À quelques semaines des élections municipales, la scène politique niçoise est secouée par un départ majeur. Françoise Monier, adjointe au maire Christian Estrosi et élue à ses côtés depuis 2008, a annoncé sa démission de la majorité pour rejoindre la liste de son principal adversaire, Eric Ciotti.
Ce ralliement surprise, formalisé par une lettre datée du 7 février, rebat les cartes et intensifie la campagne électorale dans la capitale azuréenne.
Les points clés de cette annonce
- Françoise Monier, 6e adjointe au maire de Nice, quitte la majorité de Christian Estrosi après 18 ans d'engagement commun.
- Elle rejoint la liste concurrente menée par Eric Ciotti pour les élections municipales de mars 2026.
- L'élue justifie sa décision par un désaccord avec l'orientation politique de la municipalité, qu'elle juge trop "spectaculaire".
- Le camp d'Eric Ciotti salue une recrue de poids, symbole d'une nouvelle dynamique de campagne.
Une démission et un ralliement inattendus
La nouvelle a créé une onde de choc au sein de la majorité municipale. Françoise Monier, figure loyale de l'équipe de Christian Estrosi depuis son premier mandat en 2008, a décidé de claquer la porte. Sa décision n'est pas seulement un départ, mais un basculement stratégique vers le camp adverse.
Dans sa lettre de démission, l'élue, notamment en charge par le passé du secteur de la petite enfance, explique les raisons de cette rupture. Elle y exprime un sentiment de décalage croissant avec la politique menée par le maire sortant.
Les raisons d'une rupture politique
Françoise Monier met en avant un désaccord profond sur la méthode et les priorités de l'action municipale. « Je ne me retrouve plus dans l’orientation prise par l’action municipale », écrit-elle. Elle décrit une politique devenue « trop spectaculaire et éloignée du quotidien ».
« J’ai peu à peu ressenti un éloignement des préoccupations concrètes des Niçois, au profit d’une politique [...] en décalage avec la vision de l’action publique qui a guidé mon engagement. »
L'ancienne adjointe critique également ce qu'elle perçoit comme un « climat de confrontation permanente » qui, selon ses mots, « ne me ressemble pas ». Cette ambiance aurait également pesé dans sa décision de quitter une équipe dont elle faisait partie depuis près de deux décennies.
Un choix justifié par des convictions
En rejoignant Eric Ciotti, Françoise Monier affirme retrouver les valeurs qui l'ont initialement poussée à s'engager en politique. Elle dit adhérer à un « projet de rassemblement » centré sur le service aux habitants, au-delà des clivages partisans.
« Si je rejoins aujourd’hui Éric Ciotti, c’est parce que je retrouve dans son projet [...] ce qui m’a donné envie de m’engager en politique : servir les habitants de notre ville et rassembler tous les Niçois, au-delà des étiquettes et des rancœurs », détaille-t-elle dans son courrier.
Françoise Monier a été élue pour la première fois aux côtés de Christian Estrosi en 2008. Son départ met fin à une collaboration politique de longue date, à un moment crucial de la campagne pour les élections municipales prévues les 15 et 22 mars prochains.
Consciente des remous que sa décision allait provoquer, l'élue a anticipé les critiques. Elle a déclaré s'attendre à être exposée « à des critiques excessives et violentes, voire à des attaques personnelles », mais assume pleinement son choix.
Une recrue stratégique pour Eric Ciotti
Du côté du candidat de l'Union des Démocrates et Républicains (UDR), soutenu par le Rassemblement National, ce ralliement est perçu comme une victoire majeure. L'équipe d'Eric Ciotti n'a pas manqué de souligner l'importance de cette arrivée, la qualifiant de preuve de la « dynamique à l’œuvre » autour de sa candidature.
Eric Ciotti a lui-même salué l'engagement de sa nouvelle coéquipière, la décrivant comme une élue de terrain, « appréciée des agents municipaux comme des familles niçoises ». Il a mis en avant son travail reconnu, notamment lorsqu'elle était en charge de la petite enfance.
Un contexte électoral tendu
Ce départ intervient dans une campagne municipale déjà marquée par une forte opposition entre Christian Estrosi, candidat à sa réélection sous la bannière Horizons, et Eric Ciotti, son rival historique à droite. Chaque ralliement est scruté et analysé comme un indicateur des rapports de force à l'approche du scrutin.
Pour le député des Alpes-Maritimes, la décision de Françoise Monier est un acte de « courage » et de « sens des responsabilités ». Il y voit un signe que son projet de rassemblement attire au-delà de son propre camp, y compris des personnalités issues de la majorité sortante.
Quelles conséquences pour la campagne ?
Ce changement d'allégeance pourrait avoir plusieurs conséquences. D'une part, il fragilise l'image d'unité de la majorité de Christian Estrosi, à un peu plus d'un mois du premier tour. D'autre part, il renforce la crédibilité d'Eric Ciotti en tant que force de rassemblement capable d'attirer des élus expérimentés.
L'impact de ce mouvement sur l'électorat reste à déterminer. Il pourrait encourager d'autres élus ou électeurs déçus à reconsidérer leur soutien. La campagne municipale niçoise entre ainsi dans une nouvelle phase, probablement plus intense et imprévisible.





