À l'approche des élections municipales de 2026 à Nice, le maire sortant Christian Estrosi affiche une confiance inébranlable malgré des sondages qui le placent derrière son principal rival, Éric Ciotti. Dans une atmosphère de campagne tendue, il dénonce une opposition qu'il juge personnelle et négative, tout en se positionnant comme le défenseur du bilan et de l'image de la ville.
Les points clés
- Christian Estrosi se dit certain de remporter les élections municipales de 2026, qualifiant une victoire d'Éric Ciotti d'"impossible".
- Il accuse son adversaire de mener une campagne "contre lui" et non "pour Nice", basée sur une "haine obsessionnelle".
- Le maire sortant minimise l'importance des sondages, préférant se fier au contact direct avec les citoyens.
- Il appelle implicitement à un "front républicain" au second tour pour faire barrage à la candidature d'Éric Ciotti, soutenue par le Rassemblement national.
Une campagne aux styles opposés
La course à la mairie de Nice pour 2026 prend des allures de duel personnel. Christian Estrosi, en lice pour un quatrième mandat, cherche à incarner la continuité et la stature d'un maire bâtisseur. Il met en avant les réussites de ses mandats, comme le classement de Nice au patrimoine mondial de l'UNESCO ou l'accueil d'événements internationaux de premier plan.
Face à lui, il dépeint un Éric Ciotti menant une campagne agressive et destructrice. "Je fais campagne pour Nice et lui, il fait campagne contre moi", affirme le maire sortant. Il regrette une tonalité qui, selon lui, nuit à l'image de la ville. "J'ai essayé d'être un maire qui reste à une certaine hauteur", confie-t-il, déplorant que ses adversaires tentent de l'amener "à leur niveau".
"Je crois que ce garçon nourrit une espèce de haine à mon égard. [...] Tous les mots [...] ne sont que des mots contre moi et contre ce qui a été fait. Il n'y a pas un mot de positif."
Cette vision d'une opposition frontale a été particulièrement visible lors du débat télévisé du 4 mars, où les échanges entre les deux hommes ont été vifs. Christian Estrosi reproche à son ancien allié de l'avoir constamment interrompu, rendant la discussion "inaudible".
Un duel fratricide
La rivalité entre Christian Estrosi et Éric Ciotti n'est pas nouvelle, mais elle atteint son paroxysme avec cette élection. Longtemps membres de la même famille politique à droite, les deux hommes ont vu leurs chemins diverger. Christian Estrosi a rejoint Horizons, le parti d'Édouard Philippe, tandis qu'Éric Ciotti a pris la tête de l'Union des droites pour la République (UDR), après son exclusion des Républicains, et a noué une alliance avec le Rassemblement national.
La bataille des sondages et du terrain
Depuis plusieurs mois, la plupart des enquêtes d'opinion placent Éric Ciotti en tête des intentions de vote, parfois avec une avance de près de dix points. Une situation que Christian Estrosi refuse de considérer comme une fatalité. Il pointe du doigt la volatilité et les contradictions des différents sondages.
"Lorsque vous comparez les résultats des sondages, vous constatez un passage de 41 % contre 31 % à 45 % contre 27 %, puis au dernier sondage à 38 % contre 32 %", détaille-t-il, soulignant que l'écart semble se resserrer. Pour lui, ces chiffres ne reflètent pas la réalité qu'il observe au quotidien.
Le "sondage de la rue"
Le maire sortant oppose les chiffres des instituts à son expérience sur le terrain. "Moi je n'ai qu'un sondage, c'est celui de la rue", déclare-t-il. Il assure recevoir un retour très positif de la part des Niçois qu'il rencontre.
"Je n'ai jamais eu une personne qui m'interpelle pour me dire qu'il n'est pas content de mon bilan", insiste-t-il. Il compare la situation actuelle à des campagnes précédentes où, bien qu'étant en tête dans les sondages, il faisait face à des critiques sur son programme. Ce décalage le conforte dans sa stratégie et sa conviction d'être en phase avec une majorité silencieuse.
Des chiffres qui varient
Les différents instituts de sondage ont présenté des résultats variés au cours des derniers mois. L'écart entre les deux principaux candidats a oscillé, passant d'une dizaine de points à seulement six dans l'enquête Ifop la plus récente mentionnée par le maire, réalisée avant le débat télévisé. Christian Estrosi parie que sa prestation a contribué à réduire encore cet écart.
La stratégie du second tour
Convaincu qu'il virera en tête au soir du premier tour, Christian Estrosi pense déjà à l'après. Sans le nommer directement, il esquisse les contours d'un possible "front républicain" pour faire barrage à Éric Ciotti au second tour. Il rappelle son propre parcours politique comme une garantie de son engagement contre l'extrême droite.
"Moi, par le passé, j'ai toujours pris mes responsabilités contre l'extrême droite. J'ai toujours été du côté du camp de la République", souligne-t-il. C'est un appel à peine voilé aux électeurs et aux responsables politiques de gauche, notamment ceux de la liste menée par Juliette Chesnel-Le Roux, à faire preuve de "responsabilité".
Cette stratégie suppose que les électeurs de gauche, malgré leurs divergences avec le maire sortant, préfèreront son projet à celui d'un candidat soutenu par le Rassemblement national. La question de la fusion ou du retrait des listes sera donc cruciale entre les deux tours.
L'avenir politique en jeu
Interrogé sur son avenir en cas de défaite, Christian Estrosi balaye l'hypothèse d'un revers. À la question de savoir s'il siégerait comme conseiller municipal d'opposition, sa réponse est sans équivoque : "Je vais gagner cette élection. Il est impossible que M. Ciotti gagne."
Cette assurance, affichée publiquement, est un élément central de sa communication de fin de campagne. Elle vise à mobiliser sa base électorale et à convaincre les indécis que le scrutin n'est pas joué d'avance. Pour Christian Estrosi, l'enjeu dépasse sa propre carrière ; il s'agit de l'avenir et de l'image de Nice, une ville qu'il estime avoir contribué à restaurer et à faire rayonner.





