ouvrir la voie à un débat plus large au sein du conseil municipal de Nice dans les mois à venir.
La municipalité n'a pas encore réagi officiellement à cette lettre ouverte. La décision finale lui appartiendra, mais elle devra désormais composer avec une opinion publique sensibilisée et la voix puissante des familles de victimes qui demandent que la mémoire de leurs proches soit la priorité.





