Environ une centaine de personnes issues de la diaspora iranienne se sont rassemblées ce dimanche à Nice pour une marche allant de la gare SNCF à la place Masséna. Les manifestants ont exprimé leur opposition véhémente au régime islamique en place à Téhéran, appelant à un soutien international et à la reconnaissance d'une alternative politique.
Organisé par l'association Les Amis de l’Iran, ce rassemblement a mis en lumière l'angoisse et la détermination d'une communauté coupée de ses proches restés au pays, dans un contexte de répression et de censure de l'information.
Une mobilisation pour être la voix des sans-voix
Au cœur de la manifestation, le sentiment d'urgence était palpable. Les participants ont défilé pour se faire l'écho d'un peuple iranien confronté au silence imposé par les autorités. « Nous sommes ici pour être la voix d'un peuple plongé dans le silence et la répression », a expliqué l'un des organisateurs.
La situation est aggravée par une coupure quasi totale d'Internet en Iran depuis plus de deux semaines. Cette mesure gouvernementale vise à empêcher la diffusion d'informations sur la situation interne du pays, isolant encore davantage la population.
Des témoignages personnels poignants
L'inquiétude pour les familles et amis restés en Iran domine les conversations. Parisa, originaire de Téhéran, décrit un état de détresse permanent. « Je suis ici physiquement en France, je fais mon travail, mais mon esprit n’est vraiment pas ici », confie-t-elle.
Ayant assisté aux mobilisations de janvier dernier, elle témoigne de la brutalité de la répression.
« J’ai tout vu, j’ai vu quand ils ont tué les gens. Je sais que c’est 1 000 fois pire que ce que l’on a vu dans les médias. »
Fahimeh Parsaï, l'organisatrice de l'événement, partage une douleur similaire. Elle se dit « bouleversée », ayant perdu deux amis d'enfance lors des mêmes événements, tandis qu'un autre de ses proches est actuellement dans le couloir de la mort.
Répression en chiffres
Selon plusieurs manifestants, la répression menée par le régime aurait causé la mort de plus de 30 000 jeunes Iraniens ces dernières années, un chiffre qui souligne l'ampleur de la violence dénoncée par la diaspora.
Un soutien controversé aux frappes étrangères
Face à ce qu'ils qualifient de « terreur d'État », certains manifestants ont exprimé des positions fortes concernant l'intervention étrangère. Yasaman, une jeune femme de Téhéran, assume pleinement son soutien aux actions militaires occidentales.
« Ce n’est pas une guerre contre l’Iran, c’est une guerre contre le régime et on soutient l’intervention américano-israélienne », a-t-elle déclaré. Cette prise de position, bien que radicale, est partagée par d'autres participants.
Un geste symbolique fort
Pour illustrer ce point de vue, Arashk, originaire du nord de l'Iran, a choisi de défiler avec un drapeau israélien sur les épaules. Il explique que ce geste vise à montrer que « le conflit n’est pas avec les Iraniens, mais avec le régime iranien ». Il affirme que ses proches au pays « remercient les États-Unis en priant pour que le gouvernement chute ».
Ces déclarations révèlent le désespoir d'une partie de la diaspora, qui voit dans une intervention extérieure le seul espoir de renverser une dictature qu'ils jugent implacable.
L'appel à une reconnaissance politique internationale
Au-delà de la chute du régime actuel, les manifestants ont formulé une revendication politique claire et unanime : la reconnaissance internationale d'une figure d'opposition unificatrice.
Pour eux, cette alternative est incarnée par Reza Pahlavi, le fils aîné du dernier chah d'Iran. « Il est notre seule alternative pour faire comprendre à la terre entière qu’on a un seul leader pour notre révolution », a souligné Yasaman.
Les revendications des manifestants peuvent être résumées ainsi :
- La fin immédiate de la répression en Iran.
- La condamnation internationale du régime islamique.
- Le soutien des pays occidentaux à l'opposition iranienne.
- La reconnaissance de Reza Pahlavi comme leader légitime du mouvement pour le changement.
Cette demande vise à donner un visage et une structure politique à la révolution qu'ils appellent de leurs vœux, espérant ainsi obtenir un soutien plus concret de la part des gouvernements étrangers.





